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Les tests positifs à la COVID-19 entreposés à Saguenay

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Un microbiologiste montre une boîte contenant des dizaines d'échantillons.

Chaque congélateur peut contenir de 20 000 à 60 0000 échantillons biologiques à la biobanque de Génome Québec et du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Depuis quelques mois, il y a un peu de tous les Québécois déclarés positifs à la COVID-19 à Saguenay. Les milliers de prélèvements se retrouvent tous à un seul et même endroit : dans une vaste biobanque où l'on répertorie l’histoire biologique du Québec.

La biobanque de Génome Québec, adjacente à l’hôpital de Chicoutimi, est comme une grande bibliothèque biologique. Au lieu des étagères de livres, on y trouve des congélateurs d’échantillons en éprouvettes. Des millions d’échantillons à travers lesquels sont entreposés les tests positifs de COVID-19 de tout le Québec.

On reçoit les cas positifs de toute la province qu’on gère dans nos congélateurs à -80 degrés Celsius.

Steve Arsenault, directeur des opérations à la biobanque de Génome Québec et du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean
Steve Arsenault dans le laboratoire de la biobanque.

Steve Arsenault est directeur des opérations de la biobanque Génome Québec et du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Les dizaines de milliers de prélèvements de COVID-19 ont tous été conservés depuis le début de la pandémie. Les cellules congelées maintenant entreposées dans la biobanque pourront éventuellement servir aux chercheurs qui en feront la demande.

Des éprouvettes en sécurité

Le grand laboratoire a des allures de coffre-fort alors que le mécanisme d’accès requiert une empreinte digitale en plus d’une carte magnétique.

Un membre du personnel place un doigt sur le lecteur biométrique près de la porte d'entrée de la biobanque.

L'accès à la biobanque de Génome Québec requiert une identification biométrique.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

D’une pression de l’index, le microbiologiste Daniel Rivard ouvre la porte vers des gigantesques bonbonnes d’azote liquide et une trentaine de congélateurs ultrapuissants qui servent à préserver plus de 15 millions d’échantillons biologiques de toutes sortes depuis 2008.

Zone verte, zone jaune, zone rouge. Rien n’est laissé au hasard, malgré la congélation des échantillons à des températures allant de -80 à -190 degrés Celsius qui les rend pratiquement inoffensifs. Même les concierges sont formés spécifiquement pour éviter une quelconque contamination.

Tous ces aspects font du laboratoire le meilleur endroit pour envoyer les dizaines de milliers d’échantillons de COVID-19.

Quatre bonbonnes installées dans le laboratoire de la biobanque.

Des échantillons biologiques sont congelés à -120 degrés Celsius dans des bonbonnes d'azote liquide.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Ce n'est pas pour avoir des informations sur la personne, c'est pour avoir des informations sur le virus, c'est comme ça qu'on va avancer et être capable de connaître notre ennemi. En pouvant le séquencer, voir comment il a évolué, voir les différences, en gros c'est pour ça qu'on va les conserver, précise M. Rivard, qui est aussi le directeur de l’assurance qualité et de la logistique.

Tous les hôpitaux du Québec envoient donc les tests positifs à la COVID-19 vers le Saguenay, où des experts en font l’inventaire et le classement.

Ce sont des échantillons qui ont été prélevés dans un contexte particulier, ça s'est organisé très rapidement et pas nécessairement uniformément à travers les hôpitaux, alors on essaie de réuniformiser ça, de les transférer dans les contenants appropriés, un peu à l'image d'une bibliothèque pour qu'on puisse facilement les retrouver quand ils sont réquisitionnés pour un projet de recherche quelconque, explique le directeur des opérations, Steve Arsenault.

Du projet à la réalité

Génome Québec et le Fonds de recherche du Québec ont annoncé la création de la biobanque québécoise de la COVID-19 au printemps.

La disponibilité de matériel biologique humain d’excellente qualité et bien documenté est essentielle pour améliorer la compréhension de la COVID-19 et stimuler le développement de nouvelles options thérapeutiques incluant le développement et suivi des vaccins, peut-on lire sur le site web de la biobanque de la COVID-19.

Une technicienne numérise le code d'une éprouvette.

Le personnel de laboratoire doit faire l'inventaire de tous les échantillons de COVID-19 envoyés à la biobanque.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Le groupe Écogène 21, un organisme à but non lucratif spécialisé dans la recherche clinique à Saguenay, a immédiatement levé la main pour fournir le personnel, l’équipement et les procédures nécessaires à sa mise en place dans l’enceinte de l’hôpital de Chicoutimi.

Les échantillons étaient accumulés dans les hôpitaux du Québec depuis plusieurs semaines et les centres les ont envoyés tous en même temps. On a libéré des employés pour gérer les échantillons de façon sécuritaire, précise la directrice des opérations de la plateforme clinique chez Écogène 21, Diane Brisson.

Écrire l’histoire biologique

La préservation des échantillons est la priorité de la biobanque. Les congélateurs et autres équipements sont directement liés aux cellulaires du personnel de garde 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Nous, notre rôle, c'est d'assurer la meilleure qualité possible. Un bris dans la manipulation ou les équipements qui pourraient briser ces échantillons pourraient nuire aux résultats qu'on pourrait avoir avec les recherches, explique le microbiologiste Daniel Rivard.

Daniel Rivard est entouré de congélateurs dans la biobanque.

Daniel Rivard est microbiologiste et directeur de l'assurance qualité et de la logistique à la biobanque de Génome Québec.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Le contenu de la biobanque est conservé de façon à traverser les années et façonner l’avenir à travers l’histoire biologique du Québec.

Si la technologie change, on va pouvoir revenir faire des analyses sur les mêmes échantillons. C'est primordial pour la recherche de préserver les échantillons et de préserver la qualité, conclut Steve Arsenault.

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