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Faire campagne sur la COVID-19

L’élection du Nouveau-Brunswick est la première à se tenir au pays depuis la pandémie de COVID-19.

Le chef progressiste-conservateur Blaine Higgs et son épouse lors d'une annonce électorale le 3 septembre 2020 à Oromocto.

Le chef progressiste-conservateur Blaine Higgs et sa conjointe lors d'une annonce électorale le 3 septembre 2020 à Oromocto.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Nicolas Steinbach

Le chef progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick a plongé la province dans une campagne électorale en pleine pandémie. Le pari est risqué. Les électeurs sortent encore de leur torpeur de la première vague de COVID-19. Certains sont même encore confinés. Blaine Higgs, qui était minoritaire à l’Assemblée législative, y voit au contraire une formidable occasion pour vanter sa gestion de la crise et réclamer une majorité.

On regarde notre province pour la première fois depuis bien longtemps être la première, être un exemple pour le pays à bien des égards, affirme Blaine Higgs, premier ministre sortant du Nouveau-Brunswick.

Blaine Higgs en conférence de presse.

Le premier ministre Blaine Higgs a annoncé lundi la tenue d'élections générales le 14 septembre prochain.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

En date de vendredi, il y a eu 192 cas de COVID-19 au Nouveau-Brunswick et il reste quatre cas actifs.

L’expérience de la COVID-19, c’est le tremplin pour relancer la province.

Une citation de :Blaine Higgs, chef progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick

Blaine Higgs doit la bonne gestion de la pandémie aux autres partis également. Un comité multipartite avait été mis en place au début de l’éclosion réunissant les quatre chefs des principales formations politiques.

Blaine Higgs se rend chez la lieutenante-gouverneure pour lui demander de déclencher des élections.

Blaine Higgs se rend chez la lieutenante-gouverneure pour lui demander de déclencher des élections.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Une collaboration qui aura duré jusqu’à ce que les progressistes-conservateurs lancent un ultimatum aux autres partis pour s’entendre sur des priorités établies par eux-mêmes. Ce que les libéraux ont refusé de faire, déplorant une négociation avec un fusil sur la tempe.

Le premier ministre Blaine Higgs, à la table de négociation avec les membres de l'opposition, le 12 août 2020.

Le premier ministre Blaine Higgs à la table de négociation avec les membres de l'opposition, le 12 août 2020.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

J’ai fait un effort sincère pour poursuivre le Comité COVID-19, qui était très productif, mais l’opposition a claqué la porte.

La mi-campagne d’une élection éclair de 28 jours est déjà derrière nous. Une campagne sans tambour ni trompette pour Blaine Higgs, qui cumule les annonces minimalistes : recyclage du verre, programme alimentaire pour les écoles, salle dédiée aux opérations de la hanche et du genou. Et c’est exactement ce qu’il veut.

Nicolle Carlin, chef des communications de la campagne 2020 des progressistes-conservateurs au Nouveau-Brunswick.

Nicolle Carlin, chef des communications de la campagne des progressistes-conservateurs au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Élection après élection, nous avons vu des partis promettre des investissements comme solution à des problèmes, sans aucun résultat après coup.

Blaine Higgs fait essentiellement campagne sur son dernier budget. Il n’y aura pas de surprise, nous dit-il.

La majorité à tout prix

Blaine Higgs a dirigé un gouvernement minoritaire pendant près de deux ans. Une première depuis un siècle. Il a réussi à se maintenir au pouvoir grâce à l’appui d’un parti hostile au bilinguisme officiel, l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick. Un parti qui, selon toute vraisemblance, allait continuer à soutenir les progressistes-conservateurs.

Blaine, chef progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick

Blaine, chef progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Je n’avais absolument pas de stabilité avec l’Alliance, dit-il aujourd’hui. Oui, nous avons travaillé avec eux sur certains points, tout comme le Parti vert pour l’adoption du budget. Mais rien de cela n’était acquis alors que nous pourrions avoir une deuxième vague du virus à tout moment. Je voulais m’assurer d’avoir une stabilité et la seule façon de l’obtenir, c’était d’avoir un gouvernement majoritaire pour quatre ans, explique Blaine Higgs.

