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Sables bitumineux : des résidus toxiques dans la nappe phréatique, dit un rapport

Un camion transporte une charge sur un site de sables bitumineux près de Fort McMurray, en Alberta, le mercredi 9 juillet 2008.

Les substances toxiques produites par l'exploitation des sables bitumineux se retrouveraient notamment dans la nappe phréatique, indique un nouveau rapport.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Un nouveau rapport de la Commission de coopération environnementale (CCE) révèle que des substances toxiques provenant des sites d'exploitation de sables bitumineux, dans le nord de l'Alberta, finissent par aboutir dans la nappe phréatique.

Le rapport de la CCE vient confirmer des craintes de groupes autochtones de la région de Fort McMurray, qui s'inquiètent de l'impact de l'industrie sur les cours d'eau, dont ils dépendent, car ils en tirent du poisson et d'autres produits de la pêche.

Selon l'étude, il existe des preuves solides et scientifiquement valides qui montrent que les eaux résiduaires des sables bitumineux s'infiltrent dans [la nappe phréatique] à proximité des bassins de décantation.

Ces immenses bassins, bordés par des murs de boue, servent à accumuler de l'eau, du sable et toutes sortes de résidus liés à l'extraction des sables bitumineux. Or, plusieurs de ces résidus sont toxiques et les environnementalistes soulèvent depuis longtemps les risques de fuites.

Vue aérienne de bassins de décantation près de Fort McMurray, dans le Nord albertain

Vue aérienne de bassins de décantation près de Fort McMurray, dans le Nord albertain (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Dans son rapport, la commission internationale de surveillance environnementale conclut que ces bassins ne sont pas toujours étanches et fuient dans la nappe phréatique.

Ça fait des années qu'on voit notre environnement changer [...], qu'on dit que ces bassins de résidus sont extrêmement dangereux, lance Melody Lepine, de la Première Nation crie de Mikisew, dans le nord-est de l'Alberta. Il doit y avoir une meilleure façon de gérer les résidus de l'industrie des sables bitumineux, ajoute-t-elle.

Un bassin de décantation

Un bassin de décantation de Shell, à son usine près de Fort McMurray, en Alberta

Photo : Reuters / Todd Korol

Le rapport ne permet toutefois pas de conclure hors de tout doute que les bassins de résidus fuient vers les eaux de surface, comme les rivières.

La CCE a ouvert son étude après une demande, entre autres, de groupes environnementaux qui accusent le gouvernement fédéral de ne pas respecter ses obligations en vertu de la Loi sur les pêches.

C'est en effet le devoir du gouvernement fédéral de s'assurer que les cours d'eau qui contiennent des poissons ne sont pas pollués par des matières toxiques.

Dale Marshall, de l'organisation Environmental Defence Canada, croit qu'Ottawa a maintenant ce qu'il faut entre les mains pour poursuivre des compagnies pétrolières polluantes engagées dans l'exploitation des sables bitumineux en Alberta.

Un rapport troublant, selon le ministre de l'Environnement

Jonathan Wilkinson lors d'une conférence de presse dans un hôtel de Winnipeg

Le ministre fédéral de l'Environnement et des Changements climatiques, Jonathan Wilkinson

Photo : La Presse canadienne / Mike Sudoma

Le ministre fédéral de l'Environnement, Jonathan Wilkinson, reconnaît que les conclusions du rapport sont troublantes et que le gouvernement doit agir.

Il va s'assurer, dit-il, que la Loi sur les pêches est respectée. Toutefois, le défi, selon lui, est d'être capable de déterminer précisément d'où viennent ces fuites de substances toxiques et donc, qui en est responsable.

Nous avons investi de l'argent [dans les dernières années] pour pouvoir évaluer la source potentielle de ces déversements [...] et maintenant, ajoute le ministre Wilkinson, nous croyons que nos outils technologiques sont assez avancés pour le faire.

Si une entreprise pétrolière est trouvée fautive, elle devrait recevoir des amendes, précise le ministre. Ultimement, les compagnies n'ont pas le droit de verser des substances nocives dans les eaux où vivent les poissons. C'est juste interdit.

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