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Beaucoup de détails à régler pour l’arrimage de la STO à Ottawa

Un autobus de la STO sur la rue.

Un autobus de la STO (archives).

Photo : Radio-Canada / Jacques Corriveau

Radio-Canada

Les conseillers municipaux de la ville d’Ottawa auront éventuellement à se prononcer sur les scénarios proposés par la Société de transport de l’Outaouais (STO), mais selon un rapport préparé à leur intention, il reste encore plusieurs questions sans réponses.

Le document soumis mercredi par John Manconi, directeur général de la Direction générale des transports, se penche sur les deux options d’aménagement élaborées par la STO pour instaurer un réseau de tramway électrique dans l’ouest de Gatineau et en faire l’arrimage avec Ottawa.

En passant par le pont du Portage, le nouveau système pourrait être installé dans un tunnel de la rue Sparks ou en surface sur la rue Wellington. La possibilité que cette artère soit fermée aux automobiles entre les rues Bank et Elgin est aussi étudiée.

M. Manconi identifie dans son rapport six problèmes à régler avant que le personnel de la Ville puisse exprimer une recommandation à propos de l’option de couloir privilégiée.

D’abord, les coûts consacrés aux différents scénarios sont calculés à l’heure actuelle, mais ceux liés à la gestion des infrastructures n’ont pas encore été déterminés.

Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) doit se pencher sur l’accès au côté nord de la rue Wellington, où se trouvent le Parlement et la Cour suprême. Le ministère doit aussi établir s’il est possible d’y installer des stations pour le tramway.

Le fonctionnaire municipal estime aussi avoir besoin de précisions de la STO sur plusieurs points. Puisqu’il faudra aménager des voies cyclables sur la rue Wellington, la STO doit affiner sa proposition, écrit John Manconi.

John Manconi devant un micro.

Le directeur général d'OC Transpo, John Manconi, prend la parole devant la Commission du transport en commun de la Ville d'Ottawa (archives)

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Il souhaite également obtenir des informations supplémentaires sur l’incidence de la circulation sur les rues d’Ottawa, si le corridor en surface était privilégié.

Finalement, il estime que la décision du transporteur gatinois d’instaurer soit un système hybride de tramway et d’autobus ou seulement de tramway aura une incidence permanente quant au nombre d’autobus de la STO qui circuleront dans les rues d’Ottawa.

Selon son rapport, un système hybride réduirait de 30 à 45 % le nombre d’autobus de la STO au centre-ville d’Ottawa, tandis que le scénario tout tramway diminuerait d’environ 70 % la circulation d’autobus en provenance de l’Outaouais.

Ultimement, on s’attend à une recommandation de la Ville d’Ottawa sur l’un des scénarios d’insertion, mentionne la présidente de la STO, Myriam Nadeau, qui n’est pas surprise des conclusions du rapport. Il y a encore des enjeux et des éléments à clarifier.

Elle s’attend à une recommandation au cours de l’automne, alors que le processus sera plus avancé.

Un autobus de la STO sur la rue Wellington à Ottawa.

Un autobus de la STO sur la rue Wellington à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Avantages et inconvénients des deux scénarios

John Manconi croit que l’option d’un couloir en surface sur le rue Wellington serait plus facile à réaliser et coûterait moins cher, mais il note de nombreux désavantages, comme la nuisance à l’esthétisme de cette rue emblématique d’Ottawa, ainsi qu’au Monument commémoratif de guerre près duquel une station serait installée.

La circulation pour les automobiles et pour le transport en commun serait aussi grandement entravée pendant les travaux, selon lui.

Dans le cas du tunnel de 1,2 km sous la rue Sparks, l'exiguïté de l’artère limiterait la construction du passage souterrain, ainsi que des stations. Cette option serait aussi plus difficile à réaliser et plus onéreuse.

Les avantages retenus sont toutefois nombreux. Le tunnel permettrait notamment d’éviter la congestion routière en raison des travaux et d’assurer une liaison souterraine avec le train léger d’Ottawa.

Mathieu Fleury accorde une entrevue à l'extérieur, un masque autour du cou.

Mathieu Fleury, conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

Ce qu’on souhaite, c’est moins d’autobus, un meilleur service et une meilleure intégration, indique le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, qui croit que le scénario retenu devra mettre en valeur l’investissement fait par la Ville d’Ottawa dans son train léger.

Il avoue avoir encore plusieurs questions après la lecture du rapport et croit que l’arrimage du projet de tramway de la STO doit passer par une table de concertation.

Il doit y avoir une table d’élus de tous les niveaux, des deux rives, qui s’entendent parce que je pense qu’on peut s’entendre, mais c’est important de ne pas travailler en silo, mentionne-t-il en entrevue.

Myriam Nadeau croit pour sa part que le comité conjoint de transport, mis sur pied par les maires de Gatineau et d’Ottawa, joue ce rôle depuis le début du processus.

L’opinion des usagers

Par ailleurs, la STO a dévoilé jeudi les résultats d’une consultation publique qu’elle a menée du 22 juin au 19 juillet auprès de 1500 répondants : 60 % originaires de Gatineau et 40 % d’Ottawa.

Ils ont été appelés à se prononcer sur les deux options d’un futur tramway vers le centre-ville d’Ottawa. 60 % d’entre eux ont dit préférer le scénario du tunnel sur la rue Sparks, tandis que la moitié des répondants ne croient pas que le caractère patrimonial de la rue Wellington serait menacé par la présence d’un tramway.

Une forte majorité de répondants soit 89 % des Gatinois et 78 % des Ottaviens considèrent que les autobus de la STO ne doivent pas tous être retirés pour autant du centre-ville d’Ottawa, peut-on lire dans le communiqué du transporteur.

Kari Glynes Elliott croit même que les autobus devraient être privilégiés, le temps que la STO et OC Transpo trouvent des façons d’offrir un service plus efficace et d’avoir une meilleure cohésion entre eux pour faciliter la vie des usagers.

La solution très simple est d’améliorer le système des autobus maintenant et de prendre le temps plus tard d’avoir un train ou un tramway entre Ottawa et Gatineau parce qu’il arrivera dans 5, 10 ou 15 années. L’urgence climatique, c’est maintenant et c’est important de résoudre les problèmes maintenant, explique celle qui est membre du Groupe des usagers de transport en commun d’Ottawa.

Avec les informations de Claudine Richard et Mama Afou

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