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Transport aérien régional : quels scénarios sont sur la table?

La piste principale de l'aéroport de Mont-Joli sans avion

À l'aéroport de Mont-Joli comme ailleurs, la décision d'Air Canada de suspendre 30 liaisons régionales a laissé un vide à combler.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

L'annonce du retrait d'Air Canada des régions québécoises, le 30 juin dernier, a incité plusieurs intervenants à proposer de nouveaux modèles afin de repenser le transport aérien régional au Québec. Pour s'y retrouver, voici un tour d'horizon des scénarios rendus publics jusqu'à maintenant.

Une vingtaine de mémoires auraient été déposés au bureau du ministre des Transports, François  Bonnardel.

Or, seulement une poignée de ces scénarios sont connus du public.

Régionair

La Régie intermunicipale de l'Aéroport régional de Mont-Joli a été l'une des premières à présenter un nouveau modèle de dessertes aériennes régionales.

Le projet Régionair veut que toutes les municipalités et MRC qui le souhaitent puissent s'y joindre afin d'octroyer des contrats de service aux transporteurs existants pour offrir des vols quotidiens entre Montréal, Québec et plusieurs destinations de l'Est-du-Québec, incluant les Îles-de-la-Madeleine.

Carte avec liaisons aériennes entre Gaspé, Mont-Joli, les Îles, Sept-Îles, Baie-Comeau, Québec et Montréal.

Liaisons projetées par Régionair

Photo : Radio-Canada

Ces vols feraient escale à l'aéroport de Mont-Joli, qui serait donc desservi par deux vols quotidiens. Le coût estimé pour un aller-retour Gaspé-Montréal est de 746 $.

Le président de la Régie intermunicipale de l'Aéroport de Mont-Joli, Bruno Paradis, estime que Régionair représente une alternative à la subvention directe d'un transporteur aérien par Québec. Le projet nécessite toutefois une aide de 20 millions de dollars de Québec pour lui permettre d'atteindre la rentabilité après trois ans d'activités.

Un autre modèle d'appel d'offres

Quatre organisations se sont unies pour proposer à leur tour un modèle basé sur l’attribution de contrats à un transporteur existant selon le principe d'appel d'offres public.

Il s'agit de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), de la Fédération des chambres du commerce du Québec (FCCQ), de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ) et du Conseil du patronat du Québec (CPQ).

Selon ce modèle de libre marché semi-contrôlé, un seul transporteur obtiendrait un contrat de quelques années par liaison.

Il serait encadré par un organisme de gestion, sous forme de coopérative ou de régie, administré par un conseil d’administration formé d’élus municipaux, de membres de l’industrie et d’experts sectoriels, qui serait notamment responsable de fixer les prix et les liaisons offertes.

Le président du comité sur le transport aérien de l’UMQ, Daniel Côté, reconnaît que ce scénario est similaire à celui proposé par Régionair.

Treq

Au Saguenay, une demande officielle a été déposée pour créer la coopérative Treq et des discussions sont déjà en cours pour la location d’avions de type Q400 pouvant accueillir environ 76 passagers. Une campagne de recrutement de membres au coût de 10 $ est également en préparation.

Un appareil Q400 de Bombardier

Les fondateurs de la coopérative Treq affirment avoir réservé cinq appareils Bombardier Q400.

Photo : La Presse canadienne / Aaron Vincent Elkaim

La coopérative, lancée par le président de l'aéroport international de Mont-Tremblant, Serge Larivière, et le président de l'Hôtel Chicoutimi, Éric Larouche, serait administrée par divers élus et organismes régionaux, comme des chambres de commerce.

Un aller-retour Gaspé-Québec serait offert à 318 $ taxes incluses. Les fondateurs de Treq expliquent que c'est la capacité d'accueil plus importante des avions choisis qui permet d'offrir des prix aussi bas.

La coopérative a déjà reçu l'appui de Québec solidaire et du maire de Sept-Îles, Réjean Porlier.

Treq, tout comme les deux autres projets présentés ci-haut, prévoit une collaboration avec d'autres transporteurs pour assurer des liaisons ailleurs au pays ou à l'international.

Une structure en format « public-privé »

De son côté, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) propose la création d'une structure qui regrouperait l'État québécois, les municipalités, et les transporteurs aériens, afin de mettre en commun les services les plus coûteux pour les transporteurs, comme la mise en marché et la vente de billets.

Cette mutualisation des frais fixes permettrait ainsi de réduire le prix des billets d'avion tout en permettant une libre concurrence entre les entreprises, souligne le président du comité sur le transport aérien de la FQM, Jonathan Lapierre.

L'objectif est également de créer une plateforme réunissant toutes les destinations et tous les transporteurs, afin que les clients puissent y acheter, par exemple, un seul billet d'avion pour se rendre des Îles-de-la-Madeleine à Paris, même si le trajet implique plus d'un transporteur.

Un avion de Pascan Aviation, sur une piste, attend le signal du marshaller.

Le transporteur Pascan Aviation se dit ouvert à bonifier son offre en région afin de remédier au retrait d'Air Canada.

Photo : Radio-Canada / Alexandra Duval

M. Lapierre ajoute qu'aucun appel d'offres ou monopole ne viendrait limiter les liaisons que peuvent offrir les transporteurs aériens.

La forme exacte de la structure reste à déterminer, de même que la part d'investissement de chaque partie.

Bonification des offres existantes

Plusieurs petits transporteurs aériens ont par ailleurs signifié leur intérêt, à certaines conditions, à bonifier leur offre afin de pallier l'absence d'Air Canada.

C'est notamment le cas de Pascan Aviation, qui a d'ailleurs effectué un premier vol Gaspé-Québec le 17 août dernier, d'Air Creebec, d'Air Liaison et de PAL Airlines.

Enfin, d'autres mémoires proposeraient de subventionner certaines liaisons jugées essentielles, selon le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau. Mardi à l'Assemblée nationale, il a mentionné que l'option de créer un nouveau transporteur était aussi sur la table.

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