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La mère de Marylène Levesque attend impatiemment des réponses

C'est la première fois que Karyne Levesque se confie depuis le meurtre violent de sa fille.

Marylène Levesque, souriante, tient un petit chien dans ses bras.

Marylène Levesque avec son chien, Enzo

Photo : remise par la famille

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La mère de Marylène Levesque veut des réponses puisque depuis l'annonce de la mort de sa fille, policiers, enquêteurs et politiciens lui rappellent sans cesse que « c'est une erreur ». Karyne Levesque se confie pour que sa « princesse » ne soit pas oubliée et que la société fasse la lumière sur le drame du 22 janvier 2020.

L’enquête interne de la Commission des libérations conditionnelles et du Service correctionnel doit reprendre au cours des prochains jours, après avoir été suspendue en raison de la pandémie.

C'est pourquoi la famille de Marylène Levesque, froidement tuée par Eustachio Gallese dans une chambre d’hôtel alors qu’il était en semi-liberté, ne pensait pas que ce serait la campagne de sociofinancement pour les funérailles qui allait retenir l’attention de différents médias.

La mère affirme que la famille est bouleversée. Rien qu’hier, avec les nouvelles qui sont sorties, ça a pris une heure, tout le monde était ici, on a arrêté de travailler, d’aller à l’école. C’était un choc pour toute la famille, d'entendre son nom et de voir les allégations sortir au grand jour, raconte Karyne Levesque.

Karyne Levesque, souriante, porte une robe verte.

La mère de Marylène, Karyne Levesque

Photo : Léïla Guay Photographie

Mais pourtant, tout le monde me dit que c'est une erreur, qu'il n'aurait jamais dû se retrouver avec elle. Il faut des réponses à ça, poursuit-elle lors d'un entretien au téléphone.

331 $ remis plusieurs mois après

La campagne de sociofinancement a monopolisé l'attention parce que le surplus des dons récoltés devait être remis à l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) par Max Lance, un ami de Marylène responsable de la campagne de financement.

Ce n'est que mercredi après-midi que l’association a confirmé avoir finalement reçu un don de 331 $, sur un total amassé de 17 000 $ lors de la campagne de sociofinancement.

Max Lance n’a jamais répondu à nos nombreuses demandes d’entrevues, mais Radio-Canada est en mesure de confirmer qu’un montant de 10 000 $ a été payé au salon funéraire.

Le site de la campagne de sociofinancement, maintenant fermé, se gardait aussi une part. Des frais de gestion, à raison de 65 heures, ont aussi été alloués au gestionnaire de la campagne, ainsi qu'un montant de 1700 $ pour l'achat de cosmétiques et frais d'esthétique.

Les proches de Marylène avec qui nous avons parlé admettent qu’ils auraient aimé qu’un plus grand montant d’argent soit remis à l’AFPAD, mais ils ne souhaitent pas faire plus de commentaires sur la situation.

Des ballons à l'hélium dans les airs, en forme de bouteille de champagne et de licorne. On voit le visage de personnes heureuses dans le bas de la photo. C'est l'été, le jour, à l'extérieur.

Des membres de la famille et des proches se sont rassemblés le 13 juin pour souligner l'anniversaire de Marylène.

Photo : Léïla Guay Photographie

Sa mère veut surtout se souvenir de l’élan de générosité des Québécois observé à la suite de la mort de la jeune femme de 22 ans.

On a reçu le traiteur en dons, les urnes, le cercueil, les fleurs. Autant on avait vécu le pire de l’humain, et autant, de l’autre côté, la famille a pu voir cette générosité incroyable, soutient-elle.

Éviter le pire

Karyne Levesque souligne que la famille de Marylène à Jonquière est encore plus proche depuis le drame. On a son conjoint, Gabriel Truchon, il l’aimait tellement, et son père adoptif, François Goulet, ses deux meilleures amies, Laurie Savard et Claudia Boivin, et moi. On forme une famille et on se tient.

Marylène a aussi un frère et une soeur plus jeunes.

« Tous les soirs à 6 h 30, le téléphone ne sonne plus comme à tous les soirs, comme elle le faisait avant, pour savoir comment on allait. Tu ne vis pas durant ce deuil, tu survis. Et c’est dans un tsunami immense. »

— Une citation de  Karyne Levesque

Les souvenirs de sa fille continuent de se bousculer dans sa tête. Pour aider à y voir clair, Karyne Levesque souhaite que l’enquête du Comité permanent de la sécurité publique et nationale (SECU) ainsi que celle de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) avec le Service correctionnel du Canada (SCC) se poursuivent rapidement.

Deux jeunes femmes une à côté de l'autre, souriantes.

Claudia Boivin et Marylène Levesque

Photo : remise par la famille

Le sentiment est le même pour Claudia Boivin, une des meilleures amies de Marylène. Ça fait sept mois et demi que Marylène est décédée, ça fait six mois qu’on attend que l’enquête nous donne des réponses. Il y en a peut-être d’autres criminels qui peuvent se rendre dans d’autres salons de massage, et d’autres femmes qui ne savent pas. Nous, on veut que ça avance le plus vite possible, pour nous permettre de faire notre deuil, confie-t-elle.

« On va faire bouger les choses. Ton nom va rester et ton passage aussi. On veut juste des réponses. On est dans le néant. »

— Une citation de  Claudia Boivin

Il est insensé, selon elle, qu’Eustachio Gallese, reconnu coupable pour le meurtre de sa femme, Chantal Deschênes, survenu en 2004, ait pu retrouver un semblant de liberté sans être accompagné et sans être réprimandé s’il voyait des femmes.

Les membres du comité SECU pourraient choisir de reprendre l’enquête sur la mort de Marylène après le début de la session parlementaire, le 23 septembre, à Ottawa.

L’autre enquête, celle de la CLCC et du SCC, reprendra le 8 septembre. Le rapport devrait être soumis à l'automne.

Avec la collaboration de Pierre-Alexandre Bolduc

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