Je ne voulais pas deux autres années à jouer à des jeux politiques.

Une citation de :Blaine Higgs, chef progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick

Blaine Higgs répète que c’est pour avoir de la stabilité à Fredericton qu’il a déclenché des élections. Cependant, l’opposition libérale avait suggéré un plan pour ne pas défaire le gouvernement avant mars 2021.

À trois occasions, les libéraux ont menacé de faire tomber le gouvernement, peu importe la raison, et même si nous étions en pandémie, il nous aurait fait tomber pour des raisons politiques. Nous ne pouvons pas avoir une province avec une instabilité constante.

Il maintient qu’il ne sait pas s’il restera premier ministre s’il est élu le 14 septembre à la tête d’un gouvernement minoritaire.

Pas de surprise, promet Blaine Higgs

Les gens ne doivent pas s’attendre à des surprises si je suis réélu, les gens me connaissent. Je suis en politique depuis 10 ans, premier ministre depuis deux, je suis qui je suis et je crois profondément en cette province.

Les Néo-Brunswickois ont encore en travers de la gorge la réforme avortée de la santé, qui prévoyait la fermeture de six urgences régionales la nuit. Une décision qui n’était écrite nulle part dans la plateforme des progressistes-conservateurs en 2018. Le gouvernement avait endossé la réforme proposée par les réseaux de santé avant de la déchirer devant le tollé de mécontentement.

Deux femmes vêtues de rose tiennent une grande affiche sur laquelle on peut lire «What The Higgs!?»

Des manifestants s'étaient rassemblés devant l’Hôpital de l'Enfant-Jésus à Caraquet, le 17 février 2020.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

C'était un événement malheureux, admet aujourd’hui Blaine Higgs.

Plusieurs appréhendent néanmoins des réformes importantes si les progressistes-conservateurs obtiennent une majorité à l’issue des élections. Même s’il soutient qu’il ne veut pas de majorité pour imposer réformes, il demeure évasif sur ses priorités.

Le premier ministre sortant veut s’inspirer de l’expérience de la pandémie pour améliorer le système de santé.

Nous avons appris durant la COVID-19 que les soins de première ligne peuvent être faits en ligne. Pourquoi ne pourrions-nous pas faire la même chose avec la santé mentale?

Le premier ministre Blaine Higgs, le 31 mai 2020.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick Blaine Higgs, lors d'une mise à jour sur la COVID-19, en mai 2020.

Photo : Radio-Canada

Blaine Higgs veut aussi repenser les municipalités. Il cite les villes de Moncton, de Riverview et de Dieppe, qu’il voit comme des exemples de coopération. Il s'agit de trois entités municipales distinctes, fait-il remarquer, mais qui partagent des services communs, tels que le système d’eau et d'égout et les services de police. Je voudrais que d’autres municipalités s’en inspirent, comme Saint-Jean.

Plusieurs municipalités font aussi face à un phénomène d’étalement urbain. Des propriétaires fonciers s'établissent à l’extérieur des limites des municipalités pour profiter d’un régime de taxation plus faible, ce qui prive les villes de revenus importants.

Blaine Higgs au micro au bord de l'eau, entouré de trois candidats de son parti.

Le chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs (au micro), était entouré de ses candidats Jean-Gérard Chiasson, Diane Carey et Kevin Haché, le 29 août 2020 à Tracadie.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Nous n’avons pas besoin de forcer des fusions [avec les districts de services locaux], dit Blaine Higgs.

Nous avons [neuf] zones pour les régies de santé, une centaine de municipalités, 200 à 300 districts de services locaux, douze commissions de services régionaux. Mon objectif est le suivant : essayer de définir des régions. Comment ces entités administratives vont-elles travailler ensemble pour soutenir la région et faire des municipalités plus fortes?

