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À Kenosha, Trump assimile les manifestations à du « terrorisme intérieur »

Le président, les sourcils froncés, les bras croisés, est assis.

Donald Trump a participé mardi à une table ronde portant sur la sécurité dans la communauté de Kenosha.

Photo : AFP / MANDEL NGAN

Radio-Canada

Donald Trump a qualifié mardi les violentes manifestations qui ont secoué Kenosha de « terrorisme intérieur », lors d'une brève visite dans cette ville où les tensions demeurent vives, 10 jours après l’intervention policière qui a grièvement blessé Jacob Blake.

Décrivant des actes de vandalisme sur des commerces et le cas de policiers attaqués par des manifestants munis de pierres, le président américain a assuré qu'il ne s'agissait pas d'actes de manifestations pacifiques, mais vraiment de terrorisme intérieur.

La violence des manifestants est tout bonnement antiaméricaine, a-t-il dit, sans mentionner une seule fois le nom de Jacob Blake.

Cet homme noir de 29 ans a été grièvement blessé par un policier blanc qui lui a tiré sept balles dans le dos la semaine dernière. S'en sont suivi des manifestations pour dénoncer la brutalité policière, au cours desquelles deux hommes ont été tués et un autre a été grièvement blessé.

Un adolescent de 17 ans a rapidement été arrêté et accusé en lien avec cette affaire. Donald Trump a d'ailleurs suggéré lundi que le jeune homme avait été très violemment attaqué par des manifestants et qu'il avait agi en légitime défense.

Mardi, le président a réaffirmé sa confiance dans les forces de l'ordre et son soutien à celles-ci, dont il a salué le travail exemplaire.

Il en a profité pour annoncer une enveloppe d'un million de dollars américains à Kenosha pour le maintien de l'ordre public. Je m’engage à aider à la reconstruction de Kenosha, a-t-il déclaré.

L'administration Trump consacrera 42 millions de dollars pour renforcer la sécurité publique dans tout le Wisconsin. Ces fonds doivent notamment permettre l’embauche de nouveaux procureurs afin de punir les criminels et des ressources pour les victimes d’actes criminels, a expliqué le président américain.

Une somme de 4 millions sera aussi destinée aux commerces qui ont été endommagés lors des manifestations contre la brutalité policière. Un peu plus tôt dans la journée, le président américain s'était justement rendu sur un emplacement qui a été vandalisé au cours d'une manifestation, la semaine dernière.

Donald Trump fait dos à des policiers près d'un immeuble détruit.

Donald Trump a entrepris son bref séjour à Kenosha en visitant un site vandalisé lors d'une manifestation la semaine dernière.

Photo : La Presse canadienne / AP/Evan Vucci

La venue du président américain n'a pas manqué d'attirer des partisans, mais aussi des manifestants en faveur du mouvement Black Lives Matter. Véhicules blindés, barrières de sécurité et de nombreux agents armés complétaient le portrait.

Tout juste avant de quitter Washington pour Kenosha, Donald Trump s'était présenté comme le défenseur de la loi et l'ordre, devenu un thème central de sa campagne électorale.

Il a dit se rendre à Kenosha pour saluer les policiers et les membres de la Garde nationale qui ont, selon lui, empêché la ville d’être rasée par les flammes par des anarchistes et des émeutiers.

M. Trump a dit croire que sa présence pouvait aider Kenosha, petite ville située entre Milwaukee et Chicago, à se relever.

Je pense que ça aide, parce que je suis pour la loi et l’ordre, et les communautés noires et latino-américaines veulent que la police les aide. Elles ne veulent pas de crimes.

Donald Trump, président des États-Unis

À deux mois de la présidentielle, le président républicain a résolument inscrit cette visite dans un contexte politique, en soutenant que ce sont des villes tenues par des démocrates qui sont en proie à des troubles.

Il s'est aussi attaqué de nouveau à la presse, malhonnête selon lui, puisqu'elle qualifie les gens qui manifestent dans les rues de Kenosha ou de Portland de protestataires.

Tandis que le convoi présidentiel circule sur la rue, des dizaines de personnes se tiennent près du chemin, pancartes à la main.

Des manifestants de toutes allégeances politiques attendaient le président Trump à son arrivée à Kenosha.

Photo : Getty Images / Scott Olson

Donald Trump ignore ce qui se passe

Donald Trump n'a pas prévu profiter de sa visite pour rencontrer la famille de Jacob Blake, qui demeurera vraisemblablement paralysé pour le reste de ses jours en raison des blessures qu'il a subies.

Le président a expliqué lundi qu'il n'avait pas parlé directement avec la famille de M. Blake, car ils voulaient qu'il y ait un avocat présent.

En entrevue à En direct avec Patrice Roy, Ndona Muboyayi, une amie de la famille de Jacob Blake qui se considère d’allégeance républicaine, a dit remettre en question son vote pour Trump à la présidentielle.

Je m’éloigne de lui, a-t-elle dit.

Ce qu’on a toujours voulu, c’est qu’il puisse parler contre le racisme, la division et l’extrême droite qui existent aux États-Unis, mais de plus en plus, il ignore ce qui se passe. Il ignore ces personnes qui sont en train de créer la division, a-t-elle déploré.

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Un accueil tiède

Le gouverneur de l'État, le démocrate Tony Evers, avait pour sa part demandé à M. Trump de ne pas se rendre sur place au moment où Kenosha panse ses plaies.

Je suis inquiet que votre présence vienne compromettre notre guérison. Je suis inquiet que votre présence vienne retarder notre travail pour surmonter nos divisions et avancer ensemble.

Extrait d'une lettre envoyée à Donald Trump par le gouverneur Tony Evers

Le maire de Kenosha, John Antaramian, a abondé dans le même sens lors d'une entrevue accordée lundi à CNN.

Ce n'est pas le moment de faire de la politique. Nous aurions préféré que le président attende au moins une autre semaine avant de venir. Le président est toujours le bienvenu, mais c'est tout simplement un mauvais moment.

Le président Trump a répliqué mardi en qualifiant le maire Antaramian de stupide et de fou avant de quitter Washington. S'il m'appelle pour obtenir des renforts, a-t-il soutenu, en 10 minutes, le problème sera réglé, tout sera fini.

Le sénateur républicain du Wisconsin Ron Johnson est l'un des rares à avoir indiqué qu'il accueillerait M. Trump, en faisant valoir sur Twitter que le temps est venu de soutenir les forces de l'ordre et les citoyens de Kenosha.

Le Wisconsin sera l'un des États clés lors de la présidentielle du 3 novembre. En 2016, Donald Trump l'avait emporté de justesse contre Hillary Clinton, ce qui constituait une première pour un républicain depuis 1984.

Avec les informations de Associated Press, CNN, et Agence France-Presse

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