•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des centaines de jeunes manifestent pour le maintien des sports scolaires

Des jeunes avec des affiches devant l'Assemblée nationale pour demander de pratiquer leurs sports.

Plusieurs centaines de jeunes qui pratiquent des sports ont manifesté devant l'Assemblée nationale.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

Des centaines d’élèves qui pratiquent des sports à l’école ont manifesté vendredi midi à Québec contre les règles imposées par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Ils y voient un non-sens et une injustice par rapport à la pratique des sports civils.

Le ministre de l’Éducation a indiqué, jeudi, que les activités scolaires artistiques et sportives seront permises uniquement en respectant l’étanchéité des groupes-classes.

Cette situation fait en sorte que plusieurs activités sportives sont annulées.

Il n'en fallait pas plus pour que deux élèves de 5e secondaire de la région de Québec organisent une manifestation. Les participants se sont réunis à la place Georges-V avant de marcher jusqu'à l'Assemblée nationale.

Quand je l'ai appris, j'étais frustré parce que nous autres on s'est entraîné tout l'été pour parvenir à notre but, qui était de jouer une saison complète malgré la situation, affirme un joueur de football et élève en 5e secondaire, Tristan Moreno.

Un manifestant en faveur du maintien du sport scolaire.

Un manifestant en faveur du maintien du sport scolaire.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Un parent, Simon Richard, ne comprend pas ce changement dans les règles, alors que de nombreux jeunes athlètes des équipes de sport-études s’entraînent ensemble depuis des semaines.

Ça n'a pas de bon sens ce qu'il vient de faire. C'est illogique. Ça fait trois semaines que les jeunes s'impliquent avec la distanciation. Ils se nettoient les mains, portent des masques. Ils sont très encadrés dans le sport scolaire , souligne-t-il.

Un jeune joueur des Centaures de la Courvilloise avec une affiche qui demande de le laisser jouer.

Ce jeune joueur des Centaures de la Courvilloise, à Québec, a un message clair pour le gouvernement.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

En après-midi vendredi, après la manifestation, le premier ministre François Legault a annoncé que la restriction concernant les activités artistiques et sportives hors groupes-classes sera levée le 14 septembre, si tout va bien.

Incohérence par rapport au civil

Le responsable des sports à l’école Roger-Comtois, Patric Gaudreau, estime qu’il y a une incohérence par rapport aux sports civils, qui ont toujours lieu.

Il reproche aussi au gouvernement d’avoir clarifié les règles quelques jours seulement avant la rentrée, au moment où les groupes-classes étaient déjà formés.

Nous, le football a commencé au mois de juillet. Ils s'entraînaient pratiquement tous les jours sur le terrain en respectant la distanciation et tout. Du jour au lendemain, tout est annulé. Mais le sport civil, que ce soit le soccer, le baseball, le hockey, ils peuvent jouer sans problème, lance-t-il.

Quand on sait qu'au civil ils ont le droit de pratiquer leur sport, on sait très bien qu'ils peuvent venir de plusieurs écoles, de plusieurs niveaux scolaires, le risque est d'autant de fois plus grand qu'à l'école, ajoute une mère d’athlète scolaire, Geneviève Maranda.

Des participants à la manifestation.

Des participants à la manifestation

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Davantage de décrochage

L’annulation des activités sportives, parascolaires et culturelles risque d’inciter certains élèves à abandonner l’école, selon plusieurs manifestants.

Ils réclament que le ministre de l’Éducation revienne sur sa décision.

Depuis qu'on a débuté le programme de football à Roger-Comtois, le taux de décrochage a dû diminuer de 50 % chez nos jeunes garçons. Si on enlève leur sport, je me mets à leur place, j'aurais été le premier à vouloir abandonner l'école, avance Patric Gaudreau.

Les jeunes, souvent, c'est ce qui les tient à l'école. Ils sont obligés de performer sur le terrain et à l'école également. Ils sont suivis de près. S'ils n'ont pas de saison, le niveau académique pourrait être moindre, craint Geneviève Maranda.

Organisations responsables

La propriétaire d’EvoluFit Québec, une entreprise qui organise des parcours à obstacles dans les écoles, se dit outrée. Elle assure que les responsables des activités sportives étaient prêts à offrir des activités sécuritaires.

J'ai acheté le savon, j'ai des masques, j'ai acheté des désinfectants. J'ai même construit de nouveaux obstacles pour respecter les normes de distanciation. Pourquoi je ne peux pas le faire? Ça n'a pas de sens, déplore Stéphanie Couturier.

Pierre Lavoie.

Pierre Lavoie

Photo : Radio-Canada

Donner la chance au coureur

Pierre Lavoie, qui se donne comme mission depuis plusieurs années de faire bouger les jeunes Québécois, dit comprendre les frustrations des élèves, des directions d'école et des parents.

Il croit toutefois qu'il faut respecter la décision du ministre de l'Éducation. Pierre Lavoie rappelle que les activités pourraient reprendre d'ici un mois.

Je pense qu'il faut se rallier derrière le ministre. Il en a beaucoup sur les épaules. Ce n'est pas évident, le réseau scolaire. Si ça commence à déraper dans les écoles, on va l'accuser de toutes les choses. Un mois, c'est raisonnable, mais il ne faudrait pas que ça dépasse un mois. Ce qui urge, c'est la pédagogie, affirme Pierre Lavoie.

Le gouvernement Legault a indiqué que les règles sanitaires qui sont en vigueur pour la rentrée scolaire pourraient être à nouveau modifiées dans les prochaines semaines.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !