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Le ski de fond menacé à la Forêt Montmorency

Alex Harvey à l'entraînement

Alex Harvey à l'entraînement sur le parcours de la Glisse boréale à la Forêt Montmorency, en octobre 2018.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Martin

Les activités récréotouristiques et sportives à la Forêt Montmorency pourraient bientôt faire partie du passé. Une situation particulièrement inquiétante pour le développement du ski de fond de haut niveau dans la province, alors que les jeunes fondeurs pourraient perdre jusqu’à un mois d’entraînement, faute de neige.

La possibilité de voir la Forêt Montmorency, détenue par l’Université Laval, délaisser le ski de fond est dans l’air depuis bientôt un an, admet François Pépin, responsable des équipes du Québec de ski de fond.

Partenaire de l’institution depuis le début des années 2000, Ski de fond Québec avait eu des discussions à ce sujet avec la nouvelle direction de la Forêt Montmorency, à la fin de l'automne dernier.

Malgré tout, cette année, la décision a été prise en vase clos. On n’a pas été impliqué, on s’attend à faire un camp d’entraînement là dans deux mois et, là, j’apprends qu’on n’aura juste pas de neige. On est très déçu.

C’est que depuis 2013, la Forêt Montmorency produit chaque hiver une réserve de plusieurs milliers de m3 de neige artificielle qui est conservée sous une couche de bran de scie durant l’été. Cette même neige est ensuite utilisée pour faire une boucle de ski de fond dès la fin octobre, la Glisse boréale, permettant aux fondeurs compétitifs et récréatifs de commencer l'entraînement.

Or, la réserve de neige n’a pas été faite, l’hiver dernier.

Des activités en évaluation, dit l’Université Laval

À l’Université Laval, le porte-parole Simon La Terreur se limite à dire que la Forêt Montmorency, un territoire de 397 km2 dans la Réserve faunique des Laurentides, poursuivra ses activités de recherche et d’enseignement, mais que les autres activités sont en évaluation. L’institution ne donne pas plus de détails sur la date butoir de ces évaluations ou sur ce qui les motive.

La réserve de neige n’a pas été faite, confirme M. La Terreur, à cause de la COVID.

Des hommes pêchent aux abord d'une rivière.

Les pêcheurs n'ont pas pu profiter des cours d'eau de la forêt Montmorency, cet été.

Photo : Radio-Canada

Divers intervenants du milieu du ski de fond relatent cependant que la réserve de neige artificielle est habituellement faite en janvier et février. La pandémie de COVID-19 n’expliquerait donc pas la décision, selon eux.

Notons que l’offre de la Forêt Montmorency comportait aussi jusqu’à récemment de l’hébergement touristique, de la raquette, de la randonnée pédestre, de la pêche et de la cueillette sauvage. Des activités qui sont toutes suspendues depuis le début de la pandémie.

Un site de ski unique au Québec

À court terme, cependant, la situation est particulièrement problématique en ce qui a trait au ski de fond. À la Forêt Montmorency, des pistes de niveau national et d’autres infrastructures ont été développées avec de l’aide financière gouvernementale, à travers les années, pointe François Pépin.

Mais ce qui le préoccupe surtout, c'est que les fondeurs québécois n’auront vraisemblablement nulle part où skier en début de saison.

La forêt Montmorency sous la neige

Le climat de la Forêt Montmorency est parfait pour un début de saison de ski de fond hâtif.

Photo : Radio-Canada / David Remillard

Des initiatives de pistes en neige artificielle ont vu le jour en Outaouais et dans les Laurentides, ces dernières années, mais seuls le climat plus froid et les chutes de neige hâtives dans la Réserve faunique des Laurentides permettent de commencer la saison aussi tôt que la fin octobre, poursuit-il.

Si les athlètes du Centre national d’entraînement Pierre-Harvey se tourneront vraisemblablement vers un camp d’entraînement à Canmore, en Alberta, des centaines d'autres jeunes skieurs de la relève pourraient ne pas avoir cette chance.

Le Rouge et Or impuissant

Entraîneur-chef de l’équipe de ski de fond du Rouge et Or, Godefroy Bilodeau se retrouve dans une drôle de position. La saison universitaire commençant début décembre, ses skieurs pourraient perdre quatre semaines d’entraînement sur la neige par rapport à leurs adversaires de l’ouest du pays sans la neige artificielle de la Forêt Montmorency. Il n’y a pas de plan B.

Même si c’est un peu loin du campus, pour nous, c’est la maison. Puis, on a toujours eu une superbe collaboration avec l’Université Laval en ce qui a trait aux tarifs. On est les gros utilisateurs, en novembre.

La préparation de Andrée-Anne Théberge et ses coéquipiers du Rouge et Or en vue de la saison pourraient devoir se faire sans neige.

La préparation de Andrée-Anne Théberge et ses coéquipiers du Rouge et Or en vue de la saison pourraient devoir se faire sans neige.

Photo : Rouge et Or

Sauf que le site relève de la Faculté de foresterie et non du Service des activités sportives de l’Université. L’entraîneur peut plaider sa cause, mais il n’a aucun pouvoir décisionnel. N’empêche, un dialogue est en cours.

L’administration à la Forêt Montmorency est consciente du besoin qu’on a et ils tentent de trouver des solutions alternatives. À savoir si, au moins, dès qu’il y a de la neige naturelle, ils peuvent nous la préparer le plus vite possible, relate Godefroy Bilodeau.

Bien qu’il tente aussi de rester optimiste, François Pépin estime qu’il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Pour ce qui est la saison à venir, les équipes du Québec et les différents clubs de la province auront rapidement besoin d’avoir l’heure juste de la part de l’Université Laval en ce qui a trait aux installations de la Forêt Montmorency.

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