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Capitaine Boudu dans l’univers de la linguistique

La couverture du livre «Capitaine Boudu et les enfants de la Cédille». Il est debout devant une bibliothèque remplie de livres.

Avec son premier roman jeunesse, l'auteur et professeur en linguistique à l'Université d'Ottawa, Éric Mathieu, veut initier les enfants à l'univers du langage à travers les aventures du capitaine Boudu.

Photo : Radio-Canada / Laury Dubé

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après s’être adressé à un public plus mature avec Le goupil et Les suicidés d’Eau-Claire, l’auteur Éric Mathieu, également professeur en linguistique à l'Université d’Ottawa, fait paraître un premier roman jeunesse aux Éditions L’Interligne, pour initier les enfants à l’univers du langage.

Sur la station spatiale U+00B8, aussi appelée la Cédille, le petit Félix Caouette et les autres enfants membres de l’équipage répondent aux ordres du capitaine Boudu. Une mission les attend sur la planète Tanguy, où ils devront aider de drôles de créatures à retrouver leur langue disparue.

J’ai voulu faire un livre d’aventure et de science-fiction, assez comique par endroits, avec cette dimension linguistique qu’on retrouve rarement dans les romans jeunesse, explique Éric Mathieu.

La linguistique n’est toutefois pas un sujet qu’on apprend à l’école primaire, mais plutôt à l’université. Or, les enfants ont une facilité pour apprendre les langues. C’est un instinct pour eux, comme marcher. Ça se fait de manière vraiment spontanée, souligne l'auteur

« C’est un message pour les enfants de s’intéresser à ça [les langues], parce qu’ils ont une facilité, et pour les parents [bilingues], pour leur dire que c’est une bonne idée d’exposer leurs enfants à plus d’une langue. »

— Une citation de  Éric Mathieu, auteur et professeur en linguistique à l’Université d’Ottawa

Jouer avec les mots et l’histoire

Pour introduire ces concepts linguistiques, Éric Mathieu s’est amusé à transformer des mots et à en créer de nouveaux. Les Amadous, les Tanguiens et les Picrocholes – peuples que l’on retrouve sur la planète visitée par le capitaine Barnabé Boudu – s’expriment dans des dialectes incompréhensibles.

« Il s’approche un peu de la troublante créature en disant :
— Benamour radiquam masseya ?
— Yogourt tanguy benamour, répond le lutin.
Stanislas lève la main comme à l’école.
— Oui, dit le capitaine Boudu en fronçant les sourcils, qu’est-ce qu’il y a ?
— Moi, j’ai compris le mot "yogourt". Est-ce qu’il a dit qu’il aimait les yogourts ?
Tout le monde éclate de rire.
— Non, répond le capitaine Boudu, "yogourt" dans cette langue veut dire "venir de". »

Extrait de Capitaine Boudu et les enfants de la Cédille d'Éric Mathieu

Certains mots se retrouvent d’ailleurs dans un glossaire, à la fin du livre, avec leurs définitions respectives, comme Galimatias, la langue native des Amadous, et Pipistrelle, une sorte de chauve-souris illuminée.

« L’idée, c’est d’utiliser des sonorités pour jouer avec les sons. En linguistique, il y a toute une partie de phonétique où on s’intéresse à la formation et à l’agencement des sons. »

— Une citation de  Éric Mathieu, auteur et professeur en linguistique à l’Université d’Ottawa

Pour certains termes, l’auteur s’est plutôt inspiré d’événements historiques. C’est le cas, entre autres, de la pierre de granite noir, sur laquelle le jeune Félix tente de déchiffrer un message. Il s’agit d’une référence à la pierre de Rosette qui, au 19ᵉ siècle, a permis de décrypter des hiéroglyphes, en les comparant à l’alphabet grec.

C’est comme ça qu’on a décodé l’égyptien, explique le linguiste. Si on retrouve des textes les uns à côté des autres, on est capable de déchiffrer une langue qu’on ne connaît pas en regardant les mots qui se ressemblent d’une langue à l’autre.

Ces langues qui disparaissent

Dans l’univers imaginé par Éric Mathieu, les Picrocholes ont été colonisés par les Tanguiens. Leur langue a été complètement effacée, puisqu'on leur a interdit de la parler. Au fil de l’histoire, Félix et le capitaine tentent d’aider ces premiers habitants à retrouver leur culture oubliée.

L'auteur Éric Mathieu et la couverture de son premier ouvrage jeunesse « Capitaine Boudu et les enfants de la cédille », publié par les Éditions L'interligne en septembre 2020

L'auteur Éric Mathieu

Photo : Céline Chapdelaine

« Il y a beaucoup de langues qui disparaissent dans le monde, parce qu’il y a un peuple colonisateur ou parce que des aînés meurent peu à peu. C’est une situation qu’on retrouve entre autres au Canada avec certaines populations autochtones. »

— Une citation de  Éric Mathieu, auteur et professeur en linguistique à l’Université d’Ottawa

La disparition des langues était un aspect important à aborder, selon lui, étant donné qu’il en est beaucoup question en linguistique.

Après ce voyage sur la planète Tanguy, le capitaine Boudu risque d’ailleurs fortement d’être plongé dans de nouvelles aventures avec ses acolytes.

Sur la station spatiale, il y a cinq enfants, alors il y a vraiment la place pour raconter d'autres histoires, laisse entendre l’auteur, car le héros de sa première incursion en littérature jeunesse, Félix, est aussi accompagné de ses amis Amandine, Wapi, Marie-Neige et Stanislas.

Capitaine Boudu et les enfants de la Cédille, sera disponible en librairie le 10 septembre.

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