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À la recherche d'un ultime survivant dans un quartier dévasté de Beyrouth

Plusieurs secouristes s'activent au milieu des débris.

Des secouristes sont toujours à pied d'oeuvre sur un site où des pulsations ont été détectées jeudi.

Photo : Getty Images / AFP/JOSEPH EID

Agence France-Presse

Des secouristes continuent vendredi de creuser dans les décombres d'un quartier sinistré de Beyrouth où des battements de coeur ont été détectés au scanner la veille, avec l'espoir de retrouver un survivant, un mois jour pour jour après l'explosion au port.

Des secouristes chiliens récemment dépêchés dans la capitale libanaise ont repéré jeudi, grâce à un chien renifleur et à des scanneurs thermiques, des pulsations sous les décombres d'un bâtiment, donnant l'espoir de retrouver un survivant de l'explosion qui a détruit le 4 août des pans entiers de Beyrouth, faisant 191 morts et blessant plus de 6500 personnes.

Vendredi, les travaux de recherche se poursuivaient, après une nuit passée à débarrasser les gros blocs de béton tout en évitant un effondrement total du bâtiment.

Les experts [...] ont découvert que quelqu'un respirait lentement sous les décombres et à une profondeur de trois mètres [...]. Cela nécessite de creuser trois tunnels pour atteindre l'endroit où se trouverait l'éventuel survivant, a indiqué en début de soirée le chef de l'équipe chilienne, Francisco Lermanda.

Les travaux sont en cours, mais rien n'indique si cette personne est vivante ou non, a ajouté M. Lermanda, lors d'une conférence de presse.

Plus tôt dans la journée, les espoirs d'un heureux dénouement s'amenuisaient.

Nous avons enlevé des décombres, mais nous ne sommes pas encore parvenus à un résultat, a déclaré à l'AFP le directeur des opérations de la Défense civile, George Abou Moussa.

Nous avons effectué de nouveaux tests pour surveiller le rythme cardiaque ou la respiration, et cela a révélé un faible rythme [...] sept battements par minute, a précisé Nicolas Saadeh, coordinateur des recherches.

La veille, un rythme de 16 à 18 battements par minute avait été détecté.

Un ingénieur civil français, Emmanuel Durand, participant aux efforts de sauvetage a lui indiqué à l'AFP que les scans cartographiques en 3D effectués sur le bâtiment endommagé n'avaient jusqu'ici montré aucun signe de vie.

Un arrêt des recherches accueilli avec colère

Le Liban ne possède ni l'équipement ni les capacités techniques pour gérer de telles catastrophes. Plusieurs pays ont rapidement dépêché secours et assistance technique après l'explosion.

L'arrêt temporaire des recherches durant la nuit a provoqué la colère de certains Libanais sur les réseaux sociaux montrant du doigt les autorités jugées responsables du drame par leur incurie.

Deux soldats sont debout sur une place qui surplombe le port. Deux bateaux sont amarrés, dont l'un penche sur l'autre.

Des soldats libanais constatent l'ampleur des dégâts dans le port de Beyrouth, où l'explosion s'est produite.

Photo : La Presse canadienne / AP/Hussein Malla

L'armée a affirmé dans un communiqué que les travaux avaient été suspendus pendant deux heures en raison du risque d'effondrement d'un des murs fissurés du bâtiment.

Sept personnes sont toujours portées disparues, selon l'armée.

D'après les autorités, l'explosion a été causée par 2750 tonnes de nitrate d'ammonium stockées sans mesures de précaution depuis des années dans le port.

Elle a aggravé la crise économique et politique qui secoue le pays depuis près d'un an. La Banque mondiale a estimé les dégâts et pertes économiques de la déflagration entre 6,7 et 8,1 milliards de dollars américains (entre 8,8 et 10,6 G$ CA).

Vendredi, l'UNICEF a indiqué que 600 000 enfants vivant dans un rayon de 20 kilomètres de l'épicentre de l'explosion pourraient subir des retombées psychologiques négatives à court et à long terme.

Une cérémonie en hommage aux victimes

À 18 h 08, heure de l'explosion, des cérémonies commémoratives et une minute de silence ont été organisées au port et au siège d'une caserne de pompiers à proximité – dont dix membres ont péri dans le drame –, auxquelles ont participé des proches des victimes.

Au pied d'un mémorial érigé par l'armée au port, certains ont déposé des roses blanches.

Des gens rassemblés tiennent dans leur main des noeuds coulants et des torches.

Plusieurs des Libanais qui ont observé une minute de silence dans le port transportaient des noeuds coulants, pour signifier le sort qu'ils souhaitent à la classe politique en place.

Photo : Reuters / MOHAMED AZAKIR

Nous ne savons toujours pas comment l'explosion s'est produite, ce qui s'est passé et qui en est responsable, a déploré Michelle, la sœur de Joe Antoun, un employé du port mort dans l'explosion.

Le frère d'un ingénieur ayant également péri dans le drame a aussi réclamé justice.

Le juge libanais chargé de l'enquête a entendu jeudi le premier ministre démissionnaire Hassan Diab, premier haut responsable à témoigner, après avoir émis ces dernières semaines 25 mandats d'arrêt.

Le secrétaire d'État du Vatican, dépêché à Beyrouth par le pape à l'occasion d'une journée universelle de prière et de jeûne pour le Liban, s'est voulu porteur d'un message d'espoir.

Le Liban n'est pas seul, a lancé le cardinal Pietro Parolin. N'ayez pas peur.

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