•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Isolement préventif d'une vingtaine d'enseignants de la Polyvalente Deux-Montagnes

Le premier ministre reconnaît qu'il s'agit d'un « problème », mais qualifie celui-ci de « limité ».

Une cour d'école vide.

La Polyvalente Deux-Montagnes accueille des élèves de la 1re à la 5e année du secondaire.

Photo : Google

Radio-Canada

Plus de 500 élèves de 4e et 5e secondaire de la polyvalente Deux-Montagnes sont privés de classe après qu'une vingtaine d'enseignants à risque de contracter la COVID-19 ont été placés en isolement préventif jusqu'au 4 septembre.

La santé publique des Laurentides considère que ces enseignants présentent un risque modéré de contracter la COVID-19 parce qu’ils ont été en contact rapproché avec une personne infectée, explique la direction dans une lettre envoyée jeudi aux parents.

La personne infectée est un enseignant, qui est devenu le deuxième membre du corps professoral de la polyvalente à contracter la maladie.

Le recrutement de suppléants est en cours afin que les classes reprennent dès lundi prochain, mais cette tâche pourrait se révéler compliquée en raison de la pénurie d'enseignants qui sévit au Québec.

La Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles (CSSMI) était d'ailleurs en train de pourvoir des postes qui ne l'avaient pas encore été lorsque la nouvelle est tombée, affirme la directrice adjointe au service des affaires corporatives et des communications, Anik Gagnon.

On était en train de finaliser tout le casse-tête et quand on a appris la nouvelle hier [jeudi], on s'est dit : "On va se donner 24 heures". On a un plan, mais juste pour s’assurer qu’on est capable de mettre des gens dans toutes ces classes-là jusqu’au vendredi 4 septembre.

Anik Gagnon, de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles

Ni la polyvalente ni la CSSMI n’ont révélé si l’enseignant infecté présentait des symptômes avant de subir un test de dépistage ni à quel moment il a subi ce test de dépistage.

On ne sait pas non plus le temps qui s’est écoulé avant que l’enseignant ne reçoive le résultat ni s’il est demeuré au travail entre-temps.

Un problème « limité », selon Legault

Interrogé sur le sujet vendredi après-midi, le premier ministre du Québec, François Legault, a reconnu que l'isolement préventif d'une vingtaine d'enseignants de la Polyvalente Deux-Montagnes constituait un problème, mais il a qualifié celui-ci de limité.

M. Legault a souhaité que les enseignants n'aient pas la COVID. Le cas échéant, ils pourront revenir au travail plus rapidement qu'avant, a-t-il ajouté, soulignant que son gouvernement avait, plus tôt dans la journée, raccourci la période d'isolement nécessaire de 14 à 10 jours.

J'espère que les jeunes vont pouvoir ravoir leurs cours le plus vite possible.

François Legault, premier ministre du Québec

Sur la pénurie d'enseignants en général, le premier ministre a reconnu que le Québec était serré, et son gouvernement ne pouvait pas changer la situation du jour au lendemain ni même régler le problème à court terme, la formation universitaire des enseignants étant d'une durée de quatre ans.

Il a néanmoins promis d'augmenter le nombre d'enseignants. Afin de rendre la profession plus attrayante, son gouvernement tente actuellement de négocier avec les syndicats des hausses de salaire plus élevées pour les enseignants que pour les autres employés du gouvernement du Québec, a-t-il fait savoir.

Cela dit, la rentrée, selon lui, se passe bien jusqu'à maintenant, malgré quelques petits accrocs et de petits ajustements à apporter.

La FAE réclame un dépistage « accéléré »

Le président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), Sylvain Mallette, croit toutefois que la mise en quarantaine d'une vingtaine d'enseignants à la Polyvalente Deux-Montagnes démontre la nécessité de mettre en place un mécanisme accéléré de dépistage de la COVID-19 dans le réseau scolaire.

Il faut éviter, dit-il, que des professeurs qui ont subi un test de dépistage attendent des jours avant d'en obtenir le résultat, ce qui aggrave le risque qu'ils contaminent d'autres collègues.

La question qu’on doit se poser, c’est : "À quel moment le test a-t-il été passé et à quel moment a-t-on reçu les résultats?" S’il s’est écoulé 48, 72 heures, ça pose un problème, parce que ce sont des individus qui en côtoient d’autres.

Sylvain Mallette, président de la FAE

Il faut que, rapidement, le gouvernement, le ministère de la Santé, par l’entremise de la Direction de la santé publique, nous informe du mécanisme de dépistage qui est mis en place et la façon dont il fonctionne, a-t-il déclaré en entrevue à Radio-Canada.

Selon lui, le gouvernement du Québec s'était engagé à la mi-août à mettre en place un tel mécanisme, mais cela ne s'est pas encore produit.

L’année scolaire a commencé et le mécanisme n’est pas encore mis en place, alors que le premier ministre nous avait dit qu'il serait prêt. À l’évidence, il ne l’est pas, puisqu’on se retrouve aujourd’hui avec un cas où il y a un bris de service auprès d'élèves de 4e et 5e secondaire en début d’année, déplore-t-il.

Retour sur les règles en vigueur

Le Guide de normes sanitaires en milieu de travail pour le réseau scolaire élaboré par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) stipule que la fréquentation des écoles est interdite à toute personne présentant des symptômes associés à la maladie ainsi qu’à toute personne ayant reçu récemment un diagnostic de COVID-19 ou qui est en attente de résultat, ou qui a reçu une consigne d’isolement à domicile.

Il précise également qu’un membre du personnel doit maintenir une distance minimale de 2 mètres entre lui et ses collègues ou des élèves dans la mesure du possible, et porter des équipements de protection si cela ne peut pas être respecté.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) indique pour sa part, dans une fiche rédigée à l’intention des milieux scolaires, que la distanciation physique entre professeurs devrait toujours être privilégiée et que le port d’un masque de procédure médical de qualité est recommandé lors d’interactions à moins de 2 mètres de collègues, plus de 15 minutes cumulatives dans une journée.

L’INSPQ considère qu’une personne présente un risque modéré de contracter la COVID-19 si elle a eu un contact prolongé (au moins 15 minutes, durée d’exposition cumulative ou continue, ou selon l’évaluation du risque) à moins de 2 mètres avec un cas confirmé, alors que ce cas n’appliquait pas les mesures recommandées d’isolement ou que ce contact n’appliquait pas les mesures requises.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !