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Les visages de Donald Trump et Joe Biden sont mis côte à côte.

Le candidat républicain Donald Trump affronte le candidat démocrate Joe Biden dans la course à la Maison-Blanche.

Photo : Associated Press

La fête du Travail constitue traditionnellement le lancement de la campagne électorale américaine. De la dernière étape d’une année électorale, devrait-on dire. Une année extraordinaire qui fait qu’à 56 jours de l’élection du 3 novembre, rien n’est joué, mais il commence à y avoir des tendances assez marquées.

D’abord, les deux candidats n’ont pas vraiment bénéficié d’un effet convention, qui donne normalement un petit — et souvent éphémère — regain dans les sondages après qu’un parti, puis l’autre, aient pu bénéficier de toute l’attention pendant une semaine.

La campagne de Donald Trump avait vraiment besoin de ce coup d’accélérateur, mais il n’est pas venu. Il commence donc la campagne avec un retard de six à 10 points dans les sondages nationaux. Une situation qui n’a pas tellement changé depuis six mois, soit depuis que la pandémie de COVID-19 a commencé à sévir avec force pendant que le président la minimisait.

Reste que le dernier président à avoir entamé sa campagne de réélection avec un retard similaire fut George Bush père, en 1992, quand il fut battu par Bill Clinton. Personne n’ayant vu venir la victoire de Donald Trump il y a quatre ans, on accordera assez peu de poids aux comparaisons historiques.

Ce qui semble être un handicap plus sérieux pour M. Trump est que le thème central qu’il a choisi pour sa campagne ne semble pas lui rapporter beaucoup d’appuis pour l'instant. Mais cela ne devrait pas nous surprendre.

La loi et l’ordre

M. Trump se présente comme le défenseur de la loi et de l’ordre depuis les premières manifestations qui ont suivi la mort de George Floyd lors de son arrestation à la fin du mois de mai.

Le 1er juin, on s’en souviendra, il avait fait évacuer le square Lafayette devant la Maison-Blanche pour pouvoir faire une séance de photo devant une église en brandissant une bible. Le geste avait été assez mal reçu. Son discours sur la loi et l’ordre a très peu changé depuis. La réaction des Américains n’a pas changé non plus.

Donald Trump, brandissant une bible devant l'église St. John's.

« Nous avons un grand pays », a déclaré Donald Trump, une bible à la main.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

De même, les attaques du candidat républicain visant à rendre les maires démocrates des grandes villes responsables — et par association Joe Biden — des désordres des dernières semaines ne semblent pas avoir eu d’effet sur l’opinion publique.

Tout cela permet, pour l’instant du moins, à Joe Biden de faire une campagne tranquille et prudente, peut-être trop. Il s’est rarement aventuré au-delà de sa ville de Wilmington au Delaware. Dans cette campagne qui sera essentiellement virtuelle à cause de la pandémie, M. Biden cherche avant tout à préserver son avance, d’où sa prudence.

Mais son avance est fragile dans les États qui vont déterminer le résultat de l’élection comme le Michigan, la Pennsylvanie ou le Wisconsin. Des États qui votaient traditionnellement démocrate, mais que M. Trump a gagnés de justesse il y a quatre ans et qui lui ont procuré sa marge de victoire au Collège électoral.

La Pennsylvanie

En Pennsylvanie, par exemple, qui devrait être un État acquis à M. Biden — il est voisin du Delaware et la campagne Biden a établi son quartier général à Philadelphie —, la moyenne des sondages pris dans l’État ne donne qu’une avance de quatre points au candidat démocrate.

C’est dans la marge d’erreur des sondages et c’est donc loin d’être confortable. M. Biden passera d’ailleurs la journée d’aujourd’hui en Pennsylvanie, comme quoi, rien n’est acquis.

Le candidat démocrate à la présidence des États-Unis et ancien vice-président Joe Biden.

Le candidat démocrate à la présidence des États-Unis Joe Biden a tenu beaucoup d'événements de campagne à Wilmington au Delaware.

Photo : Reuters / Leah Millis

Pour M. Trump, normalement, cela devrait donner la possibilité de passer à l’attaque. Mais, il devra sans doute passer une bonne partie de la semaine à se défendre contre des révélations gênantes.

Déjà, il y a eu cet article du magazine The Atlantic — et confirmé par plusieurs autres médias — disant que M. Trump a manqué de respect envers les militaires, refusant d’aller visiter un cimetière américain lors d’une visite en France, disant que les Marines qui y sont enterrés sont tous des perdants.

Quand on sait l’importance symbolique des forces armées aux États-Unis et le fait que le président est aussi le commandant en chef des armées, voilà qui pourrait faire très mal à Donald Trump, qui aime à se draper dans le patriotisme.

Et, ce mardi, paraît le livre de son ex-avocat personnel, Michael Cohen, qui l'accuse d’avoir tenu des propos racistes contre les Noirs et les hispanophones, de s’être moqué de leaders évangélistes et d’avoir travaillé activement pour se rapprocher du président russe Vladimir Poutine.

À travers toutes ces péripéties, les deux candidats doivent commencer à se préparer pour le premier des trois débats des candidats, qui aura lieu dans trois semaines à peine, le 29 septembre.

Un débat où, à tous les coups, Donald Trump essaiera de montrer que Joe Biden serait trop vieux et dépassé. Pour cela, il faudra qu’il ait réussi à se débarrasser des accusations qui pleuvent de la part de ses anciens alliés.

Comme le dit le vieil adage : Mon Dieu, protégez-moi de mes amis; mes ennemis, je m’en charge! Ce sera sans doute la prière, sinon la principale occupation de Donald Trump au cours des prochains jours.

Une analyse de Michel C. Auger, animateur de Midi info

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