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Il y a 50 ans coulait le pétrolier Irving Whale

Le navire sur l'eau, en noir et blanc.

Le 7 septembre 1970, le navire pétrolier Irving Whale coulait dans le golfe du Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 7 septembre 1970, le navire pétrolier Irving Whale coulait dans le golfe du Saint-Laurent. La fuite d'hydrocarbure et de biphényles polychlorés (BPC) qui s’ensuivit constituerait le plus important déversement qu’a connu le Canada.

Un grand déversement

Le 4 août 1997, le journaliste Jacques Giguère présente à l’émission Le Point un reportage exhaustif résumant le naufrage de la barge pétrolière Irving Whale qui a péri dans le golfe du Saint-Laurent en septembre 1970.

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Le Point, 4 août 1997

L’Irving Whale a coulé à quelque 60 kilomètres au nord-est du Cap-Breton, à 50 kilomètres de l’Île du Prince-Édouard et à 100 kilomètres des côtes des Îles-de-la-Madeleine. Il gît à 70 mètres de profondeur.

Le bateau a laissé fuir à peu près 200 tonnes de mazout de type Bunker C (la catégorie la plus lourde), ce qui a provoqué une marée noire sur une superficie de 400 kilomètres carrés.

Si la majeure partie de cette pollution est dispersée en mer, une portion a atteint les Îles-de-la-Madeleine, où elle a contaminé 35 kilomètres de plages sablonneuses de l’archipel.

Les Madelinots travaillent d’arrache-pied pour nettoyer les dégâts. Ils ramassent entre 150 000 et 200 000 sacs remplis de mazout. Le nettoyage met des années à être finalisé.

Mais le fantôme de l’Irving Whale continue de hanter les Madelinots pendant des années. La compagnie propriétaire Irving a en effet laissé dans la coque du navire naufragé 4 000 tonnes de mazout. Chaque année, de l'épave s’échappent à peu près 29 000 litres de mazout, qui endommagent la faune marine.

Des Madelinots déduisent que la source de la contamination vient de l’Irving Whale, ce que nient les autorités fédérales parce que ce dernier a été colmaté.

On évalue la possibilité, au début des années 1990, de pomper le mazout dans l’épave ou même de procéder à un renflouement. Mais, en 1995, coup de théâtre : l’épave est encore plus dangereuse qu’on le croyait. La compagnie Irving dévoile après 25 ans que l’Irving Whale contenait de l'huile de BPC, un produit hautement toxique.

Il y en avait 7520 kilos. Les Îles-de-la-Madeleine et ses fonds marins en ont reçu 373 kilos. Seuls 1593 kilos ont pu être récupérés. Cependant, 5554 kilos de BPC manquent à l'appel et personne ne sait où ils se trouvent. Plusieurs estiment que c’est une bombe écologique à retardement.

Le 30 juillet 1996, l’épave de l’Irving Whale est enfin sortie de l’eau.

En 2000, la compagnie Irving a payé cinq millions de dollars au gouvernement fédéral canadien pour rembourser les coûts liés au renflouement de l’épave.

Le propriétaire du navire n'a jamais reconnu sa responsabilité dans la catastrophe. Les coûts réels de l'opération de renflouage totalisaient 42 millions de dollars.

La peur demeure

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Téléjournal Est-du-Québec, 26 octobre 2012

Le 26 octobre 2012, le journaliste Martin Toulgoat présente un reportage au Téléjournal Est-du-Québec qu’anime Marie-Christine Gagnon. Aux Îles-de-la-Madeleine se déroulent des consultations sur l’exploitation des hydrocarbures, notamment du projet d'un gisement appelé Old Harry.

Les insulaires sont en colère. Même si 42 ans ont passé, ils se souviennent clairement de la catastrophe écologique provoquée par le naufrage de l’Irving Whale.

Des Madelinots trouvent encore des sacs souillés de mazout. Ils appréhendent une pollution provenant d'un accident si le gisement est exploité.

On affirme que le pétrole d’Old Harry est plus léger que celui que l’on trouvait dans l’Irving Whale. Par conséquent, s’il y avait un déversement, il ne pourrait souiller que 20 kilomètres de littoral.

Cette évaluation n’a pas du tout rassuré les Madelinots. Le projet d’exploitation de Old Harry a été bloqué en juillet 2020 lorsque la Cour suprême de la province de Terre-Neuve-et-Labrador a mis un frein à l’exploration pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent.

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