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L’Ordre des chiropraticiens fait plier un de ses membres, complotiste

Un chiropraticien ajuste un patient.

Un chiropraticien ajuste un patient.

Photo : Shutterstock

Le syndic de l'Ordre des chiropraticiens est intervenu auprès de l'un de ses membres qui traitait ses patients sans masque, tout en disant que la pandémie de COVID-19 est un complot.

Le syndic a demandé d'urgence une radiation provisoire contre Philippe Landry, qui pratique en Mauricie et dans Lanaudière, mais le professionnel de la santé a finalement décidé de se plier aux exigences de son ordre professionnel, explique-t-on dans une décision du conseil de discipline.

L'Ordre est intervenu une première fois en mai auprès de Philippe Landry après avoir reçu un signalement indiquant qu'il effectue des traitements auprès de patients sans porter de masque.

Dès le lendemain, un représentant de l'Ordre communique avec lui. Le chiropraticien confirme qu'il ne porte pas de masque lors de ses interventions, mais promet de le faire pour répondre aux exigences sanitaires.

Portrait de l'homme, aux cheveux blancs et au teint rosâtre.

Philippe R. Landry

Photo : Site Web - Clinique chiropratique de St-Félix de Valois

Le mois suivant, une cliente identifiée comme madame B se plaint à nouveau à l'Ordre soulignant que Philippe Landry n’a pris aucune mesure de protection à l’égard de la COVID-19 .

Selon elle, en plus de ne pas porter de masque, le chiropraticien n'a pas de dispositif pour qu'elle se désinfecte les mains.

Il finira par lui donner une petite quantité de désinfectant en ajoutant que les autorités exagèrent et que la COVID-19 est un complot.

Une rencontre filmée

Le syndic a dépêché, le 9 juillet, un enquêteur à la clinique que le chiropraticien exploite à sa résidence privée de Saint-Félix-de-Valois, près de Joliette.

Prétextant avoir besoin de traitement, l'enquêteur a filmé la rencontre à l'aide d'une caméra cachée.

L'enregistrement montre que le chiropraticien s'exécute sans porter de masque, de visière, ni de chemise de protection.

L’enquêteur lui dit avoir un masque avec lui, mais qu’il n’est pas à l’aise s’il n’en porte pas. L’intimé lui rétorque ne pas croire à la pandémie, peut-on lire dans la décision du conseil de discipline.

Fort de cette preuve, le syndic téléphone une nouvelle fois au chiropraticien, le 3 août.

Mis devant les faits, Philippe Landry dit porter le masque en général, mais admet ne pas porter de chemise ni de lunettes de protection. Il dira aussi que le pourcentage de la population infectée n’est pas suffisant pour qu’il y ait une réelle pandémie.

Un « danger pour le public »

Le syndic considère alors que Philippe Landry représente un « danger pour le public » et demande d'urgence qu'il soit radié sur-le-champ.

Face aux procédures entreprises devant le conseil de discipline, le chiropraticien récalcitrant s'est engagé auprès de son ordre professionnel à respecter les règles sanitaires.

Sous l'affiche commerciale à l'extérieure de la clinique sont indiquées les mesures sanitaires mises en place.

Le chiropraticien Philippe Landry affiche maintenant que le port du masque ou d'un couvre-visage est obligatoire, ici, à sa clinique de Shawinigan.

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Après avoir visité ses deux cliniques - il exerce aussi à Shawinigan -, le syndic a constaté que le chiropraticien répondait maintenant aux exigences.

Engagement écrit

La demande de radiation provisoire a donc été retirée en échange d'un engagement écrit de la part de Philippe Landry.

Ce dernier s'est engagé à respecter les exigences en plus de faire la promotion, sans réserve, de toutes les mesures de prévention et de protection sanitaires recommandées par l’Ordre et/ou le gouvernement du Québec .

Le message en date du 22 août indique que le masque et le lavage des mains sont obligatoires, le tout agrémenté d’émoticônes.

Au lendemain du dernier passage de Philippe Landry devant le conseil de discipline, il y a eu cette mise à jour sur le site web de sa clinique.

Photo :  Capture d’écran / SITE WEB - CLINIQUE CHIROPRATIQUE DE ST-FÉLIX DE VALOIS

Au surplus, il promet de cesser immédiatement de pratiquer pendant un an s'il était pris en défaut par l'Ordre, aussi mineur que puisse être ce défaut, peut-on lire dans l'engagement signé par Philippe Landry.

Le professionnel de la santé, qui exerce son métier depuis 1983, s'est aussi engagé à plaider coupable d'avoir dérogé à l’honneur ou à la dignité de sa profession.

Il devra donc se présenter à nouveau devant le conseil de discipline pour que soit déterminée sa sanction.

Le conseil devra aussi se prononcer sur une autre plainte du syndic.

Il aurait demandé à sa patiente madame B de payer sa consultation en argent comptant, afin qu'il puisse continuer de toucher sa Prestation canadienne d’urgence (PCU). Joint au téléphone, Philippe Landry nie catégoriquement cette dernière allégation. Il n'a pas souhaité émettre d'autre commentaire.

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