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Dépistage : le gouvernement appelle des renforts pour la deuxième vague

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Une professionnelle de la santé effectue un test de dépistage du coronavirus dans une clinique mobile du quartier Saint-Michel.

Un homme penche la tête vers l'arrière pour un test de dépistage de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En prévision d'une éventuelle deuxième vague de COVID-19, le gouvernement du Québec multiplie les efforts pour améliorer ses capacités de dépistage du nouveau coronavirus et pourrait accélérer la formation de techniciens pour répondre à la demande.

Transportant deux glacières bien remplies d’échantillons, un livreur frappe à la porte du laboratoire de santé animale du ministère de l’Agriculture. Contrairement à ce qui se produit habituellement, les éprouvettes ne contiennent pas de tests pour la grippe aviaire ou porcine, mais plutôt des échantillons de COVID-19. Les techniciens qui l’accueillent ont été formés de manière accélérée.

La plupart d'entre eux analysent des tests humains pour la première fois.

Le gouvernement est convaincu que le dépistage, c’est le nerf de la guerre pour affronter la deuxième vague de la pandémie de COVID-19. Si les laboratoires du système de santé deviennent trop débordés cet automne, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et trois laboratoires privés de la région de Montréal ont signé des partenariats pour venir en renfort.

Depuis le début de la pandémie, le laboratoire de santé animale du MAPAQ a réalisé près de 100 000 tests, jusqu’à 1600 par jour. En quelques jours à peine, il a converti ses installations et créé un logiciel pouvant transmettre des résultats fiables et rapides, puisque le sien n’était pas compatible avec celui du réseau de la santé.

On a un informaticien au MAPAQ qui a travaillé là-dessus jour et nuit, de façon intensive, pour nous développer un système informatique uniquement pour ça, explique Olivia Labrecque, la directrice intérimaire du laboratoire de santé animale.

Un tel système informatique fait partie de la stratégie du gouvernement pour accélérer la transmission des résultats, nous explique le ministre Christian Dubé en entrevue. Le questionnaire (Nouvelle fenêtre) qu’on a mis en ligne il y a plus d’une semaine, déjà plus de 100 000 personnes sont allées répondre pour voir si leurs enfants ou eux-mêmes répondaient à certains symptômes.

Les gens qui remplissent le questionnaire, et se font tester ensuite, pourraient recevoir leur résultat sur le web, directement du laboratoire, sans intermédiaire. C’est comme ça qu’on va être capable de réduire le temps de tout le processus au complet, ajoute-t-il.

Formation accélérée pour les techniciens de laboratoire?

Les laboratoires Dynacare et Caprion Bioscience inc., dans la région de Montréal, ont aussi conclu une entente avec le gouvernement. Jusqu’ici, ils n’ont réalisé que 15 000 tests pour le gouvernement, mais ils s’attendent à être beaucoup plus sollicités en cas de deuxième vague.

Dynacare, génétique et services spécialisés, avait déjà collaboré avec le gouvernement durant la pandémie de grippe H1N1.

La capacité actuelle est de 1400 tests par jour, mais on est capable de se rendre à des niveaux beaucoup plus élevés que ça, mentionne Yvan Côté, le directeur général.

Il met cependant un bémol : On va livrer la marchandise dans la mesure où nous avons le personnel requis. Lorsqu’on se prépare pour faire ces analyses-là, ça nous prend du personnel, des technologistes médicaux. On le sait, au Québec, il y en a très peu. Je pense que c’est un domaine où on va devoir mettre une pression supplémentaire pour être en mesure de former davantage de personnes.

Caprion Biosciences inc. souhaite aussi que le gouvernement trouve une voie express pour former plus de techniciens en laboratoire, comme il l’a fait pour les préposés aux bénéficiaires. On a besoin d’une certaine accréditation de techniciens de laboratoire certifiés. Il faudrait accélérer un peu la formation, affirme Martin Leblanc, le chef de la direction.

Au MAPAQ, on a embauché des gens et on en a formé qui habituellement ne sont pas dans ce secteur de travail là […], les gens ont été formés de manière accélérée. À l’intérieur de deux semaines, ils devenaient en mesure de faire les analyses, indique Olivia Labrecque. Elle précise tout de même qu’un encadrement particulier a été mis en place et qu’un panel s’assure qu’ils soient fonctionnels pour l’analyse de tests humains.

On est un laboratoire qui est prêt à intervenir en cas de pandémie animale, donc c’était tout à fait normal de faire appel à nous pour ça. On a les installations, le personnel qui est formé, on a les équipements, donc tout était facile à mettre en place pour nous.

Bientôt des tests de salive

Ce qui pourrait aussi accélérer le dépistage, c’est un test de salive, pour remplacer ceux réalisés avec la longue tige appelée écouvillon. Selon nos informations, le gouvernement serait sur le point d’annoncer leur utilisation dans les écoles. Les laboratoires sont déjà prêts à les analyser.

Moi, je suis confiant qu’on va être capable d’aller là, mais je veux attendre des réponses définitives de la santé publique. Est-ce qu’on est à deux semaines ou trois semaines? Je ne mettrai pas de date précise […] Je pense qu’on peut augmenter à 25 000 ou 30 000 tests [par jour], parce qu’il ne faut pas oublier qu’on va avoir les écoles. Dans les prochains jours, elles vont augmenter nos besoins en dépistage parce qu’on veut fournir des corridors de service pour les parents et les professeurs, dit le ministre Christian Dubé.

Pour augmenter la capacité de dépistage, il compte établir plus de partenariats, notamment avec d'autres laboratoires privés.

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