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Début du sommet Québec-Ontario sur fond de nationalisme économique

François Legault et Doug Ford se rencontrent à Mississauga pour accroître la pression financière sur Ottawa.

Deux hommes, assis devant des drapeaux de l'Ontario et du Québec, discutent.

Le premier ministre du Québec, François Legault, et le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford (photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Transferts en santé, projets d’infrastructures et nationalisme économique : ces trois priorités devraient monopoliser la majeure partie des discussions entre Doug Ford et François Legault mardi et mercredi.

Le premier ministre du Québec et cinq de ses ministres sont à Mississauga, en banlieue de Toronto, afin de rencontrer leurs homologues ontariens et de planifier la relance économique.

En joignant nos forces, nous serons invincibles. Je le répète, nous serons invincibles.

Doug Ford, premier ministre de l’Ontario

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, la ministre des Transports de l’Ontario, Caroline Mulroney, affirme que les deux équipes chercheront d'abord à arrimer leurs priorités en prévision du Conseil de la fédération, qui se déroulera plus tard ce mois-ci.

Photo de Caroline Mulroney.

La ministre des Transports et des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney, lors d'une allocution à la tribune du Conseil des relations internationales de Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

On veut réduire les barrières qui existent entre deux provinces, comme par exemple dans le secteur du camionnage, et discuter de comment on peut faire avancer des projets de transport en commun.

Elle espère faire front commun avec François Bonnardel, avec qui elle mentionne avoir de très bonnes relations, pour exhorter Ottawa à financer sa juste part de grands projets d’infrastructure, comme le troisième lien à Québec, et les quatre nouvelles lignes de métro et de train léger à Toronto.

On attend notre 40 % [de financement fédéral]. On a des discussions toutes les semaines avec le ministère fédéral de l’Infrastructure. On a l’accord des villes et on espère que ça va débloquer le plus tôt possible, dit-elle.

Buy Ontario et Fabriqué au Québec

Doug Ford mentionne d’entrée de jeu qu’il souhaite s’allier au Québec pour combattre le protectionnisme américain. Nous serons l'alliance économique la plus puissante en Amérique du Nord, soutenait-il en point de presse vendredi dernier.

L’approche Ford, qui préconise le Buy Ontario depuis le début de la crise, colle bien avec le Fabriqué au Québec de François Legault, qui exprimait, en entrevue avec La Presse la semaine dernière, son intention de mettre de l’avant le nationalisme économique.

Avec les frontières qui sont fermées, c'est essentiel de se tourner vers l'intérieur et de s’ouvrir vers d'autres marchés, comme le marché du Québec, ajoute Caroline Mulroney.

Son collègue au développement économique, Vic Fedeli, compte d’ailleurs aborder le sujet de la relance économique pour l’Ontario français avec son homologue Pierre Fitzgibbon, et trouver des moyens d'avoir un plus grand accès au marché du Québec pour les biens qui viennent des gens d’affaires et des compagnies francophones de l'Ontario.

François Legault parle les bras ouverts.

Le premier ministre du Québec, François Legault (photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le politologue Peter Graefe croit que l’approche des deux provinces pourrait donner un résultat novateur. Est-ce qu’ils réussiront à mettre de l’avant un projet plus intéressant, plus ficelé au niveau de la relance de l'économie manufacturière?

Selon lui, Doug Ford pourrait s’inspirer de François Legault et utiliser les instruments de l'État ontarien pour favoriser la relance de ce secteur en Ontario.

Éviter les sujets épineux

Pas question d'aborder de front des dossiers plus épineux comme le programme de péréquation ou l’accès aux chantiers de construction québécois pour les travailleurs ontariens.

Doug Ford compte tout de même demander à son homologue pourquoi le Québec a écarté l’application de traçage de COVID-19, lancée en Ontario en juillet. Il y a peut-être une bonne raison derrière cette décision d'emblée insensée, a lancé le premier ministre ontarien fin août.

François Legault, qui n’a pas réussi à convaincre l'Ontario d'importer de l'hydro-électricité québécoise, met ce dossier au rancart pour l'instant. J’ai pas l’intention de ramener cette question-là, a-t-il dit en point de presse jeudi.

Le premier ministre Doug Ford regroupe des conserves de tomates sur un convoyeur dans une usine.

Doug Ford à la conserverie Sun-Brite de Leamington, lors de sa tournée du Sud-Ouest ontarien

Photo : La Presse canadienne / Rob Gurdebeke

Le premier ministre du Québec a indiqué que sa priorité sera de s’unir, encore une fois, pour exiger une augmentation des transferts en santé à 5,2 %. Il y a un manque à gagner et un réajustement à faire. On veut faire front commun avec Ontario, mais, après, avec toutes les provinces. Ça va être le sujet prioritaire dans nos demandes à Ottawa.

La balle est dans le camp d’Ottawa

Le gouvernement Trudeau pourrait certainement s'en tirer en trouvant un terrain d’entente avec les deux provinces les plus populeuses du Canada.

Ils savent qu'ils ont la capacité d'emprunter de l'argent d'une manière qui coûte moins cher que les provinces. C'est de la publicité gratuite pour eux, parce que ces projets [d’infrastructure] seraient accueillis favorablement par les Canadiens et les travailleurs, explique Peter Graefe.

Ottawa devra toutefois naviguer avec la demande jusqu’ici restée lettre morte de l’augmentation des transferts en santé. Contrairement à 2019 toutefois, l’Ontario, le Québec et les autres provinces profitent d’un contexte particulier – la pandémie – pour relancer le débat.

Le gouvernement fédéral a déjà transféré 2 milliards de dollars aux provinces et territoires afin de les aider à rouvrir les écoles de façon sécuritaire et s’est engagé à verser 21 milliards de dollars pour les aider durant la pandémie.

Les premiers ministres Legault et Ford souperont ensemble mardi soir, tandis que les ministres québécois rencontreront leurs homologues ontariens mercredi avant-midi.

Plus de 450 000 emplois ont été perdus au plus fort de la pandémie au Québec, alors qu’en Ontario, plus d’un million de travailleurs ont perdu leur emploi.

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