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COVID-19 : l'école à la maison, l’impossible choix des parents qui travaillent

Un homme adulte qui supervise les travaux scolaires d’une jeune élève à la maison.

L’apprentissage à distance sera offert uniquement aux élèves qui ont des problèmes d’immunodéficience, ou dont un parent direct a des problèmes d’immunodéficience, et qui ont reçu la recommandation d’un professionnel de la santé.

Photo : iStock

Radio-Canada

De nombreux parents optent pour l’école à la maison par crainte de la COVID-19. Pour ceux d’entre eux qui travaillent à temps plein, faire l’école à la maison implique parfois de trouver un tuteur privé.

C'est le cas de Nathalie Pembrun, une mère de famille dont les trois enfants fréquentent normalement les écoles de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM). Parce que sa famille vit avec un grand-parent immunodéficient, les enfants recevront un soutien à distance des enseignants de la DSFM. Toutefois, Mme Pembrun cherche un tuteur pour les aider, un exercice qui s'avère difficile.

Mon mari et moi travaillons à temps plein. Au début de la pandémie, on a suivi les enfants, on a fait du mieux qu’on peut, mais ce n’est pas quelque chose qui est soutenable pour une autre année. On a besoin d’un soutien, dit-elle.

Or, si trouver un tuteur est difficile, en trouver un qui soit francophone est une tâche doublement ardue, ajoute-t-elle.

Elle explique avoir publié une annonce sur Facebook dans des pages regroupant des parents et des membres de la communauté francophone.

Le visage de Nathalie Pambrun.

Comme de nombreux autres manitobains, Nathalie Pambrun souligne qu’elle aurait aimé que l’option des cours à distance soit accessible pour tous les jeunes dans la province.

Photo : Fournie par Nathalie Pambrun

Elle a également envoyé sa demande à la Faculté d’éducation de l’Université de Saint-Boniface, à l’attention des étudiants du programme. Ce n’est pas facile, ce n’est pas évident, et le fait que je cherche quelqu’un en français, je vais dire que c’est deux fois plus difficile, lance-t-elle.

Elle note avoir reçu quelques messages, mais rien de concluant pour l’instant. Les trois enfants de Mme Pambrun sont en maternelle, en deuxième et en sixième année.

Elle dit proposer un salaire équitable et précise qu’elle vit à proximité de l’Université de Saint-Boniface. Elle a une chambre de libre pour un étudiant qui veut travailler avec ses enfants. On tente de bien faire les choses; c’est un coût, mais c’est pour la sécurité, dit-elle.

Une demande pour des cours à distance

Nathalie Pambrun exerce le métier de sage-femme. Elle explique avoir décidé de garder ses enfants à la maison, car les dispositions prises par la province et la DSFM pour limiter les risques de propagation de la COVID-19 ne garantissent pas, selon elle, la sécurité des familles.

Comme de nombreux autres Manitobains, la mère de famille aurait aimé que l'enseignement à distance soit une option pour tous les jeunes dans la province. Bien qu'il ne soit pas simple de trouver un tuteur, elle tient à préciser que de milliers de familles qui craignent pour la sécurité de leurs enfants ne peuvent pas envisager cette option, faute de moyens financiers.

On doit tous avoir droit à une éducation pour nos enfants, dit-elle.

Si 10 de nos écoles, à la DSFM, sont à capacité maximale de 120 %, une stratégie pour alléger le fardeau sur les groupes en classe serait d’offrir à toutes les familles l’option de l’école à distance, estime-t-elle.

La DSFM prévoit un retour en classe à temps plein pour les élèves de la maternelle à la huitième année, comme le recommande la province.

L’apprentissage à distance est offert uniquement aux élèves qui ont des problèmes d’immunodéficience, ou dont un parent direct a des problèmes d’immunodéficience, et qui ont reçu la recommandation d’un professionnel de la santé, rappelle le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine, Alain Laberge.

Nous avons une trentaine d’élèves jusqu’à présent qui ont un certificat médical, explique le directeur général Alain Laberge, précisant qu’une fois que la DSFM reçoit la note du médecin, la direction de l'école s’organise pour offrir des cours à distance à l’élève concerné.

Un homme à lunettes, vêtu d'un veston rouge foncé, debout dans le hall d'entrée d'une école, l'air sérieux.

Alain Laberge est le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM).

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

Selon Alain Laberge, la Division scolaire a déjà reçu plus de 400 demandes de familles qui aimeraient choisir l’enseignement à distance pour leur enfant, même s'il n'y a pas de problèmes d’immunodéficience dans leur foyer.

Nous comprenons leurs préoccupations, mais nous ne pouvons rien faire, car les directives de la province ne nous le permettent pas, explique-t-il.

Il précise que si une famille n’a pas une personne immunodéficiente vivant dans la même maison, la meilleure option est d’envoyer les enfants à l’école.

Le médecin hygiéniste en chef de la province l’a dit plusieurs fois : nous devons apprendre à vivre avec le virus. Et comme division scolaire, nous travaillons depuis des semaines pour assurer un environnement scolaire sain pour nos élèves, souligne-t-il.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Quant à la recherche de tuteurs francophones, M. Laberge souligne que même la division scolaire a du mal à trouver du personnel de soutien : C’est un problème que nous vivons chaque année et avec la pandémie, c’est encore plus difficile.

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