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Perlage et boucles d’oreilles, un retour aux racines pour la peintre Alexandra Tremblay

Alexandra Tremblay, assise dans l'herbe devant des fleurs.

Franco-Albertaine aux racines autochtones, Alexandra Tremblay a lancé une collection de boucles d'oreilles baptisée « La Montagnaise ».

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini

L’artiste peintre franco-albertaine Alexandra Tremblay a voulu renouer avec son héritage innu en créant sa propre collection de boucles d’oreilles faite en perlage, baptisée La Montagnaise.

Mon père est montagnais, ou plutôt innu, mais on n’a pas été élevés dans cette culture, pour des raisons historiques et familiales , explique Alexandra Tremblay. Ma sœur jumelle et moi, on a voulu reprendre ça en main. On voulait retrouver notre culture et en être fières, parce que c’est comme ça qu’on peut avancer dans la vie : il faut vraiment de regarder notre passé pour comprendre notre avenir. C’est pour ça que j’ai créé ma business.

Une petite boîte avec un texte explicatif et une carte d'affaires sont étalés sur la table.

La Franco-Albertaine Annie Giguère a travaillé avec Alexandra Tremblay pour créer le logo de la collection.

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini

Lors de sa dernière année à l’Université de Calgary, elle a commencé à faire du bénévolat avec d'autres jeunes Autochtones. Certains donnaient entre autres des cours de perlage qu'a suivis Alexandre Tremblay, et cela a été un coup de foudre immédiat pour l’artiste.

Ça m’a plu tout de suite en tant que peintre [...], et maintenant, je suis fière de dire que je fais du perlage aussi. Ce sont les couleurs, la signification spirituelle et symbolique qui m’ont attirée. Le tout avait du sens.

Alexandra Tremblay, artiste
Alexandra Tremblay est assise à son bureau de travail et confectionne une boucle d'oreille.

Principalement de façon autodidacte, Alexandra Tremblay apprend, explore et perfectionne le perlage à temps plein depuis janvier 2020.

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini

Facilement inspirée par les couleurs, les fleurs et son environnement, l’artiste fait quelques dessins avant de commencer un projet. Selon le type de boucles d’oreilles qu’elle choisit, il peut lui prendre d'une à quatre heures pour en réaliser une... et, bien sûr, elle doit faire la paire!

Présentoir sur lequel sont accrochées plusieurs boucles d'oreille.

Anneaux, franges, boucles sur Pellon : il y a des styles pour tous les goûts.

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini

Je suis très patiente, mais le perlage m'a appris à l’être encore plus. ''Beading is medicine''.,, Tu es vraiment laissée à toi-même, tu es dans ta tête, tu penses à tes aïeuls ou au Créateur. C'est symbolique. C'est pour ça que j'aime ça!

Alexandra Tremblay, artiste
La main d'Alexandra Tremblay tient la partie ronde de la boucle d'oreille.

Alexandra Tremblay tient la partie ronde de la boucle d'oreille en y attachant d'autres perles.

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini

Fils, aiguilles, perles et peau de caribou, de vache ou d’orignal : Alexandra Tremblay est tout équipée. Tous les produits achetés viennent de différentes réserves ou d'artisans autochtones d'un peu partout en Amérique du Nord, question de continuer la tradition.

Alexandra tient dans ses mains la boucle d'oreille qu'elle vient de terminer.

Il aura fallu près de trois heures pour fabriquer la boucle d'oreille, faite de perles et de peau d'orignal.

Photo : Radio-Canada / Lyssia Baldini

Une fois la paire de boucles d’oreilles terminée, elle prend une photo et la publie sur son compte Instagram, La Montagnaise.

Plusieurs boucles d'oreilles sont placées sur la fourrure de lapin.

Depuis janvier, sa collection s’est vendue partout au pays, et même aux États-Unis.

Photo : Radio-Canada

Je me sens plus connectée à mes ancêtres. Pour moi, c’est un voyage spirituel et émotionnel aussi, parce que l’histoire qui est derrière le perlage date d’il y a si longtemps, soit bien avant que les Européens débarquent ici, explique celle qui a aussi étudié l’histoire du volet militaire à l’Université de Calgary.

Puis après, les Européens, avec la découverte de l'Afrique et de l'Asie, ils ont trouvé et ils ont fabriqué les perles en verre à Venise. Quand elles sont arrivées ici, évidemment, avec les échanges, ça s'est infiltré dans le commerce.

Peinture d'un cheval coloré d'une multitude de couleurs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Never Doubt Patterns », toile réalisée par l'artiste Alexandra Tremblay en 2018

Photo : Courtoisie Alexandra Tremblay

Artiste peintre depuis plus de 11 ans, la jeune femme de 27 ans a voyagé et étudié un peu partout grâce à son art. C'est en 2018 qu'elle a réalisé l'ampleur de ses racines autochtones alors que sa sœur, qui est aussi artiste et architecte, faisait un test d'ADN. Les deux jeunes femmes ont alors réalisé qu'elles avaient une descendance autochtone plus importante qu'elles le croyaient.

Peinture du profil d'un loup, coloré de multiples couleurs.

« The Healer and the Hunter », peinture réalisée par l'artiste Alexandra Tremblay en 2018

Photo : Courtoisie Alexandra Tremblay

Alexandra réalise que ses influences artistiques contemporaines et classiques en peinture viennent vraiment de son héritage. Paysages, animaux, couleurs vives : elle ressent une connexion plus que jamais. Elle repart cet automne pour faire sa maîtrise en Angleterre en droits de l’art, espérant pouvoir travailler un jour dans le secteur du rapatriement des œuvres et de l’art autochtone.

Elle poursuivra sa création de boucles d'oreilles, ce qui l'aidera aussi à payer une partie de ses études.

Voici un petit aperçu d'Alexandra et de son travail :

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

La Montagnaise, un retour vers les racines autochtones

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