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Le nouveau Mulan vaut-il 35 $?

Une guerrière équipée d'une épée se bat avec des soldats.

Le long métrage d’animation « Mulan » avait fait un malheur en 1998 en récoltant dans les salles de cinéma plus de 300 millions de dollars américains.

Photo : Site de DisneyParks

Disney a tranché : le Mulan version 2020 ne sera pas présenté dans les cinémas nord-américains, mais plutôt en exclusivité sur Disney+ dès vendredi. Est-ce que ça vaut le coup de débourser 35 $ (en plus de s'abonner) pour regarder Mulan à la maison?

Le long métrage d’animation Mulan avait fait un malheur en 1998 en récoltant dans les salles de cinéma plus de 300 millions de dollars américains. Vingt ans plus tard, les attentes sont élevées tandis que Disney revisite cette légende chinoise ancestrale en prises de vue réelles et avec toujours la même histoire : celle d’une valeureuse jeune femme qui risque tout par amour pour sa famille et son pays pour devenir l’une des plus courageuses guerrières que la Chine ait connues.

La nouvelle version signée par la réalisatrice Niki Caro (La femme du gardien de zoo, 2017) met en vedette une distribution entièrement asiatique, une première pour Disney.

Cette fois-ci, pas d'animaux qui parlent (Mushu n’est pas là) ni de chansons qui n’en finissent plus comme dans la version de 1998. Le Mulan 2020 est un film d’action de 200 millions de dollars américains tourné principalement en Nouvelle-Zélande et en Chine dont certaines scènes de combat de style Wushu lui valent une classification de 13 ans et plus, aux États-Unis. Une autre première pour Disney.

Au Québec, le film est classé « Général », mais déconseillé aux jeunes enfants.

Une production imposante

En rafale, selon Disney, 4000 armes et plus de 1000 costumes ont été fabriqués pour ce film inspiré de la dynastie des Wei du Nord (386–534 apr. J.-C.). Il y a dans ce Mulan un amour pour le cinéma bien fait. Ici, la réalisatrice s’est éloignée le plus possible des écrans verts pour filmer sur le terrain.

Pour bien illustrer les poursuites à chevaux, Niki Caro a même utilisé pour sa caméra Alexa 65 une partie de la lentille ayant servi au réalisateur David Lean pour le tournage du mythique Lawrence d’Arabie (1962), une référence en cinéma.

Tigre et dragon (2000) rencontre Disney

La force de l’empire Disney a toujours été dans ses personnages (princes, princesses, superhéros) et dans les univers qu’il crée (La reine des neiges) ou qu’il achète (Star Wars).

En mélangeant habilement la féérie de Disney et des chorégraphies digne des meilleurs films d’arts martiaux (Tigre et dragon, 2000), la réalisatrice Niki Caro a transformé Mulan. Le film comporte un bon dosage de batailles épiques, d’humour, d’émotions et de scènes de camaraderie épiques.

On a souvent reproché aux héroïnes de Disney de renforcer les stéréotypes par leur mièvrerie, mais Mulan est sans conteste dans une classe à part. Courageuse et impétueuse, elle n’hésite pas à s'éloigner justement des stéréotypes et à prendre son destin en main.

Sorte de Jeanne d’Arc chinoise, elle réussit à gagner le respect de ses compagnons d’armes et à s’imposer comme la leader capable de les mener à la victoire. Le tout en respectant les valeurs de dévotion à la famille et de patriotisme si chères à Disney.

Car attention, pour demeurer fidèle à l’histoire originale, l’héroïne doit tout de même se référer à l’approbation du père ou de l’empereur. Dans le monde des princesses, même moderne, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre l’égalité homme-femme.

Mulan est un bon film, bien ficelé

Récemment, Disney a entrepris de reprendre ses classiques animés en prises de vue réelles avec des résultats plus ou moins heureux. Il suffit de penser à l’effroyable Aladdin avec Will Smith, mais dans le cas de Mulan, le résultat est à la hauteur des attentes.

Le véritable exploit de Mulan, en plus des scènes de bataille épiques, est son scénario sans temps mort. Il y a certains petits changements dans l’histoire qui font de grandes différences dans son déroulement. En matière de divertissement familial, ça passe amplement le test. Bien sûr, Mulan demeure un film d’action avec un dénouement prévisible, mais il nous en met plein la vue.

Un nouveau modèle d’affaires qui passe ou qui casse

En utilisant sa plateforme de visionnement en ligne pour Mulan, Disney fait faux bond aux salles de cinéma, qui, en cette époque de pandémie, auraient apprécié avoir ce film pour reconquérir le public.

Le géant du cinéma espère ainsi obtenir de nouveaux abonnements, et, qui sait, au passage trouver une nouvelle façon de distribuer ses films. Mais psychologiquement, est-ce que le public sera prêt à payer 35 $ pour voir ce film à la maison, même s'il en coûterait probablement davantage (avec le maïs soufflé) pour y assister en famille au cinéma?

Est-ce qu’il y a suffisamment de cinéphiles possédant un bon téléviseur 4K d’au moins 55 pouces pour apprécier un tel film? Car le plus ironique dans tout ça : Disney a choisi un film qui doit être vu sur grand écran pour tester ce modèle d’affaires. Est-ce que la cinéphile moyenne ou le cinéphile moyen se contentera de son écran à la maison?

Peut-être...

Mulan sera offert dès vendredi aux personnes abonnées à Disney+, qui devront en plus débourser 35 $ (plus les taxes) pour le voir. Les gens plus patients pourront regarder le film gratuitement dès le 4 décembre avec leur abonnement à la plateforme de Disney.

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