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COVID-19 : un maillon dans la recherche craint pour son financement

Une personne tient un tube transparent.

Ce tube contient suffisamment de protéines de COVID-19 pour effectuer des recherches pour un vaccin ou un médicament.

Photo : Radio-Canada

Le Centre national en électrochimie et en technologies environnementales (CNETE) de Shawinigan joue un rôle important dans la recherche sur la COVID-19. Il fournit depuis la mi-juillet des protéines du virus à des chercheurs québécois. Il fait toutefois face à des enjeux de financement.

Depuis mai, le CNETE produit des protéines N et S, présentes à la surface du virus. Lorsqu'elles seront injectées dans le corps, elles généreront une réaction immunitaire. C'est ce qui permet de créer des anticorps contre une maladie.

Ces protéines sont donc essentielles au développement d'un vaccin, d'un médicament et de tests sérologiques.

Le centre a effectué sa première livraison à des chercheurs québécois à la mi-juillet.

On est allés chercher la séquence du virus, qu'on a introduite dans des micro-organismes comme des levures et des bactéries. Donc, par la suite, ce qu'on fait, c'est qu'on produit dans un Erlenmeyer ou dans un bioréacteur les micro-organismes qui vont produire les protéines ciblées, indique le chercheur en biologie moléculaire du CNETE, Jean-François Lemay.

L'approvisionnement est difficile pour les laboratoires partout au pays, puisque la demande mondiale est très forte. Les conditions de préservation des protéines ne sont pas toujours optimales lorsque les produits arrivent de loin.

Il y a certains chercheurs qui nous ont dit, par exemple, que les colis sont restés à température pièce pendant plus d'une semaine. [...] Nous, on est capable de produire les protéines, présentement, en moins d'une semaine. On les livre en moins de 24 heures par la suite, souligne M. Lemay.

L'équipe pourrait être contrainte d'arrêter sa production pour éviter un déficit. Selon la directrice générale du centre, Nancy Déziel, il reste moins de deux mois en subventions pour ce projet.

Elle souligne que les installations du centre pourraient permettre de produire davantage, afin de répondre aux besoins criants des chercheurs de partout au Canada. Ce sont toutefois les fonds qui manquent, car produire ces protéines coûte très cher.

Les laboratoires du CNETE se concentrent donc surtout sur les besoins provinciaux. L'équipe est toutefois interpellée par des universités d'autres provinces canadiennes.

Ça commence à nous inquiéter, parce qu'on sent que les universités ont toujours besoin de ces protéines-là et nous demandent d'en produire toujours plus, ce qui est normal dans le contexte actuel. On espère qu'il sortira des fonds pour ça, parce qu'on n'a pas les fonds à l'interne pour continuer, mentionne Mme Déziel.

Le projet a reçu 67 000 $ en subvention du gouvernement québécois et 75 000 $ d’Ottawa.

La province indique qu’elle étudiera le bilan du projet. Elle n’exclut pas d’offrir davantage de soutien financier, si elle juge les résultats concluants.

Au moment d’écrire ses lignes, le gouvernement fédéral n’avait pour sa part pas répondu à nos questions.

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