Blaine Higgs n’a pas voulu s’avancer sur la façon dont il comptait faire ces réformes, que ce soit par des changements réglementaires ou des projets de loi.

Plan de relance économique avec les millions d’Ottawa

Nous sommes déjà dans le plan de relance économique, affirme Blaine Higgs.

Nous sommes les premiers ou deuxièmes au pays pour la reprise. Nos estimations actuelles sont que nous aurons une croissance plus forte post-COVID qu’avant la pandémie.

La reprise de l’emploi au Nouveau-Brunswick a bel et bien été la plus forte au pays en juin et en juillet. Mais dans les faits, la relance ne pourra pas se faire sans les millions du gouvernement fédéral.

Nous avons négocié 218 millions de dollars avec Ottawa qui seront versés à la province. De ce montant, 40 millions iront aux municipalités pour les aider avec la reprise. Nous allons égaler ce montant versé aux municipalités, expose Blaine Higgs.

Blaine Higgs, chef du Parti progressiste-conservateur, en campagne électorale le 22 août 2020.

Blaine Higgs, chef du Parti progressiste-conservateur, en campagne électorale le 22 août 2020.

Photo : Radio-Canada

Relancer l’économie passe nécessairement par l’entreprise privée.

Blaine Higgs se targue d’avoir un des déficits dus à la pandémie les plus bas au pays (300 millions).

Je dirais que c’est une bonne chose, ça montre que nous sommes prudents et que nous investissons l’argent des contribuables de manière responsable.

Mais sa gestion comptable des finances publiques a été critiquée par des économistes. Cette stratégie pourrait coûter cher à la province, qui risque d'affaiblir encore davantage certains secteurs de l'économie et de se retrouver avec plusieurs fermetures d’entreprises sur les bras. Les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des arts et de la culture sont particulièrement vulnérables.

Blaine Higgs rétorque que l’économie dit l’inverse. Nous avons, dit-il, suffisamment investi pour permettre aux entreprises de passer à travers la crise. Toutes les entreprises peuvent appeler l’agence provinciale Opportunité Nouveau-Brunswick si elles ont un problème.

Ouverture avec le Québec

Il reconnaît par ailleurs que le nord-ouest de la province a été particulièrement éprouvé par une saison touristique désastreuse en l’absence des touristes du Québec et de l’Ontario.

Pont reliant Campbellton à Pointe-à-la-Croix.

Le Nouveau-Brunswick a fermé ses frontières avec le Québec en mars.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Blaine Higgs confirme avoir l’intention d’ouvrir les frontières avec le Québec fin septembre s’il est réélu. Je ne peux pas m’engager sans l’aval de la médecin hygiéniste en chef, mais j’aimerais ouvrir à toute la province de Québec, c’est ce que j’aimerais.

On n’achète pas des élections avec des routes

Blaine Higgs n’a pas l’intention de s’engager dans la fin de la construction de la route 11, un projet arrêté depuis qu’il l’a suspendu en 2018. Nous allons terminer le dédoublement des voies, mais je ne m’engagerai pas à faire les viaducs, et ce n’est pas une chose à laquelle je vais m’engager durant la campagne.

Panneau de signalisation vert et blanc de la route 11 sud en bordure de cette route au Nouveau-Brunswick.

La route 11 au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Il n’a pas l’intention non plus de rétablir le Fonds du développement du Nord et de la Miramichi, qui a été fusionné dans un fonds provincial.

Bien que les libéraux l’accusent d'avoir exacerbé les tensions linguistiques, Blaine Higgs affirme au contraire qu’il a l’intention de rapprocher les deux solitudes s’il est réélu.

Nous devons vanter notre bilinguisme, nos spécificités culturelles. Notre force, c’est le bilinguisme, mais ça a besoin d’être une force pour tout le monde dans la province. Peu importe où tu habites, tu devrais avoir des chances égales d’apprendre une deuxième langue.

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