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Le taux de reproduction du coronavirus à l’affiche de l'INSPQ chaque semaine

L'INSPQ publiera désormais chaque semaine le taux de reproduction du coronavirus.

Deux personnes portant un masque et jouant à la pétanque.

Le taux de reproduction constitue un indice important de la propagation du virus puisqu'il représente le nombre moyen de nouveaux cas qu'une seule personne infectée et contagieuse va générer en moyenne.

Photo : AP / Michel Euler

Maud Cucchi

Alors que cette période s’annonce comme un moment charnière avec la réouverture des écoles et le retour au travail, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) publiera désormais chaque semaine un outil pour aider à suivre la progression de l’épidémie : le taux de reproduction (Rt) des cas de SRAS-CoV-2 au Québec.

Il s'agit d'une estimation médiane du nombre de personnes qu’un cas déclaré positif contaminera autour de lui.

Cet indicateur constitue un outil de vigilance très évocateur : Un Rt de 2, par exemple, signifie qu’une personne infectée contaminera deux personnes, en moyenne, pendant la période où elle est infectieuse. Le taux de reproduction indique donc le nombre moyen d’infections secondaires produites par un cas infecté.

Évolution des contaminations

Rt > 1 indique que la transmission augmente.

Rt = 1 indique que la transmission est stable.

Rt < 1 indique que l'épidémie est contrôlée.

Au moment du confinement, à la mi-mars, ce taux s’élevait à 2,13. Les données les plus récentes démontrent qu’il a baissé depuis, pour atteindre 1,27 le 23 août.

Une recrudescence du taux de reproduction des cas de SRAS-CoV-2 marque toutefois le mois de juin, hausse qui s’expliquerait par des éclosions dans certains établissements et des partys privés, analyse Mathieu Maheu-Giroux, chercheur à l’Université McGill et collaborateur à l’Institut national de santé publique du Québec.

L’objectif de l’INSPQ est de maintenir ce taux de reproduction inférieur à 1, en adaptant et en optimisant les interventions pour contrôler la propagation, comme les mesures de distanciation physique ou les campagnes de sensibilisation publique aux mesures sanitaires.

Ce sera ainsi beaucoup plus facile pour la santé publique de constituer une riposte pour essayer d’éteindre l’éclosion.

Mathieu Maheu-Giroux, chercheur.

À l'inverse, cet instrument de mesure donnerait un indicateur supplémentaire pour assouplir certaines restrictions en fonction de taux de reproduction plus faibles.

Outil de veille et de vigilance

Le mise en avant hebdomadaire de cet indicateur est une façon stratégique de tenir la population aux aguets, en prévision d’une nouvelle vague de contaminations cet automne, a indiqué M. Maheu-Giroux lors d'un breffage technique.

C’est la vitesse à laquelle le nombre de cas augmente ou diminue, mais ce n’est pas le seul facteur à considérer, prévient-il.

Dans un contexte de faible transmission, le taux de reproduction du virus n’est pas très utile, nuance le chercheur, qui préconise plutôt une analyse distincte des contaminations liées à une éclosion connue, comme ce fut le cas récemment au bar le Kirouac ou lors de regroupements de danseurs, à Montréal.

L’indicateur n’a pas été régionalisé non plus, l’objectif actuel étant de dresser un portrait général du taux de reproduction du coronavirus à l’échelle de la province, justifie M. Maheu-Giroux.

De surcroît, dans un contexte de faibles transmissions, voire nulles dans certaines régions, le taux de reproduction ne serait pas très utile, prévient le chercheur, car la marge d’erreur est trop grande. Selon lui, il serait toutefois possible de classifier cet indicateur par région, mais le profil actuel des contaminations justifie que le portrait le plus efficace qu’on peut faire, c'est à l’échelle de la province.

Autres limitations méthodologiques

Par ailleurs, le système de calcul ne peut donner qu’un portrait de la situation avec un décalage de 10 jours. C’est un outil rétrospectif, qui nous permet de regarder en arrière, d’analyser en fonction d’une date, dit-il. Ce n’est pas un outil qui permet de voir dans le futur ni de projeter [l’évolution de l’épidémie].

Par ailleurs, une augmentation ou une diminution importante des campagnes de dépistage pourrait causer un accroissement ou une réduction artificielle du Rt, dont la méthode de calcul peut encore évoluer en fonction de la pandémie.

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