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Il y a 30 ans, le NPD formait le gouvernement en Ontario

L'animatrice Madeleine Poulin, de dos, discute avec Bob Rae dont l'image est diffusée dans un écran.

Le 6 septembre 1990, le chef du Nouveau Parti démocratique Bob Rae remporte les élections provinciales en Ontario.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 6 septembre 1990, les Ontariens élisent le Nouveau Parti démocratique et son chef Bob Rae aux commandes de la plus populeuse et riche province du Canada. Après cette victoire historique, les néo-démocrates ont dirigé l’Ontario jusqu’en 1995, comme le rappellent des reportages de Radio-Canada.

Une grosse surprise

C’est convaincant et c’est tout à fait inattendu, Bernard. On commençait à en parler il y a trois, quatre jours après la publication des derniers sondages […] C’est la première fois que les Ontariens se donnent un gouvernement NPD.

Céline Galipeau
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Téléjournal, 6 septembre 1990

Le 6 septembre 1990, la journaliste Céline Galipeau se trouve à Toronto, d’où elle analyse les résultats de l’élection provinciale en Ontario.

Elle confirme à l’animateur du Téléjournal Bernard Derome qu’il vient de se passer un événement historique à la fois très surprenant et convaincant.

À la surprise générale, le Nouveau Parti démocratique de l’Ontario et son chef Bob Rae viennent de vaincre le Parti libéral de l’Ontario, et son chef le premier ministre David Peterson, au pouvoir depuis cinq ans.

Ce n’est pas tout.

Les néo-démocrates disposeront d’une majorité avec 74 sur les 130 sièges que compte l’Assemblée législative ontarienne.

Pour la toute première fois de l’histoire de l’Ontario, il pourra mettre en application son programme à orientation sociale et égalitaire.

Comment explique-t-on cette défaite cinglante des troupes libérales de David Peterson?

Le premier ministre libéral avait déclenché le scrutin bien avant la fin des cinq années réglementaires d’un mandat normal.

Les électeurs ontariens ont vu de l’arrogance et des calculs politiques dans le geste de David Peterson et le lui ont fait payer.

Par ailleurs, bon nombre d'Ontariens digèrent mal la position de David Peterson dans le dossier de l’Accord constitutionnel du lac Meech.

Il s’était montré trop conciliant par rapport aux demandes du Québec, ce qui a déplu à beaucoup d’Ontariens.

Céline Galipeau et Bernard Derome soulignent aussi que l’élection du Nouveau Parti démocratique est un autre exemple du rejet des partis politiques traditionnels.

Les libéraux ontariens avaient remplacé les conservateurs, au pouvoir pendant des décennies, à Toronto.

Concluant à son inefficacité, les électeurs se sont par la suite détournés du Parti libéral et ont embrassé un parti qui possédait la vertu de n’avoir jamais gouverné.

Un facteur Bob Rae?

Un dernier élément a peut-être assuré la victoire des néo-démocrates : leur chef Bob Rae.

S’il dirige un parti considéré « socialiste et de gauche », Bob Rae ne fait pas trop peur au milieu des affaires.

Il vient d’une famille bourgeoise. Il a étudié dans de grandes écoles. C’est un bon orateur.

Il sait aussi… chanter!

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Séquences de tournage, 5 septembre 1990

Ces images tournées dans un bar de Toronto le 5 septembre 1990 à la veille de l’élection ontarienne nous le confirment.

Elles nous montrent Bob Rae interprétant une chanson qu’il semble avoir composée et qu'il a intitulée : Nous sommes dans le même bateau maintenant.

Les paroles de la chanson rappellent aux Ontariens qu’il faut être solidaires même si la houle fait tanguer le navire de la province.

Un mandat miné par les difficultés

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Le Point, 7 septembre 1990

Le 7 septembre 1990, Bob Rae accorde une entrevue à l’animatrice Madeleine Poulin de l’émission Le Point.

Le nouveau premier ministre de l’Ontario est clair.

Il veut insuffler une orientation sociale-démocrate à l’économie et à la société de l’Ontario tout en ne se mettant pas à dos le monde des affaires.

Il montre par ailleurs une ouverture aux revendications constitutionnelles de la province de Québec tout en souhaitant que le reste du Canada soit également écouté.

Il réitère par ailleurs son appui à la minorité linguistique franco-ontarienne.

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Le Point, 25 avril 1995

Mais le mandat néo-démocrate, comme le montre un reportage du journaliste Achille Michaud présenté à l’émission Le Point du 25 avril 1995, a connu plusieurs crises qui ont miné sa crédibilité.

Plusieurs mesures coûteuses, comme la loi sur l’équité salariale ou encore la hausse du salaire minimum, ont provoqué une franche hostilité du milieu des affaires.

Ces mesures arrivaient au même moment où l’économie ontarienne subissait une récession.

La tempête était énorme et a obligé le gouvernement Rae à prendre des décisions contraires à son orientation sociale-démocrate.

Le premier ministre Rae n’a pas pu par exemple tenir sa promesse de créer une assurance automobile en Ontario.

C’était pourtant un engagement très cher au cœur des militants néo-démocrates.

Il a également réduit dans les faits les salaires des fonctionnaires provinciaux et des enseignants.

Ajoutant l’insulte à l’injure, le gouvernement a fait passer cette mesure en suspendant le pouvoir de négociation syndical.

Ces gestes ont tout simplement enragé et démobilisé les militants et sympathisants néo-démocrates, qui ont abandonné le gouvernement Rae.

Le 8 juin 1995, le parti de Bob Rae est battu aux élections provinciales par le Parti progressiste-conservateur de Mike Harris.

Le nouveau premier ministre met aussitôt en place sa révolution du bon sens qui vise la réduction du rôle de l’État dans la province de l’Ontario.

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