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Les nanoplastiques ont un impact sur la reproduction des huîtres

Les concentrations testées dans l'expérimentation sont supérieures à celles rencontrées sur les côtes européennes, mais ces travaux font office d’alerte.

Des huîtres creuses.

L'expérimentation a démontré qu'à partir d'une certaine dose, les nanoplastiques les plus toxiques ont induit une diminution de 79% du pourcentage de spermatozoïdes mobiles des huîtres creuses.

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Radio-Canada

Les nanoplastiques, ces morceaux de plastique inférieurs au millième de millimètre présents dans l'environnement marin, ont un impact sur la reproduction des huîtres creuses, selon l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer.

Expérimentalement, une équipe de chercheurs de l'Ifremer et de l'unité mixte de recherche LEMAR regroupant plusieurs instituts de recherche a exposé des cellules reproductrices mâles d'huîtres creuses à quatre doses de nanobilles de polystyrène de 50 nanomètres pendant une heure, explique l'Ifremer dans un communiqué.

L’huître creuse a une fécondation externe, c’est-à-dire que pour se reproduire, elle doit expulser ses cellules reproductrices dans l’eau de mer. Elles sont donc particulièrement sensibles aux aléas environnementaux et à la qualité des eaux, ce qui fait de l'huître un candidat parfait pour évaluer l’impact des micro et nanoplastiques.

L’huître creuse, un cobaye idéal

L'expérimentation a démontré qu'à partir d'une certaine dose, les nanoplastiques les plus toxiques ont induit une diminution de 79 % du pourcentage de spermatozoïdes mobiles, selon cette étude publiée fin août dans le journal Nanotoxicology.

Les spermatozoïdes mobiles restants ont, eux, subi une diminution de leur vitesse de nage de 62 %, menant à une baisse de leur succès reproducteur de 59 %.

Les nanoplastiques réduisent la viabilité des spermatozoïdes d'où une diminution du nombre d'embryons, a expliqué Kévin Tallec, à la tête de l'équipe de chercheurs.

L'impact des nanoparticules

Depuis de nombreuses années, la communauté scientifique s'intéresse aux effets biologiques que peut entraîner l'ingestion de petites particules de plastique, appelées microplastiques, déchets présents dans tous les environnements aquatiques.

Aujourd'hui, la question se pose concernant les nanoplastiques issus de la fragmentation de déchets de plus grande taille déjà présents dans l'environnement marin et potentiellement issus d'un rejet direct de déchets nanométriques dans l'environnement, tels que les cosmétiques, abrasifs industriels, imprimantes 3D...

Il s'agit toutefois de savoir si cette observation obtenue en conditions expérimentales non représentatives de l’environnement peut avoir lieu dans la nature. Pour ce faire, il faudra alors être en mesure de déterminer les quantités de nanoplastiques présentes dans les zones côtières. De nouvelles technologies innovantes doivent donc être développées pour quantifier ces particules de plastique de taille nanométrique.

Aujourd'hui, on ne connaît pas les concentrations de nanoplastiques dans l'eau de mer et ce doit être une des priorités de recherche dans les années à venir, a noté Kévin Tallec. Probablement que la quantité [de nanoplastiques] est plus faible dans l'environnement que lors de l'expérimentation, a-t-il cependant souligné. En conséquence le risque environnemental lié à ces nanoplastiques est aujourd'hui limité, a-t-il estimé.

Avec les informations de Agence France-Presse

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