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Plus de 230 000 voix s’élèvent contre l'interdiction d’armes à feu au Canada

Des armes à feu accrochées à un grillage installé au mur.

Selon le professeur d'histoire Francis Langlois, il est possible, au Canada, de passer entre les mailles du filet pour se procurer une arme à feu de façon tout à fait légale.

Photo : iStock

Radio-Canada

Plus de 230 000 voix s’élèvent pour s’opposer à l’interdiction de 1500 modèles d’armes à feu au Canada, instaurée en mai dernier. La pétition, mise en œuvre par la députée conservatrice albertaine Michelle Rempel Garner, a notamment récolté plus de la moitié des voix dans l'ouest du pays, l'Alberta arrivant en deuxième position.

C’est un nombre assez important, a déclaré la députée de Calgary Nose Hill, Michelle Rempel Garner. Et je crois qu’il y a encore beaucoup de gens au Canada qui sont en accord [avec cette pétition], ajoute-t-elle.

La pétition, adressée à Justin Trudeau, a été lancée le 5 mai et a cessé de circuler le 2 septembre.

Elle demande au premier ministre canadien, entre autres, de renoncer immédiatement à la décision de son gouvernement du 1er mai 2020 et d'adopter plutôt une loi qui ciblera les criminels et mettra fin à la contrebande d'armes à feu au Canada.

On y lit notamment que cette décision constitue une attaque à la démocratie canadienne dans la mesure où le premier ministre l’aurait imposée sans avoir au préalable consulté la population.

La pétition souligne également qu'au Canada, la majorité des armes à feu utilisées dans des crimes violents sont obtenues illégalement ou issues de la contrebande.

Ainsi, tout comme le premier ministre albertain, Jason Kenney, Mme Garner croit qu’Ottawa s'est trompé de cible en pénalisant les propriétaires d’armes à feu qui, selon elle, sont des personnes responsables et respectueuses des lois.

Cela ne rendra pas le Canada plus sûr.

Michelle Rempel Garner, députée de Calgary Nose Hill

Armes inutiles, dit Ottawa

En mai dernier, lorsque le gouvernement fédéral a interdit la vente, l’achat ou le transfert des 1500 modèles d’armes à feu au pays, M. Trudeau avait déclaré que ces armes n’ont été conçues qu’à une seule et unique fin : tuer le plus grand nombre de personnes le plus rapidement possible. Il avait ajouté qu'elles n’ont aucune utilité et qu'elles n’ont pas leur place chez nous.

À travers le pays, beaucoup de gens utilisent des armes à feu de façon légale et responsable, que ce soit pour travailler ou pour chasser. Mais vous n’avez pas besoin d’un AR-15 pour abattre un cerf, avait-il appuyé.

L'annonce du gouvernement survenait un peu plus d'une semaine après une tuerie survenue en Nouvelle-Écosse.

La conférence de presse donnée à ce moment-là a aussi été truffée de références aux massacres qui se sont produits à Polytechnique, en décembre 1989, et au Centre culturel islamique de Québec, en janvier 2017.

Les propriétaires des armes concernées profitent d’une période d'amnistie allant jusqu'au 30 avril 2022 pour se conformer au règlement.

La prohibition des armes à feu de type arme d’assaut avait été promise par les libéraux de Justin Trudeau en campagne électorale, l'automne dernier.

Le groupe PolySeSouvient et le cofondateur du Centre islamique de Québec s’étaient réjouis de cette annonce. Michelle Rempel Garner accuse, pour sa part, Justin Trudeau d’utiliser l’émotion entourant la tragédie de Portapique pour faire avancer son programme politique.

Elle espère maintenant que la session parlementaire reprendra afin que le gouvernement fédéral puisse répondre à tous les signataires. Le gouvernement va devoir réfléchir sérieusement à sa réponse, car il y a beaucoup de gens au Canada qui sont préoccupés par cette question et mécontents de la réponse du gouvernement, a-t-elle dit.

La nouvelle session parlementaire s'ouvrira par ailleurs le 23 septembre.

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