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COVID-19 : Paris totalement masqué, l'Allemagne craint une aggravation

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Des passants portant un masque facial marchent sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris.

Le reportage de Yanik Dumont-Baron.

Photo : Getty Images / LUDOVIC MARIN

Agence France-Presse

Devant la recrudescence de la COVID-19, la France a rendu le masque obligatoire partout dans sa capitale, tandis que l'Allemagne craint une aggravation de la pandémie qui a fait plus de 180 000 morts aux États-Unis, le pays le plus endeuillé.

Depuis 8 h vendredi, le port du masque – jusqu'à présent limité à quelques secteurs très fréquentés – est de rigueur à tout moment dans l'ensemble des rues de Paris sous peine d'une amende de 135 euros. La mesure concerne tous les piétons, de même que les motards.

À la demande de la mairie, les cyclistes et les adeptes de jogging en ont été in extremis exemptés.

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a dit vendredi s'attendre à une évolution de la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus encore plus difficile en automne et en hiver.

Nous avons tous bénéficié de libertés et d'une protection relative contre les aérosols pendant l'été, grâce à la vie en plein air, a-t-elle souligné, mais la donne risque désormais de changer.

L'Allemagne va faire passer à au moins 50 euros les amendes pour non-port du masque et renforcer les contrôles afin de s'assurer du respect des périodes de quarantaine.

COVID-19     : ce qu'il faut savoir

Mais à Paris la généralisation du masque obligatoire en a choqué certains.

Je devrai même le mettre sous mon casque en scooter, c'est dément! J'ai une visière, quel intérêt?, grogne Jean-Jacques Quenneville, un artisan-menuisier de 57 ans.

Je vais le garder aujourd'hui. Le temps que l'information descende, explique, prudent, Olivier Heras, un banquier de 60 ans, en enfourchant son vélo électrique.

Dans les transports, je comprends, mais je ne pense pas que le virus se promène dans l'air comme ça, réagit Marietha Adhot, une quadragénaire fumant sa cigarette.

Sylvie Soufir estime au contraire que le gouvernement aurait dû le faire depuis bien longtemps. Je pense qu'il a attendu que l'été passe, peut-être pour laisser les touristes et les gens consommer, a-t-elle soufflé.

Des Parisiens marchent sur l'avenue des Champs-Élysées.

Le gouvernement français a annoncé jeudi que les masques de protection devenaient obligatoires dans toute la capitale.

Photo : Getty Images / LUDOVIC MARIN

La grande majorité des Parisiens croisés dans les rues de la capitale vendredi matin respectaient la mesure, même si certains masques restent baissés sous le menton ou enfilés autour du bras.

La généralisation du port du masque pourrait gagner d'autres grandes villes françaises, où un record de contaminations a été atteint jeudi avec 6111 nouveaux cas en 24 heures.

Un total de 21 départements (sur une centaine) sont placés en zone rouge, dont celui des Alpes-Maritimes (sud-est) où doivent avoir lieu les deux premières étapes du Tour de France cycliste qui commence samedi.

Le départ à Nice se déroulera en quasi-huis clos, ont décidé les autorités, et le long du parcours dans cette ville et dans son arrière-pays montagneux, le port du masque sera obligatoire.

La capitale française est considérée comme une zone à risque par plusieurs pays : elle vient d'être ajoutée par la Belgique à sa liste des destinations européennes qui ne sont plus autorisées et le Danemark a déconseillé les voyages non nécessaires en France.

En Espagne, les enfants devront porter le masque à tout moment à l'école à partir de six ans, a annoncé jeudi le gouvernement.

Sur les 14 derniers jours, ce pays a enregistré 190 nouveaux cas pour 100 000 habitants, de loin le taux le plus élevé dans l'Union européenne.

Plus meurtrier aux États-Unis

Mais c'est aux États-Unis que le virus a été le plus meurtrier. Un nouveau palier a été franchi jeudi avec 180 857 morts pour 5 869 692 cas recensés, selon le comptage de l'Université Johns Hopkins. En 24 heures, le coronavirus a tué 931 personnes supplémentaires.

Ce qui n'a pas empêché le président Donald Trump, qui a accepté jeudi l'investiture républicaine pour briguer un second mandat, de vanter son action contre la COVID-19 et de prédire l'éradication prochaine de la maladie, dans un discours combatif. Nous produirons un vaccin avant la fin de l'année, et peut-être même plus tôt!, a-t-il promis devant ses partisans à Washington.

La pandémie a fait au moins 832 336 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP vendredi à 11 h 00 GMT.

Des visiteurs dans un musée de New York.

Des visiteurs du Metropolitan Museum of Art à New York lors d'une avant-première en prévision de sa réouverture samedi prochain.

Photo : Associated Press / Bebeto Matthews

Après presque six mois de fermeture, le MoMA, le musée d'art moderne new-yorkais, a été jeudi le premier grand musée de cette ville à rouvrir ses portes. Pour le plus grand bonheur de ses rares visiteurs, la jauge étant limitée à 100 personnes par heure.

J'aime quand il n'y a pas trop de monde, savoure Alan Orenbuch, 66 ans.

En Amérique latine – la région du monde comptant le plus grand nombre de contaminations –, l'activité reprend à Bogota, où les embouteillages ont refait leur apparition : les 8 millions d'habitants de la capitale colombienne ont été autorisés à reprendre leurs activités après plus de cinq mois de confinement. Un assouplissement fondé sur l'utilisation généralisée du masque.

Un cireur de chaussures lit un journal à Bogota.

Un cireur de chaussures lit un journal après la levée de la quarantaine dans certains secteurs de Bogota.

Photo : Getty Images / RAUL ARBOLEDA

En Argentine, la ville de Buenos Aires a voté jeudi une loi assurant un droit à l'adieu pour les patients atteints de formes graves de la COVID-19, qui meurent souvent dans la solitude. Un proche âgé de 18 à 60 ans pourra ainsi accompagner le malade en phase terminale.

On a défini le coronavirus comme la maladie de la solitude. Il existe de nombreux cas où les proches ressentent que leurs êtres chers sont morts de se sentir trop seuls, a expliqué l'initiateur du projet de loi, le député Facundo del Gaiso.

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