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Non, un décès dans un CHSLD de Saint-Isidore n'a pas faussement été attribué à la COVID-19

Des milliers de gens ont partagé cette rumeur.

C'est une publication Facebook contenant le message décrit plus bas.

Capture d'écran du message qui circule.

Photo :  Capture d’écran - Facebook

Un message viral affirme que le décès d'un homme de 94 ans dans un CHSLD de Saint-Isidore a été faussement lié à la pandémie de COVID-19. Or, la région de Chaudière-Appalaches ne déplore aucun décès attribué à la COVID-19 dans ses CHSLD.

Un mort au CHSLD St-Isidore Qc. Un homme de 94 ans est y mort de VIEILLESSE. Mon amie a rencontré l’infirmière qui s'occupait de lui... Checkez bien ça... Le coroner a écrit dans le dossier mort du COVID!! L'infirmière a insisté :" IL N'EST PAS MORT DU COVID IL N'AVAIT MÊME PAS LE COVID!"... Le coroner a répondu : "Madame, nous avons eu l'ordre d'écrire "mort du covid". Désolé! "

C'est ce qu'on peut lire dans un message qui circule abondamment sur Facebook. Il est impossible de déterminer combien de fois il a été partagé, puisque de nombreuses personnes l'ont copié puis partagé sur leur propre compte Facebook.

Toutefois, deux exemplaires du message ont été partagés 2000 et 3000 fois respectivement. Il est aussi apparu dans des groupes Facebook.

Il est pourtant très simple de vérifier que l'événement décrit dans le message n'a pas eu lieu. C'est que la région de Chaudière-Appalaches, dans laquelle se trouve Saint-Isidore, n'a déploré aucun décès lié à la COVID-19 dans ses CHSLD.

Vous pouvez consulter ces données vous-même en cliquant ici (Nouvelle fenêtre). On voit qu'il y a eu huit décès attribués à la COVID-19 dans la région, dont aucun en CHSLD.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSSCA) se dit au courant de la rumeur et confirme qu'il n'y a eu aucun décès en CHSLD dans la région.

Nous avons eu vent de cette fausse rumeur qui circule sur les réseaux sociaux. Depuis le début de la pandémie, nous n’avons eu aucun décès lié à la COVID-19 dans nos installations publiques. Les huit décès confirmés recensés dans notre région l’ont été dans des résidences privées pour personnes âgées ainsi que dans la communauté, assure Francis Martel, agent d'information au CISSSCA.

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) confirme qu'il n'y a eu aucun décès lié à la COVID-19 dans un CHSLD de la région. L'INSPQ ajoute d'ailleurs que le dernier décès attribué à la pandémie dans la région date du 2 mai.

Mise à jour (28 août 2020) : Il existe aussi une municipalité nommée Saint-Isidore en Montérégie. Il n'y a pas de CHSLD  (Nouvelle fenêtre)sur son territoire.

Une intervention du coroner peu probable

Un autre élément du message ne tient pas tout à fait la route. On affirme que c'est le coroner qui a décidé d'attribuer le décès à la COVID-19, malgré les réserves de l'infirmière.

Or, il est peu probable qu'un coroner soit intervenu dans le cas d'une personne morte de vieillesse. C'est que le coroner n'intervient que dans certaines circonstances précises.

Le coroner n’intervient pas automatiquement pour la COVID-19, seulement si la mort est suspecte (un décès dont le médecin ne peut établir les causes probables ou qui lui apparaît être survenu par suite de négligence ou dans des circonstances obscures ou violentes). Dans les établissements du réseau de la santé, incluant les CHSLD, les constats de décès reliés à la COVID-19 sont faits par le médecin traitant, un autre médecin ou l’infirmière en service sous certaines conditions, précise Madalina Burtan, conseillère en communication à l'INSPQ.

Il nous a été impossible de retracer l'origine du message. Le premier que nous avons trouvé date du 16 août. La personne qui l'a publié n'a pas répondu à nos questions, envoyées à l'aide de Facebook.

Comme plusieurs rumeurs du genre, le message contient quelques éléments qui devraient porter le lecteur à s'en méfier. On offre très peu d'informations précises : par exemple, on ne nomme pas la victime ni l'infirmière qui s'en serait occupée ni le coroner, et on ne dit pas quand l'événement a eu lieu.

De plus, il s'agit encore une fois d'un message du type mon amie a entendu que. Dans ce type de rumeur, les témoignages ne proviennent jamais de la personne qui écrit le message, mais plutôt d'un ami ou d'un proche qui connaît quelqu'un qui a vu l'événement en question. Elles sont souvent fausses.

Les témoignages sur les réseaux sociaux servent parfois à mettre l'accent sur des failles du système et permettent aux personnes victimes d'injustice d'atteindre un large auditoire, ce qui peut braquer les projecteurs sur leur cause. Ces personnes témoignent souvent en leur propre nom et donnent des informations précises quant à l'événement qu'ils déplorent, justement pour attirer l'attention vers celui-ci.

Généralement, il vaut mieux se méfier de messages anonymes qui dénoncent une injustice, mais qui donnent peu d'indices qui pourraient permettre à la population d'identifier celle-ci et de demander des correctifs.

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