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Cannabis : ventes en hausse pendant le confinement

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Un client et un vigile à la sortie d'un magasin de cannabis.

De nombreux magasins de cannabis ont proposé la vente à emporter pour les commandes effectuées en ligne, comme ici à Toronto.

Photo : Reuters / CARLOS OSORIO

Radio-Canada

Difficile de prouver que c’est l'épidémie de coronavirus qui a fait bondir les ventes de cannabis au Canada, mais commerces et clients reconnaissent une hausse de la consommation pendant le confinement, ce que confirment les statistiques officielles.

Par crainte de pénurie ou pour gérer l’anxiété, les consommateurs de cannabis se seraient rués vers les magasins et les sites de ventes de cette drogue. Les ventes ont augmenté de près de 20 % en mars et en avril, selon Statistique Canada. Les consommateurs ont privilégié les achats en gros, confirme Adam Greenblatt, porte-parole de Canopy Growth, l’un des plus importants fournisseurs de cannabis au Canada.

On vend plus de sacs qui contiennent 28 grammes de cannabis, remarque-t-il. L’entreprise possède une cinquantaine de succursales, principalement dans l'ouest du pays. Pour le trimestre se terminant fin juin, M. Greenblatt rapporte des revenus nets s’élevant à 110 millions de dollars, soit une augmentation de 22 % par rapport à l’an dernier.

Canopy Growth avait pourtant annoncé la fermeture de deux serres à Aldergrove et à Delta, en Colombie-Britannique, supprimant ainsi près de 500 emplois en mars.

Portrait d'Adam Greenblatt.

Adam Greenblatt, porte-parole de Canopy Growth

Photo : Radio-Canada

Le Dr Didier Jutras-Aswad, psychiatre et chercheur au CHUM, attribue pour sa part le recours aux psychotropes à l’isolement et aux changements de routine provoqués par le confinement.

Beaucoup vont voir leur routine de vie, leur travail, leur situation économique changer de façon drastique et souvent pas de façon avantageuse, dit-il. On voit beaucoup de nouveaux stresseurs apparaître dans la vie des gens et tout ça est un terrain fertile pour les changements de consommation.

Plusieurs consommateurs de cannabis interrogés par Radio-Canada confirment que le confinement a stimulé leur appétence pour cette drogue douce.

Portrait de Fabrice Giguère.

Fabrice Giguère, porte-parole Société québécoise du cannabis

Photo : Radio-Canada

Au début de la pandémie, on a remarqué une hausse au niveau des ventes en ligne et en succursale, évoque Fabrice Giguère, porte-parole de la Société québécoise du cannabis du Québec (SQDC). Maintenant, on est revenu à des niveaux qui sont plus comparables à avant la pandémie. Il reconnaît toutefois qu’il reste difficile d’évaluer l’impact de la pandémie sur les revenus de la Société.

Au vu de la croissance naturelle de l’industrie canadienne du cannabis depuis sa légalisation, en 2018, les analystes de Statistique Canada préfèrent s’armer de prudence pour expliquer cette hausse : C’est dur, pour nous, d’attribuer cette croissance à la pandémie, mais c’est sûr que le fait que les consommateurs restent à la maison, y passent plus de temps, dépensent plus d’argent pour la nourriture et la boisson, peut suggérer que ça se peut qu’il y ait aussi un impact positif sur les ventes de produits de cannabis, observe Omar Youssouf, analyste principal des enquêtes sur le commerce de détail, à Statistique Canada.

L'analyste reconnaît que l’industrie est encore nouvelle et que ses revenus continuent à augmenter, principalement à cause de l’obtention des licences et des ouvertures de nouveaux magasins.

On pense que la tendance va continuer, car ça ne fait que deux ans que le cannabis est légal. On va voir plus de magasins ouvrir, renchérit avec optimisme Adam Greenblatt en annonçant l’ouverture imminente de 10 autres succursales en Alberta.

Selon, lui, ce comportement des consommateurs pendant la pandémie illustre surtout une tendance à aller de plus en plus vers des sources légales.

Pour nous, dans l’industrie légale, c’est une bonne chose. Ça démontre qu’on arrive à convertir les consommateurs vers des sources licites.

Avec les informations de Marie-Josée Paquette-Comeau

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