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Trop risqué de réinvestir dans la cimenterie McInnis, juge le ministre Fitzgibbon

Pierre Fitzgibbon en gros plan.

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, rappelle que Ciment McInnis n'est pas encore rentable (archives).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, s'est collé aux propos tenus lundi par François Legault en répétant que Québec n'investira pas davantage dans Ciment McInnis, quitte à ce que la cimenterie de Port-Daniel–Gascons, en Gaspésie, passe entre des mains étrangères.

Est-ce que la détention d'une cimenterie est stratégique pour un gouvernement? On s'est dit non, a affirmé le ministre Fitzgibbon à l'émission Tout un matin.

« Est-ce qu'on doit se préoccuper à outrance de la détention québécoise de Ciment McInnis? On s'est dit non. Il y a 150 très bons emplois présentement à Port-Daniel, et ces emplois-là vont demeurer. »

— Une citation de  Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation du Québec

Le ministre ajoute toutefois que s'il y avait une entreprise québécoise prête à faire une offre intéressante, le gouvernement pourrait la considérer. Sauf qu'il faut être prudent, a-t-il précisé.

C'est 1,6  ou 1,5 milliard de dollars investis et c'est pas fini, l'usine ne fait pas d'argent encore. C'est une entreprise qui est très risquée. Alors si les étrangers sont capables de la faire marcher, au moins les emplois vont être sécurisés, a avancé M. Fitzgibbon.

Il rappelle par ailleurs que la décision de vendre ou non la cimenterie revient uniquement à la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Le ministre explique que la CAQ avait déjà convenu en 2019 de ne pas investir davantage dans l'entreprise gaspésienne, alors que la Caisse de dépôt et placement du Québec décidait pour sa part de réinjecter 150 millions de dollars dans la cimenterie.

La Caisse de dépôt, avec d'autres actionnaires et le syndicat bancaire, avait décidé que c'était un investissement qui devait être fait pour protéger ce qu'ils avaient investi, alors évidemment on l'avait supporté, mais on n'avait pas mis d'argent. [...] On nous avait demandé de mettre de l'argent et nous avions décidé que ce n'était pas quelque chose qui était approprié pour l'argent des Québécois, a souligné M. Fitzgibbon.

Une vue de la cimenterie.

La cimenterie McInnis, à Port-Daniel–Gascons, en Gaspésie

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Lundi, François Legault s'est lui aussi opposé à un réinvestissement de l'État dans la cimenterie, blâmant au passage le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ) pour les dépenses de dizaines de millions de dollars en argent public dans Ciment McInnis.

Au moins deux offres d'achat auraient été déposées pour acquérir la cimenterie, selon les informations obtenues par Radio-Canada. L'une a été faite par l'entreprise matanaise Béton provincial et une autre a été déposée par une entreprise dont le siège social se trouve à l'extérieur du pays.

L'opposition divisée

Alors que le Parti québécois urge Québec de bloquer la vente de Ciment McInnis à des intérêts étrangers, Québec solidaire estime plutôt que le gouvernement n'aurait jamais dû investir dans ce projet polluant.

La cimenterie McInnis est un puits sans fond de gaspillage d'argent public. C'est vraiment un mauvais projet, dès le départ. On n'aurait jamais dû le faire. Cela dit, on se retrouve dans cette situation là à cause de mauvaises décisions, a affirmé la députée solidaire Ruba Ghazal en conférence de presse à l'Assemblée nationale mardi.

« On invite la Caisse de dépôt à favoriser des acheteurs québécois, mais le message fondamental, c'est : plus aucun argent public dans la cimenterie McInnis. C'est un fiasco économique et écologique. »

— Une citation de  Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire en matière d’environnement

Le Parti québécois aurait dû avoir la décence de faire un BAPE. Même ça, ça n'a pas été fait. Donc c'est de consulter les gens dans la région et de voir dans quels projets d'avenir on peut investir, et non pas de l'imposer, a-t-elle ajouté.

Mme Ghazal vue en Chambre devant son collègue Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont.

Ruba Ghazal, députée solidaire de Mercier et porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'environnement (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Mme Ghazal est d'avis que le gouvernement devrait plutôt chercher à diversifier l'économie gaspésienne plutôt que d'investir dans des projets d'envergure comme une cimenterie.

Le ciment, oui il peut y avoir de l'innovation, mais ce n'est pas un secteur d'avenir. Avec tout cet argent-là, on aurait pu créer bien plus d'emplois, a-t-elle souligné.

L'argent public doit aller dans un fonds de diversification économique dans la région. Il est possible d'avoir des emplois locaux qui vont durer dans le temps, alors que les emplois dans cette cimenterie, un jour ou l'autre ils vont être abandonnés, a ajouté la députée.

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