•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Frontières fermées : plus de 18 000 voyageurs ont tenté d’entrer au Canada

Le poste douanier de Surrey en Colombie-Britannique.

Les nouvelles restrictions concernant l'entrée au Canada sont en vigueur depuis le 21 mars 2020.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada

Malgré la fermeture des frontières pour contrer la propagation de la COVID-19, plus de 18 000 ressortissants étrangers ont été refoulés aux douanes après avoir tenté d'entrer au Canada pour venir magasiner, voir des proches ou encore visiter le pays.

Selon l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), 18 431 personnes se sont vues refuser l’entrée au pays entre le 22 mars et le 2 septembre parce que leurs voyages ont été jugés discrétionnaires. La grande majorité d'entre eux (16 070) étaient des citoyens américains, alors que 2361 étaient des citoyens d’autres nationalités transitant par les États-Unis.

En outre, 448 passagers arrivant au Canada par avion en provenance directe d'autres pays étrangers se sont également vu refuser le droit d’entrée.

De son côté, le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis rapporte que 6878 personnes qui tentaient de pénétrer au pays par la frontière canadienne ont été refoulées entre les mois de mars et de juillet.

Parmi eux, on recense 2479 citoyens canadiens et 4399 citoyens provenant d’autres pays.

La frontière canado-américaine doit demeurer fermée aux voyages jugés non essentiels jusqu’au 21 septembre, selon l’accord conclu entre les deux pays.

Les nouvelles directives concernant l'entrée au Canada sont entrées en vigueur le 21 mars 2020.

Des automobilistes attendent au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle.

Le volume d'interventions des douaniers a considérablement chuté depuis la fermeture de la frontière américaine.

Photo : Getty Images / Don Emmert

En raison des restrictions sur les déplacements en vigueur, tout voyageur qui tente d’entrer au Canada pour des raisons discrétionnaires telles que le tourisme ou le magasinage ne sera pas autorisé à entrer au Canada, a déclaré Mark Stuart, porte-parole de l’ASFC.

M. Stuart ajoute que les voyageurs ne sont pas autorisés à venir au Canada pour vérifier l’état de leurs chalets ou de leurs maisons saisonnières, pour pêcher ou chasser, pour rendre visite à des amis, pour participer à des fêtes ni assister à des célébrations.

Des dérogations à l'interdiction frontalière en vigueur existent pour les conjoints, les étudiants et certains travailleurs. Tous ceux qui obtiennent leur droit d’entrée doivent obligatoirement s’isoler pour une durée de 14 jours et suivre rigoureusement les directives de la santé publique de la province ou du territoire où ils séjournent.

Des règles strictes

Le président national du Syndicat des Douanes et de l'Immigration, Jean-Pierre Fortin, estime qu’en dépit du message martelé par les représentants du gouvernement canadien au sujet des bienfaits de la fermeture de la frontière, beaucoup de gens essaient encore d’entrer au pays.

Jean-Pierre Fortin.

Le président du Syndicat des douanes et de l’immigration, Jean-Pierre Fortin

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Ils pensent qu'ils sont autorisés à venir rendre visite à leurs amis et à leur famille, mais cela ne fonctionne pas. Ce n’est pas le temps en ce moment. Ils doivent rester dans leur pays, soutient-il.

Bien qu’il dise que le nombre d’étrangers qui essaient tout de même d’entrer au pays est surprenant, Jean-Pierre Fortin souligne qu’il doit être considéré dans le contexte de la taille de la frontière, soit la plus longue frontière terrestre entre deux États dans le monde.

La fermeture aux voyages non essentiels a entraîné une forte diminution de la circulation entre les deux pays, mentionne-t-il, car la frontière reste ouverte principalement pour le commerce et le transport de marchandises.

Nous sommes extrêmement occupés à la frontière avec les marchandises commerciales. Il y a des médicaments qui sont acheminés au Canada, il y a des aliments acheminés au Canada. Les agents restent vigilants dans l'application des règlements, assure M. Fortin.

Impact majeur sur le tourisme

La fermeture prolongée des frontières aux étrangers a eu un impact majeur dans le secteur du voyage et du tourisme au Canada.

Charlotte Bell, PDG de l’Association de l’industrie touristique du Canada, fait valoir que les citoyens américains effectuaient plus de 14 millions de voyages au Canada par année avant le début de la pandémie de coronavirus.

Un voyageur masqué pousse un chariot de bagages dans un aéroport.

Les aéroports connaissent une baisse marquée du nombre de voyageurs qu'ils accueillent.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Les attractions touristiques, voyagistes, agences de voyages, centres de congrès et autres entreprises qui s'appuient sur l'énorme marché américain ont vu leurs revenus dégringoler ou se tarir entièrement à cause de l'interdiction, explique-t-elle.

Nous avons été les plus durement affectés et les premiers touchés. Cela aura des conséquences énormes sur notre capacité à redémarrer tant que les frontières resteront fermées, prévient-elle.

Mme Bell soutient que l’industrie a besoin d’une aide gouvernementale pour lui donner les liquidités nécessaires afin de survivre à la crise et éventuellement redécoller.

Tess Messmer, porte-parole de Destination Canada, souligne de son côté que la pandémie de COVID-19 a provoqué la perte de 450 000 emplois et d’environ 62 milliards de dollars de recettes dans le secteur touristique.

La société d'État s’affaire à développer une offre de voyages intérieurs pour l'automne et l’hiver. Des fonds qui normalement seraient utilisés pour financer du marketing international serviront à soutenir des campagnes provinciales, territoriales et locales.

En nous concentrant maintenant sur des campagnes domestiques, cela nous permet de commencer à rebâtir notre confiance, et éventuellement [refaire affaire] avec les marchés internationaux, a affirmé Mme Messmer.

Quand le moment sera venu, en suivant les consignes sanitaires, en se basant sur la recherche et [d'] autres facteurs, Destination Canada va progressivement évoluer vers des programmes de marketing international, a-t-elle ajouté.

D'après un reportage de Kathleen Harris de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !