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Une coalition d’élus et d’organismes prône une large régularisation des demandeurs d’asile

Des élus provinciaux et fédéraux s’unissent pour faire pression sur Québec et Ottawa afin d'élargir l'accès au programme de régularisation des demandeurs d’asile ayant travaillé au plus fort de la pandémie, a appris Radio-Canada.

Le député solidaire Andrés Fontecilla avec un micro

Porte-parole de Québec solidaire en matière d'immigration, le député Andrés Fontecilla est à l'origine de la création d'une coalition regroupant des élus et organismes défendant une régularisation du statut de certains demandeurs d'asile.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

« On travaille à la formation d’un regroupement, d’une coalition, d’un réseau visant à mettre en valeur la nécessité de reconnaître concrètement l’apport des demandeurs d’asile à l’économie québécoise durant la pandémie », confie le député de Québec solidaire (QS), Andrés Fontecilla.

Ce dernier a été à l’origine d’une première rencontre – virtuelle –, mercredi après-midi, entre des élus et de nombreuses organisations qui défendent les droits des demandeurs d’asile.

Parmi ces groupes, on trouve l'Association québécoise des avocats en droit de l’immigration, le Comité d’action des personnes sans statut, le Centre des travailleurs immigrants, l'organisme Debout pour la dignité, la Concertation haïtienne pour les migrants ou encore la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

Outre QS, d’autres élus ont également accepté l’invitation : le député fédéral Alexandre Boulerice, du Nouveau Parti démocratique (NPD), et Catherine Fournier, ex-membre du Parti québécois, siégeant désormais en tant qu'indépendante.

On a des préoccupations, on est prêts à mettre nos forces en commun.

Andrés Fontecilla, député de Québec solidaire

Le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Bloc québécois – qui avait vivement salué la volonté initiale de Justin Trudeau – ont aussi été sollicités. Malgré leur absence mercredi, ils se montrent ouverts à une telle initiative.

On n’est pas fermé à l’idée d’y participer, confirme Joanie Riopel, porte-parole du Bloc québécois, en soulignant que des discussions ont déjà eu lieu entre des représentants de ce regroupement et Christine Normandin, porte-parole du parti en matière d’immigration.

Gaétan Barrette devrait lui aussi rejoindre ce mouvement. Je vais appuyer toutes les coalitions qui veulent étendre la mesure du fédéral à toutes les personnes du milieu de la santé, affirme l’élu du PLQ.

Des gens manifestent avec un panneau visant Justin Trudeau et François Legault.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ces dernières semaines, comme ici le 15 août à Montréal, plusieurs manifestations ont été organisées.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Des injustices décriées

Concrètement, les membres de cette coalition, qui peaufinent encore les revendications communes qu’ils comptent annoncer publiquement dans les prochaines semaines, s’entendent sur deux points :

  • Mettre en oeuvre rapidement ce programme, dont la date de lancement reste inconnue. Des gens peuvent être déportés, précise Andrés Fontecilla;
  • Élargir les critères d’accès.

Ce programme, annoncé à la mi-août par le gouvernement Trudeau, est réservé aux demandeurs d’asile ayant donné des soins directs à des patients.

Cette position exclut ainsi des agents de sécurité ou le personnel dédié à l’entretien ménager, présents également dans les établissements de santé pendant la crise.

Ce programme de régularisation, qui se voulait humanitaire, a créé des injustices, explique Marjorie Villefranche, qui dirige la Maison d’Haïti, partie prenante elle aussi de ce mouvement.

On essaie de voir comment proposer, au fédéral et au provincial, une solution qui ne serait pas une injustice pour les personnes autour de nous qui prennent soin des gens.

Marjorie Villefranche, fondatrice de la Maison d’Haïti

Faisant référence au refus de l’équipe de François Legault d’élargir l’accès à tous les travailleurs de la santé, comme le souhaitait initialement Ottawa, Gaétan Barrette juge quant à lui la position de Québec carrément discriminatoire.

C’est humainement et intellectuellement insultant. Toutes ces personnes ont été dans un environnement avec un haut risque de contagion. Elles devraient avoir une résidence permanente.

Gaétan Barrette, porte-parole du PLQ en matière d’immigration

Il y a un large appui dans la société québécoise pour la régularisation de ces personnes-là, estime Andrés Fontecilla, qui vise de son côté une régularisation du statut de tous ceux qui ont occupé un emploi jugé essentiel durant la pandémie, en incluant, par exemple, les travailleurs agricoles ou ceux œuvrant dans le milieu alimentaire.

Plusieurs actions sont déjà envisagées par ce regroupement : la poursuite de manifestations, des questions et des pressions politiques à la Chambre des communes et à l’Assemblée nationale, ou encore la diffusion de témoignages de demandeurs d’asile ayant travaillé au plus fort de la pandémie.

Legault ferme la porte

Le premier ministre du Québec a déjà fermé la porte à une quelconque révision de ce programme de régularisation.

Interrogé à ce sujet jeudi après-midi, François Legault a mis de l'avant les personnes qui ont travaillé dans nos CHSLD, tout en citant ceux qui ont occupé un emploi dans des épiceries, des hôpitaux ou qui ont nettoyé des locaux.

À un moment donné on trace la ligne où?, a-t-il lancé.

Ce qu’on a convenu, a-t-il ajouté, c’est que les personnes qui ont donné des soins [...] on va les accepter, comme pour les remercier, comme immigrants. C’est ce qu’on a convenu avec le gouvernement fédéral, c’est ce qu’on va mettre en place.

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