•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les poussières de Daech : plaidoyer pour ces enfants coincés dans les camps de réfugiés

Une femme coiffée d'un bandeau rouge est habillée tout en noir. Elle est sur le point de prendre dans ses bras une fillette qui lui est tendue par une femme vêtue d'une burqa.

Leïla Sakhir, la sœur de Youssef, dans un camp de personnes réfugiées.

Photo : Télé-Québec

Radio-Canada

Trois ans après avoir documenté dans T’es où, Youssef? sa quête pour retrouver son ancien camarade de classe, parti grossir les rangs du groupe armé État islamique en Syrie, le journaliste Raed Hammoud livre un nouveau volet de celle-ci, intitulé Les poussières de Daech, où son aventure se mue en mission humanitaire.

À l’époque, Raed Hammoud avait dû convaincre la sœur de Youssef, Leïla Sakhir, de collaborer à T’es où Youssef, lauréat de quatre prix Gémeaux.

Mais cette suite est une volonté de Leïla Sakhir elle-même. C’est elle qui a contacté le journaliste après avoir appris la mort de son petit frère, selon ce que rapporte la chroniqueuse culturelle à Tout un matin, Eugénie Lépine-Blondeau.

J’avais raté ses appels, raconte Raed Hammoud en entrevue. J’ai dit au producteur, Mathieu : "Leïla m’a appelé deux fois, elle n’aurait pas insisté s'il n’y avait pas quelque chose." Le scénario que j’envisageais, c’était le retour de Youssef [au Canada], confie-t-il.

Jamais je ne me suis dit : “Ce gars-là va mourir.” Il avait traversé tellement de choses. Il n’arrêtait pas de dire qu’il voulait rentrer.

Raed Hammoud

Leïla Sakhir savait que l’équipe voulait travailler sur « l’après-T’es où, Youssef? ». Lorsqu’elle leur a annoncé la mort de son frère, elle leur a dit sur-le-champ : « Vous vouliez faire une suite, les gars? Eh bien, c’est maintenant qu’il faut la faire. Et je participe, je suis all in », cite Raed Hammoud.

Une quête humanitaire

La quête dans Les poussières de Daech, c’est de retrouver la fillette du défunt, âgée de presque deux ans, coincée dans un camp de réfugiés syrien.

La fillette serait officiellement citoyenne canadienne, mais son cas tomberait dans les mailles du filet, selon ce qu’a expliqué Eugénie Lépine-Blondeau sur les ondes d’ICI Première. Pour qu’elle soit rapatriée, il faut entre autres prouver aux autorités sa citoyenneté, un processus qui est loin d’être simple. En raison des difficultés qu'impliquent un voyage en Syrie, le tournage de cette suite a été éprouvant pour l'équipe, l'an dernier.

On perçoit dans Les poussières de Daech une quête bien personnelle, en raison de la charge émotive, dit Eugénie Lépine-Blondeau, en référence notamment à ce que vivait alors la sœur de Youssef.

C’est presque une quête humanitaire, explique la chroniqueuse culturelle, parce que le Canada refuse de rapatrier les ressortissants canadiens de ces camps de réfugiés.

Pas de point final à l’histoire

Eugénie Lépine-Blondeau souligne toutefois la bienveillance de Raed Hammoud. Ce dernier avoue qu’il est possible de percevoir un aspect de pamphlet politique à certains moments du film, mais explique que la mission de ce nouveau documentaire est de suivre le parcours de combattante de Leïla Sakhir, qui cherche à retrouver sa nièce.

Une femme et un homme regardent hors champ. Le décor qui s'offre derrière est à quelque part en Syrie.

Leïla Sakhir et Raed Hammoud

Photo : Télé-Québec

J’ai dit [à Leïla] : "Tu as bien fait d’y participer, parce que j’essayais chaque fois de ramener cette dose d’objectivité." Je déteste dire aux gens : "Vous devez penser ça." En même temps, sur ce sujet-là, quand tu fais toute la liste des intervenants, que tu vas voir des experts en sécurité, des experts en psychologie, spécialisés dans les traumatismes chez les enfants, et qu’ils te disent tous que la pire chose, c’est de les laisser là, ce n’est pas tant un documentaire politique qu’un documentaire qui a fait une analyse et qui arrive avec une conclusion qui [fait] consensus chez les experts, explique le journaliste.

Les poussières de Daech, c’est en somme une critique de l’inaction du gouvernement fédéral sur le sujet des ressortissantes et ressortissants canadiens coincés en Syrie. La conclusion n’est pas celle qu’on souhaite, avertit Eugénie Lépine-Blondeau.

Selon la chroniqueuse culturelle, c’est ce qui laisse présager une potentielle suite.

Et quelle est cette suite souhaitée par Raed Hammoud? Faire en sorte que ces filles et ces garçons, qui sont abandonnés, connaissent une vie plus heureuse que celle qu’ils vivent présentement dans les camps de personnes réfugiées. 

Pour la sortie de ce nouveau documentaire, Télé-Québec présentera ce mardi soir une rediffusion de T’es où Youssef?, à 20 h.

Les poussières de Daech sera présenté pour la première fois le lendemain, soit mercredi soir, à 20 h.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !