•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mort de Daniel Prude : les policiers suivaient leur formation, dit le syndicat

La mairesse de Rochester, Lovely Warren, a suspendu sept policiers dans l'attente de la fin d'une enquête sur leur rôle dans la mort de la victime.

Des manifestants contre le racisme et la brutalité policière.

L'éclatement de l'affaire Daniel Prude a provoqué d'importantes manifestations à Rochester, dans l'État de New York.

Photo : Getty Images / Michael M. Santiago

Radio-Canada

Le président du syndicat des policiers de Rochester, dans l'État de New York, a défendu vendredi ses hommes impliqués dans la mort par suffocation de Daniel Prude, lors d'une arrestation musclée.

Michael Mazzeo a ainsi soutenu que les agents impliqués dans l'interpellation mortelle ne faisaient que suivre leur formation lorsqu'ils ont placé un sac sur la tête de M. Prude et l'ont plaqué au sol pendant deux minutes, avant de constater qu'il ne respirait plus.

Pour moi, on dirait qu'ils observaient la formation devant eux et qu'ils appliquaient, étape par étape, ce qu'ils avaient appris à l'entraînement, a-t-il déclaré. S'il y a un problème avec ça, changeons-le.

Les policiers se trouvaient dans une position difficile et tentaient d'aider quelqu'un qui semblait souffrir de maladie mentale, et ils ne souhaitaient pas faire de mal à [Daniel] Prude, a poursuivi M. Mazzeo. Le sac (ou la cagoule) fait partie de l'équipement standard pour protéger les policiers contre les microbes et les virus, a-t-il ajouté.

La mairesse de Rochester, Lovely Warren, a suspendu sept policiers, jeudi, dans l'attente de la fin d'une enquête sur leur rôle dans la mort de la victime, un homme noir qui venait d'arriver en ville pour visiter de la famille.

Des lampions brûlent devant une plaque à son nom.

Un mémorial en hommage à Daniel Prude a été aménagé dans les rues de Rochester.

Photo : Reuters / LINDSAY DEDARIO

M. Prude, 41 ans, est mort en mars sept jours après que des policiers l'eurent aperçu, nu et courant dans la rue, avant de le menotter, puis de tenter de l'empêcher de cracher en lui passant une cagoule spéciale sur la tête.

L'un des agents a ensuite plaqué le visage de la victime sur le sol tandis qu'un autre lui appuyait un genou dans le dos, jusqu'à ce que M. Prude cesse de parler ou de bouger.

Des techniciens ambulanciers paramédicaux ont entamé des manoeuvres de réanimation lorsque les policiers ont constaté que la victime ne respirait plus.

Policiers suspendus

La mairesse Warren a annoncé les suspensions lors d'une conférence de presse, jeudi, dans la foulée d'allégations voulant que les responsables municipaux gardaient le silence sur cette affaire depuis des mois.

Une femme noire parle dans un micro.

Lovely Warren est la mairesse de Rochester.

Photo : Reuters / LINDSAY DEDARIO

Tout en niant une tentative de dissimulation, Mme Warren a reconnu que M. Prude avait été abandonné par notre service de police, par notre système de soins en santé mentale, par notre société et par moi-même.

Quelques heures après cette annonce, des manifestants ont protesté jusqu'à tard dans la nuit à l'extérieur du quartier général de la police de cette ville de 210 000 habitants, la troisième en importance de l'État.

Un médecin légiste a conclu que la mort de M. Prude était un homicide provoqué par des complications liées à l'asphyxie dans un contexte de contraintes physiques.

Le rapport du légiste évoque également un état de délire important, ainsi qu'une grave intoxication au PCP, une puissante drogue, entre autres facteurs aggravants.

Les agents de police ont absolument besoin de plus d'aide pour gérer les cas de gens ayant des problèmes de drogue ou de santé mentale, a soutenu M. Mazzeo.

Il n'y pas si longtemps, les hôpitaux psychiatriques de l'État ont été fermés et les patients se sont retrouvés dans la rue. Et quel était le seul autre service public qui pouvait s'en occuper? La police. Nous avons besoin de changement et d'aide.

Michael Mazzeo, président du syndicat des policiers de Rochester

Une personne « erratique » et « suicidaire »

Dans des images captées par la caméra corporelle d'un policier dont CNN a obtenu copie, il est possible de voir Joe Prude, le frère de la victime, expliquer aux agents, peu de temps après 3 h, le 23 mars, que ce dernier avait des pensées suicidaires et qu'il s'était jeté en bas d'un escalier.

Deux hommes tiennent la photo de Daniel Prude. L'un d'eux a un chandail sur lequel on peut lire : « Justice pour Daniel Prude »

Le frère et le fils de la victime, Joe et Armin Prude, tiennent dans leur main une photo de Daniel Prude.

Photo : La Presse canadienne / AP/Ted Shaffrey

Toujours selon Joe Prude, son frère Daniel agissait de façon erratique après son arrivée à New York en provenance de Chicago, le 22 mars.

M. Prude a dit avoir appelé la police après que son frère eut soudainement quitté le domicile familial, parce qu'il craignait qu'il soit frappé par un train qui passait non loin de là.

Joe Prude a aussi indiqué que son frère avait pris du PCP et qu'il hallucinait, plus tôt dans la journée. Il a par la suite souligné que Daniel avait été transporté à l'hôpital Strong Memorial, et qu'il n'y était resté que « quelques heures » avant qu'un taxi médical ne le ramène à la maison.

Daniel n'aurait alors plus évoqué de tentative de suicide, mais il se serait enfui après avoir demandé une cigarette à son frère. Lorsqu'il a quitté la maison de Joe, il portait une camisole blanche et des caleçons longs noirs.

Daniel Prude a été approché par des policiers dans une autre zone de Rochester, vers 3 h 16 environ, selon les images des caméras corporelles des agents sur place. Il était nu à ce moment, selon les images.

Après que la victime eut été transportée de nouveau à l'hôpital Strong Memorial à la suite de l'intervention de la police, un agent est retourné à la maison de Joe, vers 4 h, pour lui indiquer que « les patrons » voulaient qu'un policier reste sur place « jusqu'à ce qu'ils tirent certaines choses au clair ».

Toujours selon Joe Prude, son frère « ne s'est jamais comporté de la sorte... Je pense que c'était un appel à l'aide, et il est demeuré sans réponse ».

Avec les informations de Associated Press, et CNN

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !