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Les crèmes solaires sont aussi un fléau pour les écosystèmes d’eau douce

Quelqu'un s'applique de la crème solaire sur les jambes.

Les ingrédients censés lutter contre les UVA sont mortels pour de petites puces qui vivent dans les étendues d'eau douce.

Photo : iStock

Selon une étude albertaine, des composés chimiques que l’on retrouve dans de nombreuses crèmes solaires sont mortels pour de petits crustacés qui vivent dans des étendues d’eau douce.

Une nouvelle étude conduite par des biologistes de l'Université de l'Alberta montre que la plupart des crèmes solaires sont destructrices pour les petites puces qui peuplent les étendues d'eau douce.

Les responsables sont des filtres ultraviolets (UVA) : l’avobenzone, l’oxybenzone, et l’octocrylene. Des substances relâchées dans l’eau quand une personne qui s’est enduite de crème solaire se baigne.

C’est vraiment préoccupant pour l’environnement, dit Aaron Boyd, étudiant au département de sciences biologiques de l'Université de l'Alberta et auteur principal de l’étude.

Même si cela n'est un secret pour personne que la plupart des crèmes solaires contiennent des ingrédients chimiques nocifs pour l'environnement, et particulièrement pour les récifs coralliens, Aaron Boyd et son équipe ne s’attendaient pas à ce que ces substances soient aussi létales pour les daphnia magna, un crustacé planctonique mesurant entre 1,5 et 5 mm.

Ce qui a été le plus surprenant, selon l’étudiant, c'est que les crustacés meurent même s'ils cessent d'être exposés aux composés chimiques.

Les concentrations élevées de ces produits chimiques qui traînent près des usines de transport des eaux usées sont mortelles pour ces petits organismes, même environ sept jours après qu'ils ne sont plus exposés, déplore-t-il.

À des concentrations plus réduites, similaires à ce que l’on peut trouver dans l’eau après le passage de baigneurs portant de la crème solaire, cela sera létal pour ces crustacés jusqu’à dix jours après l’exposition.

Des écosystèmes entiers menacés

Son étude, menée avec un étudiant en maîtrise et sous la supervision de deux professeurs de l’Université de l’Alberta, se base sur des tests en laboratoire et sur des études précédentes faites sur des zones côtières des États-Unis, où les plages sont populaires.

Aaron Boyd affirme que, si ces petits crustacés meurent, c'est tout un écosystème qui se retrouve en péril. Si les puces meurent toutes à force d'être exposées, des animaux plus gros comme des poissons n'auront plus de nourriture et nous allons voir leur population décroître, prédit le chercheur. Il s’inquiète d’un dérèglement complet de la chaîne alimentaire.

Tout n’est cependant pas perdu, selon les conclusions d’Aaron Boyd. Ces produits chimiques ont une durée de vie limitée dans l’environnement. Alors si on enlève la source de pollution, il y a de bonnes chances pour que les organismes vivants s’en remettent, croit-il.

Pour comprendre davantage l'étendue des répercussions de ces substances chimiques sur les organismes vivants, Aaron Boyd espère pouvoir partir collecter des échantillons l'été prochain ici et en Europe.

Dans le monde, pour lutter contre l'effet nocif de composés chimiques dans l’eau, la résistance commence à s’organiser. En 2018, l’État américain de Hawaï avait décidé de bannir certaines crèmes solaires de ses plages. D’autres îles à l'écosystème fragile ont pris la même décision, c’est notamment le cas de l’archipel des Palaos (Micronésie), d’Aruba et des îles Vierges.

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