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Entente pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien malgré la pression américaine

Téhéran a autorisé l’Agence internationale de l’énergie atomique à inspecter deux sites.

Abbas Araqchi et Helga Schmid, masqués, sont assis à une table de conférence de presse.

Le grand négociateur du dossier nucléaire iranien, Abbas Araqchi, et Helga Schmid, la représentante de l'Union européenne, lors de la rencontre des signataires de l'accord à Vienne, mardi.

Photo : via reuters / EUROPEAN COMMISION

Agence France-Presse

Les signataires de l'accord sur le nucléaire iranien ont réitéré mardi à Vienne, lors d'une réunion, leur volonté de le sauver, et la Chine a dénoncé les efforts américains pour rétablir les sanctions et prolonger l'embargo sur les armes visant Téhéran.

L'Iran, la Chine et l'Europe sont unis dans leur détermination à préserver l'accord iranien [...] malgré les difficultés actuelles, a écrit sur Twitter la diplomate représentant l'Union européenne, Helga Schmid, à la sortie de cette rencontre, qu'elle présidait et qui s'est achevée en milieu d'après-midi.

L'accord de 2015 offre à l'Iran la levée d'une partie des sanctions internationales en échange de garanties prouvant la nature exclusivement civile de son programme nucléaire.

En 2018, les États-Unis s'en sont retirés et ont rétabli des sanctions unilatérales. En riposte, Téhéran a accéléré sa production d'uranium en violation de ses engagements.

Le 21 août, Washington, qui souhaite également prolonger l'embargo sur les armes expirant en octobre, a tenté de rétablir d'autres sanctions, celles votées à l'ONU, mais s'est immédiatement heurté au refus de ses alliés européens.

Pompeo fustige Paris, Londres et Berlin

Le ton est alors monté comme rarement entre les deux rives de l'Atlantique, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, allant jusqu'à accuser la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne d'avoir choisi de s'aligner sur les ayatollahs.

Nous restons attachés à l'accord, a tranché le diplomate chinois Fu Cong devant des journalistes, mardi à Vienne, en quittant l'hôtel où se tenait la réunion.

Nous faisons tout ce qui est possible, main dans la main avec toute la communauté internationale, pour faire échouer la tentative américaine de le tuer. Les États-Unis se moquent du droit international et cela ne devrait pas être permis, a-t-il ajouté.

Dans ce contexte de pression américaine maximale, les Iraniens, les Européens, les Russes et les Chinois ont affiché leur cohésion retrouvée mardi.

Cette dernière avait souffert d'un manque de coopération de Téhéran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'organisme onusien chargé de contrôler les activités nucléaires de l'Iran.

Reprise des inspections de l’AIEA

Depuis des mois, l'AIEA réclamait de pouvoir pénétrer au sein de deux sites iraniens pour y mener des contrôles et l'Iran refusait, ce qui rendait le soutien des Européens de moins en moins tenable.

Mercredi, l'Iran a fini par donner son feu vert, se plaçant globalement en phase avec le reste du monde alors que les États-Unis paraissent isolés, estime Mark Fitzpatrick, de l'International Institute for Strategic Studies.

Mais l'Iran a affirmé début janvier qu'il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite sur le nombre de ses centrifugeuses, et les activités nucléaires de l'Iran restent une source de préoccupation majeure, estime Mark Fitzpatrick.

Mardi, les grandes puissances ont rappelé la République islamique à ses engagements. L'Iran doit vraiment revenir à une conformité totale, a estimé le diplomate chinois Fu Cong.

Téhéran exige des avantages « significatifs »

À la suite de l'autorisation accordée par Téhéran mercredi, les inspecteurs de l'AIEA devraient rapidement pouvoir procéder à des prélèvements dans les deux sites où ils souhaitent aller.

Selon un diplomate interrogé par l'AFP, il faudra trois mois pour avoir les résultats d'échantillons. Cela risque à ce moment-là d'être problématique avec les Iraniens, a-t-il expliqué.

Pour la Chine, il faut aussi que les Iraniens puissent retirer des avantages économiques s'ils font des concessions. Les États-Unis ne reculent devant rien pour tenter de saboter les efforts d'autres pays qui veulent faciliter les échanges commerciaux avec Téhéran, a dit le diplomate représentant Pékin mardi.

À la mi-février, Téhéran s'était dit disposé à annuler en tout ou en partie des mesures prises pour se désengager de l'accord, seulement si l'Europe lui assurait en échange des avantages économiques significatifs.

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