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Abolition de l’examen pratique pour le tir à l’arc

Des flèches dans une cible.

L'examen pratique de tir à l'arc est aboli. (Archives)

Photo : Getty Images / JEWEL SAMAD

Depuis le mois d’août 2020, la formation d’Initiation à la chasse avec arc ou arbalète (ICAA) est offerte uniquement en ligne. L’examen pratique, qui permettait l’obtention d’un certificat du chasseur avec arc ou arbalète, a été aboli.

Cette situation fait sourciller des spécialistes de la chasse en Abitibi-Témiscamingue. Marc Prince est technicien d’archerie au magasin Pronature de Rouyn-Noranda. Selon lui, il y a beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages à l’abolition de l’examen pratique de tir à l’arc.

Beaucoup de gens viennent acheter des arcs et des arbalètes. Souvent, ce sont des gens qui n’ont jamais touché à ça. Ce sont des armes avec lesquelles il faut pratiquer longtemps si l’on veut devenir bon, surtout quand on parle de l’arc.

La façade d'un magasin Pronature.

Le magasin Pronature de Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Paquin

Selon M. Prince, il aurait été préférable d’ajouter un examen pratique pour le tir à l’Arbalète, plutôt que d’abolir celui pour le tir à l’arc. Il affirme que l’examen permettait de distinguer ceux qui étaient prêts à chasser à l’arc de ceux qui ne l’étaient pas.

Ça nous donnait une bonne idée. Il y a des gens qui n’étaient vraiment pas aptes à aller à la chasse à l’arc. Ces gens échouaient leur examen pratique. Ces gens vont maintenant avoir le droit d’aller chasser en forêt.

M. Prince, qui compte 30 ans d’expérience avec ce type d’armes, croit que cette situation fera augmenter le nombre d’animaux abattus de la mauvaise façon, ou encore blessés inutilement.

Un effet sur le cheptel?

Avec l’abolition de l’examen pratique, M. Prince avance qu’un plus grand nombre d’individus se prévaudront de leur permis de chasse. Selon lui, certains pourraient profiter de la situation pour s’acheter un permis, sans même posséder d’arme, afin de constituer une équipe de chasse avec un partenaire.

En bout de ligne, je pense qu’il va y avoir plus de gens dans le bois, qui voudront chasser à l’arc et à l’arbalète sans être qualifiés.

Marc Prince, technicien d'archerie chez Pronature

Il soutient que cette situation pourrait avoir des effets négatifs sur le cheptel.

Comparable à l’abolition des cours de conduite

Dany L’Heureux, président de l’Association chasse et pêche du Témiscamingue Centre, a travaillé comme moniteur dans les cours pratiques désormais abolis.

Selon lui, des cours théoriques sur Internet peuvent difficilement remplacer une formation pratique.

C’est comme si je disais, on va suivre notre cours de conduite, on va faire ça sur Internet, pas de pratique, pas rien. On dit que les armes à feu, c’est dangereux, les engins sont dangereux et une mauvaise utilisation peut être dangereuse.

M. L’Heureux soutient que les formations pratiques permettaient de développer des compétences qu’il n’est pas possible d’acquérir sur Internet.

Lors des cours pratiques, les gens avaient l’occasion de voir les moniteurs manipuler les engins et poser leurs questions à des professionnels. Ils pouvaient par la suite mettre en pratique les conseils reçus.

Dany L'Heureux, président de l'ACPTC

Un virage 100 % numérique

Questionné sur les motifs orientant ce virage vers le numérique, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) nous renvoie à un communiqué de presse publié en juillet dernier.

Le MFFP affirme que la modernisation des méthodes de formation vise à répondre aux attentes de la relève et à simplifier l’accès au certificat du chasseur. Bien que cette nouvelle formule ait été planifiée avant le début de la pandémie, le ministère se félicite également du fait qu’elle contribuera à faciliter la distanciation physique.

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