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PCU : le nombre de fraudes signalées a doublé en un mois

Une main sur une souris d’ordinateur.

La Prestation canadienne d’urgence (PCU), imposable, permet d’offrir un montant de 2000 $ par mois aux travailleurs qui ont perdu leur revenu à cause de la pandémie de COVID‑19.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Paul Couture

Le programme de Prestation canadienne d’urgence (PCU) est devenu une manne pour les fraudeurs. Radio-Canada a appris que les signalements ont doublé depuis la fin du mois de juillet. Selon le Centre antifraude du Canada (CAC), ils sont passés de plus de 1300 à la fin juillet à près de 2600 au mois d’août.

L’officier responsable du CAC, le sergent Guy Paul Larocque, estime que le public est de plus en plus sensibilisé à la question. Les gens sont plus au courant de ce qui se passe, et ils vont être plus enclins à faire des signalements, dit-il.

Il est aujourd’hui possible de demander jusqu’à 12 000 $ de PCU. Alors que celle-ci tire à sa fin, les escrocs veulent maintenant en tirer avantage, selon David Décary-Hétu, professeur agrégé à l’École de criminologie de l’Université de Montréal.

Les fraudeurs vont être très intéressés à s’y attaquer avant qu’on ferme le programme, dit-il. Aussi, à mesure que le temps passe, les sommes sont de plus en plus importantes.

De nombreux Québécois visés

Près de 37 % des cas de fraudes déclarées à la PCU impliquent des Québécois. Il y a eu différents bris de données au Québec qui font en sorte que les fraudeurs ont eu accès à plusieurs informations personnelles, rappelle le sergent Larocque.

Si les chiffres des fraudes signalées ont doublé depuis le mois dernier, ils représentent néanmoins une infime partie des cas réels. Des données statistiques nous suggèrent que c’est de 0,5 à 1 % des fraudes qui nous sont transmises, ajoute-t-il.

Viviane Sirois fait partie de ces Québécois qui n’ont pas signalé la fraude dont ils ont été victimes. Cet été, des délinquants ont fait trois demandes de PCU à son insu.

Je ne savais pas quoi faire avec ça, dit-elle. J’étais un peu choquée. Je n’ai pas le temps de m’occuper de ça. Déjà, dans la situation que l’on vit, c’était vraiment de trop. Je suis aussi inquiète du fait que si j’ai besoin de la PCU prochainement, je fais ma demande comment?

Des peines peu dissuasives

Le directeur du Centre canadien d’excellence en anticorruption, Patrice Poitevin, avance que les peines de prison sont loin de dissuader les fraudeurs, même si le fédéral compte serrer la vis.

Les peines sont très basses pour les crimes à col blanc, dénonce-t-il. C’est un incitatif pour eux. Le profit est énorme et la chance d’être attrapé par les autorités est faible. Vous avez une formule pour que les organisations criminelles en prennent avantage.

La prestation est offerte jusqu’au 3 octobre, et les Canadiens ont jusqu’au 2 décembre pour en faire la demande.

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