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Une firme privée se penchera sur les allégations visant le bureau de Julie Payette

Julie Payette, gouverneure générale du Canada, est assise et signe un document, portant un couvre-visage, devant un drapeau du Canada et un agent en uniforme.

Julie Payette, gouverneure générale du Canada, lors d'une cérémonie d'assermentation à Rideau Hall, le 18 août 2020 à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le Bureau du Conseil privé a embauché une firme du secteur privé pour examiner « de manière indépendante » le climat de travail dans le bureau de la gouverneure générale, Julie Payette. Cette annonce survient plus d’un mois après que CBC News eut révélé des allégations selon lesquelles un climat toxique de harcèlement et de violence verbale règne à Rideau Hall.

D'après un reportage d'Ashley Burke de CBC News

Selon ce qu’allèguent plus d’une vingtaine de sources – entre autres des fonctionnaires et d’anciens employés de Rideau Hall – un climat toxique sévit dans le bureau de Julie Payette, qui dénigrerait et humilierait publiquement son personnel et lui crierait après.

Assunta Di Lorenzo, bras droit de la gouverneure générale et amie de longue date de cette dernière, fait aussi face à des allégations de harcèlement envers des employés.

Julie Payette a déclaré qu’elle prenait très au sérieux les questions de harcèlement en milieu de travail et elle a publié sur Twitter qu’elle demandait à ce qu’un examen indépendant soit mené. Mais le Bureau du Conseil privé affirme en avoir lui-même fait la demande.

C’est à la firme Quintet Consulting Corporation qu’a été confié le mandat d’agir de manière indépendante, de même que d’entrer en contact et d’interviewer de manière confidentielle tant les employés actuels qu’anciens de Rideau Hall. Ces derniers seront appelés à faire part, de façon volontaire, de leurs préoccupations relativement à leur milieu de travail, d'après une déclaration faite par le Bureau du Conseil privé.

Le bureau de la gouverneure générale emploie environ 150 personnes.

La supervision de l’examen qu’effectuera la firme privée a été confiée au ministre des Affaires intergouvernementales et président du Conseil privé de la Reine pour le Canada, Dominic LeBlanc (lui-même fils de l’ancien gouverneur général Roméo LeBlanc). Le rapport final devrait lui être remis cet automne, mais son contenu ne sera pas intégralement divulgué au grand public.

Selon les termes qu’il a fixés pour la tenue de cet examen, le gouvernement de Justin Trudeau a prévu que la gouverneure générale elle-même et son assistante, Assunta Di Lorenzo, donneront leur version des faits.

L’équipe de gestion aura l’occasion de fournir tous les éléments pertinents au contexte et à l’historique des événements, est-il spécifié dans la déclaration du Bureau du Conseil privé.

La firme doit aussi rencontrer le service des ressources humaines de Rideau Hall dans le cadre de son examen, afin d’examiner les règlements et la politique en matière de harcèlement qui ont été mis en place en vue de protéger les employés.

Quintet a aussi le mandat de parler à des employés d’autres ministères et organismes qui interagissent avec le bureau de la gouverneure générale ou qui travaillent à Rideau Hall.

Dans la foulée des révélations faites par CBC News, d'ex-employés du Centre des sciences de Montréal ont affirmé à Radio-Canada s’être sentis humiliés par Julie Payette lorsqu’elle dirigeait cet établissement scientifique et muséal, avant de devenir gouverneure générale du Canada. L’intéressée a nié ces allégations.

Quintet est la firme qu’avait retenue le Sénat pour enquêter sur l’ex-sénateur Don Meredith, qui a démissionné de la Chambre haute, en 2017, dans la foulée d’allégations d’intimidation et de harcèlement.

Des allégations « vraiment dérangeantes »

Le député Charlie Angus, porte-parole néo-démocrate en matière d’éthique, a déclaré mardi que les allégations de harcèlement sont « vraiment dérangeantes ».

Le député de Timmins–Baie James dit s’attendre à ce que le gouvernement fédéral rende publiques certaines des conclusions du rapport, même si des détails de nature personnelle, communiqués par les plaignants, devront être gardés confidentiels par respect pour leur vie privée.

Je veux que le ministre LeBlanc représente les intérêts des Canadiens d’abord et avant tout et qu’il ne tente pas de camoufler l’affaire, a dit M. Angus. Selon lui, Julie Payette représente la population canadienne et elle doit respecter les normes d'intégrité les plus élevées.

Le choix de Justin Trudeau

La gouverneure générale Julie Payette et le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, sont assis l'un à côté de l'autre et portent chacun un couvre-visage.

La gouverneure générale Julie Payette et le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, sont assis l'un à côté de l'autre lors d'une cérémonie d'assermentation le 18 août 2020 à Rideau Hall.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Julie Payette était l’une des nominations vedettes faites par le premier ministre Trudeau durant son premier mandat. Plutôt que de suivre l’exemple de son prédécesseur, le conservateur Stephen Harper, et de recourir à un comité consultatif pour suggérer des candidatures pour le poste de gouverneur général, Justin Trudeau avait préféré choisir personnellement celle qui allait devenir la nouvelle représentante de la reine Élisabeth II au Canada.

Depuis la vague de controverses ayant éclaboussé Mme Payette le mois dernier, Justin Trudeau n’a rien fait pour défendre cette dernière.

Au moment où son gouvernement est au coeur d'une controverse liée à l'éthique, le premier ministre a demandé à la gouverneure générale, le 18 août dernier, de proroger le Parlement jusqu'en septembre.

Julie Payette lira le discours du Trône du gouvernement libéral le 23 septembre prochain, un événement hautement symbolique qui inaugurera la nouvelle session du Parlement.

« Un gouvernement élitiste... »

Tout juste avant que le premier ministre Trudeau ne remanie son Cabinet, le 18 août dernier, le porte-parole conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, avait évité de commenter la manière dont Justin Trudeau devait, à son avis, traiter les allégations qui visent Julie Payette.

Au lieu de cela, M. Poilievre avait critiqué le jugement de M. Trudeau relativement à la nomination de Julie Payette à titre de gouverneure générale.

Le premier ministre manque terriblement de jugement, a ainsi affirmé le député de Carleton. Nous avons un gouvernement élitiste et snob qui ne sert que ses propres intérêts… Je ne suis pas sûr que ce soit le cas de la gouverneure générale, mais c’est certainement le cas pour les gens qui entourent le premier ministre.

Et ils se croient investis du droit divin de diriger le pays et d’utiliser le Trésor public comme s’il s’agissait de leur vache à lait, avait poursuivi Pierre Poilievre. Telle est l’attitude à laquelle nous avons été habitués avec Trudeau et tous ceux qu’il a placés dans des postes de pouvoir.

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