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Un cours en ligne sur les perspectives autochtones attire des milliers d’étudiants

Le visage de Paul Gareau en gros plan.

Paul Gareau est professeur à la Faculté des études autochtones de l’Université de l’Alberta et responsable du cours Indigenous Canada.

Photo : Radio-Canada / Paul Gareau

Créé par l’Université de l’Alberta en 2017, le cours en ligne intitulé Indigenous Canada ne cesse de voir croître sa popularité. Le Métis et Fransaskois Paul Gareau, qui dirige la formation, espère notamment que le programme permettra de mettre à l’avant-scène l’histoire autochtone au Canada.

Le cours, qui est offert gratuitement à toutes les personnes désireuses de le suivre, compte 12 modules qui traitent de l’histoire et des enjeux contemporains du Canada à travers une perspective autochtone.

Mis sur pied par la Faculté des études autochtones de l’Université de l’Alberta en collaboration avec des membres de la communauté autochtone de l’Alberta, il aide les étudiants à mieux comprendre l’histoire autochtone.

Il s’agit d’un programme que Paul Gareau aurait bien aimé suivre lorsqu’il était jeune et qu’il habitait dans le petit village de Saint-Isidore-de-Bellevue, en Saskatchewan.

Si j’avais eu ce cours-là, j’aurais pu mieux parler de l’identité métisse.

Paul Gareau, professeur adjoint de la Faculté des études autochtones de l’Université de l’Alberta

Une popularité grandissante

En 2017, Coursera, un agrégateur de cours en ligne, indiquait qu'Indigenous Canada était la formation la plus populaire au pays. Et les inscriptions n’ont pas ralenti depuis, assure Paul Gareau, en ajoutant que la pandémie et le mouvement Black Lives Matter ont aussi contribué à l’intérêt grandissant des étudiants pour le programme.

Récemment, l’acteur Dan Levy, qui joue notamment dans l’émission Schitt's Creek sur les ondes de CBC, a donné un autre coup de pouce au programme lorsqu’il a invité ses milliers d’abonnés sur Twitter et ses millions d’abonnés sur Instagram à suivre le cours avec lui.

En une semaine, 50 000 nouvelles inscriptions ont été recensées.

L’acteur ne s’est toutefois pas arrêté là, puisque, chaque semaine, il rencontre à distance les professeurs Paul Gareau et Tracy Bear, afin que ces derniers répondent aux questions des étudiants sur les différents modules du cours.

Ça fait vraiment un beau spotlight sur la discipline des études autochtones, se réjouit Paul Gareau. On est la seule faculté d’études autochtones en Amérique du Nord.

Les professeurs et Dan Levy rient lors de leur rencontre sur la plateforme virtuelle Zoom.

Les professeurs Paul Gareau et Tracy Bear en discussion virtuelle avec Dan Levy.

Photo : Youtube

Les histoires passées sous silence

Dans sa jeunesse à Saint-Isidore-de-Bellevue, située à une centaine de kilomètres au nord de Saskatoon, la famille de Paul Gareau ne parlait pas de son identité métisse.

C’est le silence de grandir à Bellevue, les relations sont difficiles entre les communautés francophones et les communautés métisses. Et c’est de longue durée. Il y a beaucoup de travail à faire pour cette réconciliation, admet-il.

S’ils affichaient leur identité métisse, lui ont dit les membres de sa famille, ils se faisaient attaquer ou risquaient de perdre leur emploi.

L’histoire du racisme auquel Paul Gareau et ses proches ont dû faire face a engendré beaucoup de silence, soutient-il.

Ça fait rapport à une idéologie du colonialisme qui fait dire qu’on n’a pas besoin de savoir sur les études autochtones parce qu’ils ne sont pas là. Ils sont disparus ou s’ils sont là, ils sont des problèmes.

Paul Gareau, professeur adjoint de la Faculté des études autochtones de l’Université de l’Alberta

Changer les perceptions

Paul Gareau est très fier de tout le travail produit au sein de sa faculté pour traiter des questions autochtones et métisses au Canada.

Ça donne beaucoup à notre discipline, mais aussi à nos communautés comme Bellevue, Saint-Louis et Batoche pour retrouver les histoires qui se sont fait aplatir par les forces coloniales dans ce pays.

Paul Gareau, professeur adjoint de la Faculté des études autochtones de l’Université de l’Alberta

Le Fransaskois travaille d’ailleurs avec d’autres chercheurs comme Cindy Gaudet et Chantal Roy-Denis, originaires de la même région que lui, à propos de leurs ancêtres métis pour faire ressortir les histoires qui ont été oubliées.

Il pense aussi que le cours en ligne peut faire beaucoup de bien aux non-Autochtones.

Paul Gareau espère aussi changer la perception des gens envers les enjeux autochtones.

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