•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les policiers de Toronto pourront éteindre leur caméra d’intervention

La poitrine d'un policier, avec tout son équipement.

La distribution des caméras d'intervention a débuté.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui/CBC News

Radio-Canada

Les policiers de Toronto pourront éteindre leur caméra d’intervention à discrétion, même durant une intervention qui vise des citoyens. C’est ce qu’a révélé la cheffe adjointe du Service de police de Toronto, lundi.

Les premières caméras d’intervention sont présentement distribuées aux policiers. La cheffe adjointe, Shawna Coxon, a répondu aux questions des journalistes durant une conférence de presse lundi matin.

Selon Mme Coxon, il y a beaucoup de situations où il convient d'éteindre la caméra d’intervention et les agents pourront, à leur discrétion, stopper l’enregistrement de leur caméra.

Mme Coxon a énuméré quelques situations où les agents seront autorisés à éteindre leur caméra : les situations visant des enfants, des victimes, une personne qui n'est pas habillée, ou des gens qui ne veulent pas être filmés et cela pourrait être une situation délicate.

C'est très contextuel. Nous devons penser à ce qui se passe à ce moment-là; et pour ces raisons, il y a des moments où un agent peut éteindre la caméra, a-t-elle déclaré.

Nous savons légalement quand c'est permis et quand ce n'est pas le cas.

Mme Coxon a déclaré que si un agent éteignait sa caméra alors qu'il ne le devrait pas, il serait automatiquement pénalisé. Elle a ajouté que la pénalité minimale est d'un jour de salaire. Cette pénalité passe à deux jours de salaire pour les superviseurs.

Selon elle, le logiciel utilisé comprend une fonction d'audit automatique qui permettra aux superviseurs de revenir en arrière et de voir ce qui se passait au moment où l'enregistrement a été stoppé pour discerner si ce geste était approprié.

Des questions sur l’efficacité

John Sewell, ancien maire de Toronto et actuel coordonnateur de la Toronto Police Accountability Coalition (Coalition pour la responsabilité de la police de Toronto, traduction libre), a récemment qualifié les dépenses de 35 millions de dollars liées à l’achat des caméras d’intervention de très mauvais investissement.

D'autres citoyens présents à la réunion du conseil d'administration de l’association ont souligné que des études montrent que les caméras d'intervention ne sont pas efficaces. Selon eux, investir dans une technologie aussi coûteuse qui n’a pas prouvé son efficacité va à l'encontre des appels à réduire les fonds destinés aux services de police.

Erick Laming, doctorant à l'Université de Toronto dont les recherches portent sur le recours à la force par la police et son impact sur les communautés autochtones et noires, a déclaré à CBC News qu'il n'y avait pas eu beaucoup de recherches sur le sujet au Canada.

Empiriquement, nous ne savons tout simplement pas à quel point ces dispositifs peuvent être efficaces, a-t-il déclaré. Est-ce que cela va arrêter la violence contre certaines communautés? Est-ce que cela va empêcher la police de tirer sur les gens? Probablement pas.

Le temps nous dira si les caméras corporelles amélioreront les relations avec la communauté, a-t-il déclaré. Nous nous devons d’avoir des attentes plutôt modestes dans ce sens.

Mme Coxon a déclaré, lundi, qu'elle pensait que toutes les mesures qui forcent les policiers à être plus responsables étaient importantes.

Nous avons beaucoup de travail à faire en ce qui concerne les problèmes systémiques, a-t-elle déclaré. Il s'agit d'un seul élément d'une plateforme de transformation beaucoup plus large.

Avec les informations de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !