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La pandémie laisse dans son sillage suicides et surdoses, selon des organismes

Un discute à la caméra devant un commerce désaffecté.

Selon Corey Wyness, les drogues de rue sont plus dangereuses depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Trevor Wilson

Radio-Canada

Le nombre de suicides, de surdoses et de personnes nécessitant des services essentiels a augmenté en flèche durant la pandémie de COVID-19, soutiennent des travailleurs de première ligne d’Edmonton.

Alors que les activités de plusieurs services de soutien sont toujours à l’arrêt, la Old Strathcona Youth Society (OSYS) et le projet Community Health Empowerment and Wellness (CHEW) sont en quête de ressources pour augmenter leur portée et combler le vide laissé par les autres organismes confinés.

Des jeunes nous ont carrément dit que s’ils ne trouvaient pas de nourriture chez nous, ils n’auraient rien à manger, explique le coordonnateur de projets Rohan Dave, de l’OSYS. L’organisme aide les jeunes dans le besoin depuis plus de 20 ans.

Du côté du CHEW, un organisme de soutien aux jeunes LGBTQ2+, on rapporte une hausse du nombre de surdoses et de suicides. Cinq de leurs habitués sont morts depuis le mois de mars.

Ils font déjà face à de nombreux défis et quand on y ajoute la COVID, ça devient très difficile, souligne le directeur de projet Corey Wyness. Mais il y a toujours de l’espoir. On perd un jeune qui n’a plus envie de se battre et 10 autres retrouvent l’espoir le même jour. C’est à ça qu’on s’accroche.

Selon lui, une partie du problème vient des difficultés causées par la pandémie, tant du point de vue financier qu’à cause des mesures de distanciation.

Des drogues de très, très mauvaise qualité

Au manque de ressources pour venir en aide aux plus vulnérables s’ajoute la baisse de qualité des drogues de rue causée par le bris de la chaîne d’approvisionnement régulière.

Les drogues sont devenues de très, très mauvaise qualité, note Corey Wyness. Les trafiquants y ajoutent du fentanyl, du carfentanil et d’autres produits chimiques.

Leur effet est beaucoup plus fort et le sevrage est terrible. On le voit tous les jours. Des jeunes qui étaient enjoués, resplendissants, des êtres humains extraordinaires sont devenus comme des zombies.

La question, c’est : comment les récupérer, précise-t-il. La COVID-19 a privé ces jeunes des lieux où ils trouvaient de la nourriture, un abri, l’accès à l’Internet et une certaine forme de sécurité.

Cette perte de repères a contraint plusieurs de ces jeunes à s’accommoder de situations où ils sont exploités, où l’on abuse d’eux, explique Rohan Dave.

Pour répondre à la demande, l’OSYS a élargi son champ d’action afin de soutenir quiconque a besoin de nourriture, de produits hygiéniques, d’aide à l’hébergement ou simplement d’un service auquel se rapporter.

Les mesures d’hygiène ont conduit des travailleurs de première ligne à offrir leurs services sur des bancs de parc.

Besoins en tout genre

Pour continuer sa mission, l’OSYS est en quête de dons de vêtements hivernaux, d’argent et de cartes-cadeaux pour l’accès à du contenu numérique, afin de tenir les jeunes occupés.

L’organisme espère également récolter des téléphones cellulaires et des cartes SIM afin de rester en contact avec les jeunes qu’il soutient.

Au CHEW, Corey Wyness tient d’abord à remercier les donateurs, qui ont déjà offert un peu de tout, allant des biscuits maison aux produits en vrac, en passant par les cartes-cadeaux.

À l’approche de l’hiver, il souligne toutefois un besoin accru de manteaux, de bas, de chaussures, ainsi que de boissons gazeuses, et des grignotines.

Avec les informations d’Andrea Huncar

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