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Plante promet que le campement illégal d'Hochelaga ne sera pas démantelé de force

La mairesse de Montréal croit que les occupants quitteront les lieux d'eux-mêmes lundi prochain, pacifiquement.

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Des tentes alignées le long d'un terrain boisé.

Le reportage de Jacques Bissonnet

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Tout indique que les sans-abri qui ont installé des tentes le long de la rue Notre-Dame, à Montréal, ne seront pas délogés manu militari la semaine prochaine.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a assuré jeudi que la force ne sera pas employée pour défaire le campement qui a fait son apparition au printemps dans le quartier Hochelaga, et ce, même si la Municipalité et le ministère des Transports du Québec (MTQ), à qui appartient le terrain, ont demandé aux occupants de quitter les lieux à la fin du mois, donc lundi.

La façon dont la Ville de Montréal travaille avec ses partenaires, ce n'est pas par la coercition, a déclaré Mme Plante.

Si on s'attend à voir une descente de police et des pépines [sic], il n'y aura pas ça lundi prochain. Ce n'est pas du tout ça, le plan.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

La mairesse espère plutôt que les campeurs partiront d'eux-mêmes pour se rendre dans d'autres ressources. Une personne en situation d'itinérance, ça peut être plein de raisons qui l'ont amenée à la rue, et ça demande donc des solutions et un accompagnement qui est adapté, a-t-elle fait valoir.

Mme Plante a dévoilé jeudi sa stratégie pour héberger les itinérants cet automne en compagnie du ministre délégué à la Santé et aux services sociaux, Lionel Carmant. Une nouvelle ressource de 65 lits sera d'ailleurs aménagée dans l'ancien YMCA Hochelaga. L'établissement ouvrira ses portes le 31 août.

Ce plan d'action n'a pas été élaboré en réponse à l'installation du « camping » de la rue Notre-Dame; il était prévu bien avant l'arrivée des premières tentes en avril, a soutenu la mairesse en point de presse.

C'est important pour nous – et je pense que l'annonce d’aujourd’hui le démontre – de montrer qu'on prend ça au sérieux. Et avec la saison froide qui commence, on veut loger les gens pour des raisons de sécurité et des raisons sanitaires également, a-t-elle expliqué.

Un démantèlement dénoncé

L'annonce de jeudi n'a toutefois pas rassuré le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) qui, dans un communiqué transmis en début d'après-midi, a rappelé que certaines ressources temporaires ouvertes dans la foulée de la pandémie de COVID-19 ont fermé leurs portes au cours des dernières semaines.

Face à cette situation, il ne faut pas s'étonner de voir émerger des campements sur l'ensemble du territoire de l'île de Montréal, écrit-il. Au lieu de chercher des solutions pérennes et appropriées, la Ville démantèle ces installations pour invisibiliser [sic] les personnes qui y vivent.

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) applaudit pour sa part à l'ouverture d'un nouveau centre d'hébergement dans Hochelaga. Toutefois, cette bonne nouvelle [...] ne remplace en rien les logements que demandent les gens du campement Notre-Dame et ne justifie PAS un démantèlement, a-t-il indiqué sur Twitter.

Valérie Plante [dit] qu'elle ne veut pas utiliser la force. On l'espère bien! Mais le démantèlement forcera quand même les gens à se déplacer, encore, et pour certain.e.s à camper encore plus loin!

Le FRAPRU, sur Twitter

Selon le président de la Mission Old Brewery, Matthew Pearce, le camp de la rue Notre-Dame est le résultat de la pandémie et de son effet économique [...] sur certaines personnes, qui avaient très peu de soutien de la famille ou des amis, et pas de coussin financier.

Une situation difficile

Denis fait partie des occupants du camp de la rue Notre-Dame. Moi, je travaille en informatique d'habitude, et puis là, depuis le mois d'avril, la COVID nous a mis dans la rue, dit-il.

L'homme de 48 ans dit avoir hâte de se trouver un logement pour pouvoir s'en aller du « camping ». On m'a mis sur une liste pour avoir des logements sociaux, mais une liste... Combien de temps ça va prendre, on le sait pas, hein?

D'autres campeurs ont également indiqué leur intention de demeurer sur place.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine

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