•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Montréal veut de l'aide pour revitaliser son centre-ville

Des immeubles de bureaux du centre-ville de Montréal.

Les entreprises installées au centre-ville ont été particulièrement touchées par la crise sanitaire.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Québec et Ottawa doivent contribuer davantage à la relance économique de Montréal, y compris du centre-ville de la métropole, affirme la mairesse Valérie Plante.

En conférence de presse, où elle était entourée des responsables de plusieurs organisations à vocation économique, Mme Plante a ainsi martelé qu'il était nécessaire de redémarrer l'activité dans ce quartier de la ville, quartier qu'elle veut d'ailleurs faire désigner comme un secteur économique à part entière.

Si les tendances sont encourageantes, dit-elle, Montréal n'y arrivera pas seule; elle n'a pas la capacité financière de pouvoir tout soutenir. Voilà pourquoi Québec et Ottawa sont invités à délier les cordons de la bourse, notamment en offrant des assouplissements fiscaux aux entreprises, mais aussi en aidant au financement de « projets structurants » en matière de transport collectif, d'habitation et d'aménagements verts, a poursuivi la mairesse.

Malgré tout, soutient-elle, les indicateurs reviennent tranquillement au vert.

Cette reprise est néanmoins nimbée d'incertitude. L'été s'est bien passé pour certains, mais pour d'autres, ça a été extrêmement difficile, avance la première magistrate, en donnant l'exemple des bars et restaurants, dont les recettes estivales ont été affectées par de nombreux facteurs, notamment l'emplacement de l'établissement et la disponibilité, ou non, d'une terrasse.

On ignore si on aura une deuxième vague [...], comment elle se produira. Le virus n'est pas encore totalement sous contrôle, a souligné Mme Plante.

Selon elle, la situation est similaire dans d'autres grandes villes canadiennes et américaines, notamment Toronto et Vancouver.

Une pandémie qui fait mal

L'impact économique de la crise a d'ailleurs été particulièrement important dans les trois métropoles canadiennes. En février, Montréal affichait un taux de chômage de 4,8 %; celui-ci a plus que triplé à 18,2 % au mois d'avril, pour redescendre lentement par la suite.

En juillet, 11,7 % des Montréalais présents sur le marché du travail étaient à la recherche d'un emploi, selon les données de Statistique Canada. Le nombre de personnes sans emploi a presque doublé par rapport à la même période de l'année précédente; le taux de chômage à Montréal était de 6 % en juillet 2019.

À Toronto, le taux de chômage était de 5,5 % en février. En mai, il est passé à 15,4 %, et n'a que peu diminué depuis, se situant à 14,6 % en juillet. Il était de 5,9 % il y a un an.

Vancouver, de son côté, a démarré la période de crise avec un taux de chômage de 4,6 %, en février. Le pic a été atteint en mai, avec 14,1 % de chômeurs. En juillet, ce taux était redescendu à 11,6 %. Il était de 4,1 % en juillet 2019.

Un centre-ville encore vide

Même si plusieurs intervenants, lors de la conférence de presse, ont soutenu que le marché montréalais de l'emploi se portait bien, cela ne veut pas dire que les travailleurs sont revenus au bureau, bien au contraire. De fait, les bureaux du centre-ville ne sont encore occupés qu'à 5 % à 10 % de leur capacité, a rappelé Valérie Plante.

Voilà pourtant plusieurs semaines que le gouvernement permet une occupation à 25 % des espaces de bureau.

Ce n'est pas facile d'amener les gens au centre-ville quand ils ne veulent pas reprendre le transport en commun, a renchéri Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Au dire de ce dernier, toutefois, le transport collectif est sécuritaire, les mesures de protection sont présentes au bureau, les commerces du quartier sont sécuritaires.

M. Leblanc veut entre autres inciter les gouvernements à ramener leurs employés des ministères et agences dans leurs bureaux montréalais.

Si on s'appuie sur un taux d'occupation de 10 % au centre-ville, et qu'on estime à 300 000 le nombre de travailleurs dans le quartier en temps normal, c'est dire qu'il manque 270 000 personnes.

Certaines entreprises sont toutefois plus enthousiastes que d'autres : J'ai déjà des compagnies qui sont à 25 % [d'occupation], et je travaille avec le gouvernement pour demander le rehaussement de cette norme, a déclaré le président de la CCMM.

Des discussions ont de fait eu lieu avec le ministre du Travail, Jean Boulet, à ce sujet. Celui-ci a indiqué qu'en fonction des recommandations de la santé publique, l'occupation maximale pourrait être augmentée.

En attendant, le message de M. Leblanc est clair : Revenez au centre-ville.

Une ville en transformation

M. Leblanc reconnaît toutefois que le marché de l'emploi sera transformé par la pandémie. Le télétravail est là pour durer. Il y aura nécessairement des gens qui viendront au centre-ville la moitié du temps, les deux tiers du temps. On ne forcera pas les entreprises à avoir des gens présents sur place au centre-ville, mais la dynamique va reprendre.

Christian Savard, directeur général de l'organisme Vivre en ville, et lui aussi membre des comités mis sur pied par la Ville de Montréal pour réfléchir à la relance économique de la métropole, croit pour sa part que le paysage immobilier et commercial d'ici est appelé à changer.

Il y avait déjà une transition lancée pour certains centres commerciaux périphériques, a-t-il déclaré, en évoquant la nécessité de « bâtir pour le futur », notamment en favorisant l'accessibilité physique des commerces, mais aussi leur accessibilité numérique, dans un contexte de croissance importante du commerce en ligne, une tendance qui s'est renforcée durant la pandémie.

M. Savard affirme par ailleurs qu'il faudra réfléchir au fait que la superficie commerciale disponible [à Montréal] a augmenté trois fois plus rapidement que la population.

Doit-on y réfléchir?

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !