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Quand Dorian empêche de prendre la mer, un an plus tard

Eudore Gaudet devant son voilier aux Îles-de-la-Madeleine.

Eudore Gaudet se souvient de la nuit du 7 au 8 septembre 2019, où Dorian frappait de plein fouet les Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Serge Boudreau

Jennifer Boudreau

C'est la gorge serrée que le Madelinot Eudore Gaudet se remémore la nuit du 7 au 8 septembre 2019. Ce soir-là, la tempête post-tropicale frappait de plein fouet l'archipel, laissant derrière elle des scènes aux allures apocalyptiques.

Tout ça a commencé le samedi soir, alors que Dorian s'intensifiait aux Îles-de-la-Madeleine.

Ce n'est pas vraiment de beaux souvenirs, mais on a été chanceux.

Eudore Gaudet

Eudore Gaudet, mordu de voile depuis 40 ans, décide de se rendre à l'intérieur de son voilier, qui était amarré au quai du site historique de La Grave, pour limiter de possibles dégâts sur son embarcation.

C'est alors qu'une partie du quai se détache au vent. Une quinzaine de bateaux s'envolent au large avec lui. Y compris celui d'Eudore Gaudet.

Des bateaux emportés par le vent de Dorian aux Iles-de-la-Madeleine.

Des bateaux emportés par le vent de Dorian aux Îles-de-la-Madeleine (archives).

Photo : Radio-Canada

Un moment donné, les quais sont partis, moi j'étais dans mon bateau. On a réussi à ''jumper'' sur le quai in extremis. Après ça c'était ''black-out'' partout sur La Grave.

Eudore Gaudet

On était inquiets, à courir et arriver au bout du quai, il n'y avait plus de quai! On a enregistré des vents autour de 130 et 135 km/h, là-dedans. Moi, c'est sûr que si je sortais de mon bateau, j'étais parti à l'eau. On était deux, on s'est tenus, raconte-t-il.

Il tente, en vain, de repérer les bateaux, mais voyant qu'il est impossible de les sauver, il rentre chez lui se mettre à l'abri.

C'est le lendemain matin, au lever du soleil, qu'Eudore Gaudet a réalisé l'ampleur des dégâts. Son voilier et plusieurs autres s'étaient retrouvés entassés les uns sur les autres, couchés à 45 degrés, environ 200 m plus loin.

Les dommages sur son bateau se sont élevés à 25 000 $.

Un voilier est endommagé à la suite du passage de Dorian, aux Îles-de-la-Madeleine.

Un voilier est endommagé à la suite du passage de Dorian, aux Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Eudore Gaudet

Les bateaux sont restés-là pendant presque deux semaines. Ça prenait les responsables de l'environnement pour avoir des grues pour essayer de sortir nos bateaux et de faire du remplissage. Les procédures ont été longues [...], on était comme impuissants à travers ça.

Les assurances ont couvert ses dommages, mais avec la pandémie, il n'a toujours pas réussi à obtenir toutes les pièces nécessaires à la réparation de son embarcation.

Cet été fut donc, pour lui, le premier sans mettre son voilier à l'eau.

Mai-juin, j'ai dit : "Regarde Eudore, cette année, tu passes ton tour. Tu ne fais pas de voile, pas de bateau."

Eudore Gaudet

J'en ai profité pour faire de belles activités autour de la maison. Des travaux [pour lesquels] on avait été négligents les dernières années à tout le temps faire de la voile, mais là, cette année, ça m'a permis de faire mes affaires, planter des fleurs, des carottes, peinturer ma maison. Travailler sur le cul-pointu là, le projet collectif qu'on avait avec des amis, explique-t-il.

Le marin des Îles garantit cependant que son voilier sera à l'eau en mai prochain.

J'ose espérer qu'il n'y aura pas d'autres tempêtes comme ça au mois de septembre, mais est-ce qu'on va être obligés de monter nos bateaux plus tôt et d'avoir des stratégies différentes pour la prochaine fois où il y aura un gros coup de vent comme ça, se demande-t-il.

Érosion des berges aux Îles-de-la-Madeleine.

En raison des assauts répétés des vagues et du vent, les berges des Îles-de-la-Madeleine continuent à s'éroder.

Photo : Radio-Canada / Serge Boudreau

L'année prochaine, j'aimerais le mettre à l'eau plus tôt et faire un voyage dans le golfe en juin-juillet puis revenir aux Îles en août, dit-il.

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