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Exode à l’Université de la Saskatchewan : des professeurs autochtones citent le racisme

Affiche indiquant que vous vous trouvez à l'Université de la Saskatchewan.

Certains professeurs et membres du personnel de l'Université de la Saskatchewan affirment avoir été forcés de partir à cause du racisme, d'un environnement de travail hostile et de la lenteur des réformes.

Photo : Radio-Canada / Courtney Markewich

Radio-Canada

Un groupe de professeurs et d’employés autochtones affirment avoir été forcés de quitter l’Université de la Saskatchewan à cause du racisme, d’un environnement de travail hostile et de la lenteur des réformes.

Au moins neuf professeurs autochtones ou métis sont partis dans les cinq dernières années, selon une lettre de l’Association des professeurs de l’Université de la Saskatchewan envoyée récemment au président de l’université, Peter Stoicheff.

Toujours selon cette lettre, d’autres employés autochtones, dont des cadres, sont également partis au cours de cette période.

Dans la lettre, l’Association des professeurs avance que ce serait à cause du racisme contre les professeurs autochtones, en particulier les femmes, dans l’évaluation de la performance, les demandes de transfert, l’approbation de la recherche et d’autres domaines.

Peter Stoicheff a cité à plusieurs reprises l'autochtonisation comme l’un de ses principaux objectifs, mais certains disent que peu de choses ont changé.

Qu’est-ce que l’autochtonisation?

L'autochtonisation consiste à fournir des efforts conscients pour intégrer les Premières Nations, les Métis et les Inuit, leur histoire, leurs connaissances et leur culture afin d’engendrer un changement significatif dans les pratiques institutionnelles.

Vous ne pouvez pas simplement saupoudrer un peu d’autochtonisation sur un système conçu pour blesser les peuples autochtones. Cela ne conduira pas tout le monde à sauter sur un chemin avec des papillons et des arcs-en-ciel, mentionne l’ancien directeur du programme en éducation pour les Autochtones de l’Université de la Saskatchewan, Chris Scribe.

Chris Scribe donne une entrevue à l'extérieur.

Chris Scribe affirme avoir quitté son poste à l'Université de la Saskatchewan parce qu'il n'était pas possible d'y apporter les changements qu'il souhaitait.

Photo : Radio-Canada / Matt Garand

Les universités ont été fondées et créées pour les Blancs. Nous savons que ce sera un combat pour nos étudiants autochtones. Ce n’était plus un espace où je pouvais faire la différence que je voulais, partage-t-il.

L’un des neuf professeurs à avoir quitté l'université, Jeff Baker, partage cette opinion.

Il affirme que lorsqu’il travaillait à l’Université de la Saskatchewan, ses idées ont souvent été rejetées et son autorité diminuée au point où il est devenu impossible pour lui de rester.

Il y a une peur au sein de certains collèges. Il n’y a aucune volonté de faire quoi que ce soit, juge-t-il.

De son côté, le président de l’Université de la Saskatchewan répète que les voix autochtones sont extrêmement importantes.

« Nous nous efforçons de faire de nos campus des endroits inclusifs, sûrs et accueillants pour tous les professeurs, le personnel et les étudiants. Faire progresser l’autochtonisation et la réconciliation continue d’être d’une importance cruciale », dit Peter Stoicheff.

Il mentionne que des travaux sont en cours dans plusieurs domaines, notamment l’élaboration d’une stratégie et d’un plan d’action pour l’équité en matière de diversité et d’inclusion, une formation contre le racisme pour tous les administrateurs et l’investissement de ressources dans la prévention de la discrimination et du harcèlement.

Il admet cependant que davantage pourrait être fait, mais qu’il ne fera pas plus de commentaires avant d’avoir rencontré l’Association des professeurs.

Nous nous engageons à avoir des discussions ouvertes et honnêtes pour mieux comprendre toute situation préoccupante et à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’inclusivité et le respect dans nos espaces d’enseignement, d’apprentissage et de recherche, souligne-t-il.

C’est triste

Alex Wilson, professeur en éducation autochtone, travaille toujours à l’Université de la Saskatchewan.

Les questions soulevées par ses anciens collègues sont valables et urgentes, selon lui.

C’est triste de voir qu’ils ont dû partir. Ces formes systémiques de racisme, sexisme, homophobie existent à l’Université de la Saskatchewan, confirme-t-il.

La présidente de l’Association des professeurs, Allison Muri, est elle aussi attristée de la situation.

Allison Muri pose pour la caméra près d'un arbre.

La présidente de l'Association des professeurs de l'Université de la Saskatchewan, Allison Muri, se désole de l'exode de ses collègues autochtones. Elle souhaite rencontrer les administrateurs de l'université pour trouver des solutions.

Photo : Radio-Canada / Jason Warick

Ces histoires ne sont pas uniques. C’est décevant. C’est profondément triste de les voir partir de cette façon, dit-elle avant d’ajouter qu’elle constate une profonde déconnexion entre les objectifs et les actions liées à l’autochtonisation.

Selon elle, certains collègues et départements progressent dans la lutte contre le racisme systémique, mais il existe des points chauds où il reste encore beaucoup à faire.

Son association est prête à travailler avec le président de l’université pour trouver des solutions.

Avec les informations de Jason Warick

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