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Francis Vallée aurait abusé sexuellement d’une cliente, selon une requête de l’OACIQ

Le site internet de Francis Vallée avec sa photo.

Francis Vallée est cité à comparaître devant le comité de discipline de l’OACIQ.

Photo : Capture d'écran/francisvallee.com

Radio-Canada

Suspendu en raison d’allégations de comportements déplacés, le courtier immobilier gatinois Francis Vallée aurait notamment pris avantage du fait qu’une cliente était seule à la maison pour abuser d’elle sexuellement.

C’est ce qu’on peut lire, entre autres détails, dans une requête nouvellement rendue publique et présentée contre M. Vallée fin août devant le comité de discipline de l’Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ).

La plainte visant Francis Vallée lui reproche d’avoir eu, entre 2016 et 2020, des comportements sexuels et/ou des propos inappropriés envers des femmes dont certaines étaient ou avaient été ses clientes, et ce, dans l’exercice de ses fonctions.

Or, la requête présentée à l’OACIQ afin de faire suspendre le permis de pratique du courtier, qui représentait la bannière Royal LePage, nous en apprend davantage sur la nature des allégations à son endroit.

Certains faits reprochés à la plainte se sont déroulés dans des immeubles pour lesquels l’intimé sollicitait un mandat de vente ou encore alors qu’il accompagnait les clientes lors de visites d’immeuble, est-il écrit dans le document signé par la syndique adjointe de l’OACIQ, Julie Pinet.

Dans au moins un cas, l’intimé a pris avantage du fait que cette femme était seule à la maison et qu’il devait la rencontrer à sa résidence, et ce, dans l’exercice de ces fonctions, afin d’abuser sexuellement de cette dernière, poursuit la syndique.

La protection du public compromise

Cette dernière soutient que les gestes reprochés au courtier sont graves et sérieux , qu’ils pourraient porter atteinte à l’image ainsi qu’à l’intégrité de la profession et que la protection du public serait compromise si Francis Vallée continuait d’exercer ses activités professionnelles.

L’agence Royal LePage a récemment rompu ses liens avec le courtier au terme d’une enquête indépendante. Aux yeux de l’OACIQ, le permis de M. Vallée est donc techniquement suspendu, puisqu'il n’est plus rattaché à une agence immobilière.

Il est cité à comparaître mardi prochain devant le comité de discipline de l’OACIQ. Pour l’organisme, il est important d’agir rapidement pour suspendre formellement le droit de pratiquer du courtier jusqu’à ce que la lumière soit faite sur ses présumés agissements.

À ma connaissance, c’est la première fois qu’on a un cas aussi grave, a commenté en entrevue Caroline Champagne, vice-présidente à l’OACIQ. Heureusement, il s’agit d’une situation exceptionnelle.

Aucune des allégations contre M. Vallée n’a été prouvée devant un tribunal. Aucune accusation n’a été déposée contre lui. M. Vallée n’a pas répondu aux nombreux appels et courriels de Radio-Canada.

Une autre présumée victime témoigne

Une cliente de Francis Vallée, qui a requis l’anonymat, est sous le choc depuis qu’elle a fait affaire avec lui pour vendre sa maison.

Après que Léa (nom fictif) eut communiqué avec l’agent immobilier, il aurait commencé à lui envoyer des textos inappropriés. J’ai trouvé ça pas mal intense son affaire. Je ne savais pas comment réagir, relate-t-elle.

Un agent immobilier, c’est une personne de confiance. [...] J’étais mal à l’aise, mais en même temps, je me suis dit : "ben non, voyons, c’est un courtier immobilier, il est connu du public, on peut lui faire confiance".

Léa, présumée victime de Francis Vallée

La mère de famille déplore le manque de professionnalisme de l’agent immobilier. Je ne le connaissais pas, pour moi, Francis, ce n’est personne. C’était bizarre ses agissements, ajoute-t-elle.

Radio-Canada a consulté des échanges de textos sexuellement explicites que le courtier immobilier suspendu lui aurait envoyés cet été. Nous avons également pu valider les détails de son histoire auprès d’une de ses proches amies, à qui elle s’est confiée.

Par ailleurs, Radio-Canada a parlé à deux autres victimes qui ont décrit des expériences similaires et qui ont également participé à l’enquête de l’OACIQ.

Selon nos informations, plusieurs femmes devaient rencontrer, jeudi, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) dans cette affaire. De son côté, le corps policier refuse de commenter le dossier.

Avec les informations de Jérôme Bergeron

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