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Une tarification simplifiée pour le transport en commun dans le Grand Montréal

Plus de 700 titres de transport collectif existent en ce moment sur le territoire; un vrai casse-tête pour les usagers.

Des personnes entrent par la porte arrière d'un autobus de la STM.

La refonte tarifaire proposée par l’ARTM est l’aboutissement de deux ans de travail, au cours desquels près de 4000 citoyens ont été entendus.

Photo : Radio-Canada / CATHERINE LEGAULT

Une grille tarifaire pour tous les usagers, un prix unique peu importe le mode de transport : l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a fait le ménage dans l’offre des différents services de transport en commun.

La proposition qu’on fait, c’est une simplification de la tarification pour l'accès au service de transports en commun dans la région de Montréal, résume Daniel Bergeron, directeur général, Planification des transports et mobilité, à l'ARTM.

Et simplification il devait y avoir. Le territoire couvert par l'ARTM va au-delà de celui de la Communauté métropolitaine de Montréal et comprend 91 municipalités. Au sein de celles-ci, l'Autorité a dénombré à ce jour plus de 700 titres de transport collectif différents.

Pour l’heure, les usagers dans toute la région métropolitaine doivent planifier leurs déplacements en fonction de 17 grilles tarifaires différentes.

Et cette tarification varie non seulement d'une municipalité à l'autre, mais aussi en fonction du mode de transport. Selon la zone dans laquelle vous vous trouvez – l'ARTM est découpée en huit zones –, le prix pourrait aussi changer. Ajoutez à cela le fait que les tarifs sont aussi différents pour le transport adapté.

L’ARTM voulait rendre le tout plus cohérent, explique M. Bergeron. L'agence para-municipale lancera des consultations publiques à l'automne, où elle proposera son plan de refonte tarifaire sur lequel elle planche depuis deux ans.

Sa solution : une seule grille tarifaire, qui comprend non plus huit zones, mais bien quatre, et qui s'applique au transport régulier comme au transport adapté.

Pour chaque zone, l'ARTM suggère d'établir un seul prix pour l’accès à tous les modes de transport en commun : autobus, métro, train, transport adapté, et éventuellement le REM [Réseau express métropolitain], détaille Daniel Bergeron.

Une carte des zones du projet de refonte tarifaire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'Autorité régionale de transport métropolitain propose de diminuer de moitié le nombre de zones, et donc de découper le territoire en quatre plutôt qu'en huit.

Photo : Courtoisie : ARTM

La priorité des priorités, c'était de simplifier et d'harmoniser les tarifs dans les parties nord et sud de la couronne de Montréal, qui comptent pour l'instant 11 organismes de transport différents, explique en substance M. Bergeron. C'est là où le besoin est le plus criant, souligne-t-il.

L'Autorité propose de réunir les municipalités des deux couronnes au sein de la zone 3. Les zones 1, 2 et 4 sont respectivement circonscrites à l'agglomération de Montréal, à la Ville de Laval et à l'agglomération de Longueuil ainsi qu'aux municipalités hors territoire de l'ARTM.

Ainsi, un citoyen de Montréal qui devra payer 88,50 $ pour sa passe mensuelle, en date du 1er octobre 2020, débourserait plutôt 90 $ en vertu de la refonte tarifaire. Cette nouvelle passe lui donnerait accès aux nouvelles stations du REM et aux services de train de banlieue, précise Daniel Bergeron.

Pour les usagers qui ont l'habitude d'emprunter le transport collectif de Longueuil ou de Laval pour se rendre à Montréal, le prix proposé serait de 144 $ par mois, soit l'équivalent du coût de l'abonnement mensuel à la TRAM 3.

L'ARTM dit avoir fait une moyenne des prix dans les nouvelles zones définies afin de fixer ces tarifs. On a essayé, dans la mesure du possible, de s’arrimer aux tarifs existants, indique le directeur général.

On réussit à intégrer l’utilisation du REM avec les tarifs qu’on propose et qui existent déjà, ajoute-t-il.

Des gagnants et des perdants

Le redécoupage des zones tarifaires fera des heureux, selon l'Autorité régionale de transport métropolitain.

Daniel Bergeron donne en exemple le cas d'un citoyen de Saint-Bruno-de-Montarville, qui se trouve à l'heure actuelle dans la zone 5, soit une zone distincte de celle dans laquelle figure Longueuil. Après avoir reçu de nombreux commentaires à ce sujet, l'ARTM a jugé bon de regrouper Saint-Bruno-de-Montarville et Longueuil dans une seule et même zone.

Ce citoyen passerait d’un tarif de 176 $ par mois à 144 $ par mois pour se déplacer de la Rive-Sud vers le centre-ville. Et pour se déplacer à l’intérieur de l’agglomération, ce serait le même prix qu’actuellement, soit 100 $, illustre-t-il.

Les gagnants et les nouveaux perdants des nouveaux tarifs

Or, d'autres citoyens pourraient y perdre au change. À Brossard par exemple, les citoyens qui prennent l'autobus pour se rendre au centre-ville de Montréal paieront, à compter d'octobre, 102 $ par mois. Selon la proposition de l'ARTM, le prix passerait toutefois à 144 $.

C'est moins la refonte tarifaire qui explique ça que le déploiement d'un service du REM, donc de type métro, sur la Rive-Sud, explique M. Bergeron. On établit la parité par rapport à ce que les autres gens de la Rive-Sud paient actuellement avec le métro, à savoir 144 $ par mois.

Un nouveau titre de transport Bus partout

L'Autorité régionale de transport métropolitain propose aussi l'implantation d'un nouveau titre mensuel qui permettrait à un usager qui ne dépend que du transport en autobus d'avoir accès à ce service partout sur le territoire, peu importe la zone tarifaire. Le coût de cette passe est évalué à 110 $ par mois.

Le prix du billet unitaire pour passer d'une zone à l'autre fait quant à lui l'objet de discussions, indique-t-on du côté de l'ARTM. Le tarif pour un passage à l'intérieur d'une zone est fixé à 3,50 $.

Un ménage dans la tarification du transport en commun

Une implantation graduelle

Encore faut-il que la population reçoive positivement cette proposition de refonte, note Daniel Bergeron.

L'Autorité régionale de transport métropolitain aura l'occasion d'entendre les citoyens et les organismes lors de consultations publiques qui auront lieu du 4 au 18 octobre prochain.

Son rapport devrait voir le jour en décembre, et si rien ne vient bousculer l’échéancier, les premières transformations pourraient être intégrées au réseau à compter du 1er juillet 2021.

M. Bergeron estime que la totalité du plan de refonte sera graduellement implantée jusqu’en 2024. On souhaite y aller par étapes, pour que ça se fasse en douceur pour tous, a-t-il assuré.

À noter que les chiffres avancés par l'ARTM se basent sur des prévisions pré-COVID. Même si la pandémie a fortement perturbé les habitudes de transport des usagers – ce qui a provoqué une baisse de l'achalandage et donc des revenus tarifaires –, Daniel Bergeron affirme qu'une intervention sur les tarifs ne figure pas, pour l’instant, dans les plans de l'ARTM.

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