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Le bureau de poste d'Iqaluit, l'un des plus achalandés du Canada

Un résident d'Iqaluit s'apprête à entrer dans le bureau de poste.

Postes Canada considère son bureau d'Iqaluit comme étant « l'un des plus occupés au pays ».

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Iqaluit n’a ni facteurs ni boîtes aux lettres. Pour récupérer leur courrier et leurs colis, les quelque 8000 résidents de la capitale du Nunavut n’ont d’autres choix que de se rendre à son seul bureau de poste, qui arrive toujours, année après année, au palmarès des plus achalandés au pays.

Vendredi, 17 h 40.

Une quinzaine de personnes font le pied de grue dans le bureau de Postes Canada. Il ne leur reste que 20 minutes avant la fermeture de l’établissement.

Après quoi, certains devront attendre jusqu’à lundi avant de récupérer leur colis contenant des denrées non périssables ou leur dernière aubaine dénichée sur Amazon.

À Iqaluit, peu de sujets font autant l’unanimité que la grogne suscitée par l’achalandage au bureau de poste.

Mission impossible

C’est extrêmement occupé, déplore Jackie Bishop, une résidente d’Iqaluit depuis 1993. L’attente est inacceptable.

Elle explique qu’il n’est pas rare de devoir faire la file pendant 45 minutes.

Des résidents d'Iqaluit attendent en file dans le seul bureau de poste de la capitale territoriale pour récupérer leur colis.

Il n'est pas rare de devoir attendre 45 minutes au bureau de poste avant de récupérer un colis.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Certains décident de s’armer de patience, d’autres encore usent d’ingéniosité pour diminuer leur temps d’attente : Les pauses et l’heure du dîner, moi, j’évite, lance Chantal Dion, qui habite à Iqaluit depuis une douzaine d’années.

Il y a souvent une file d’attente à l’extérieur. On doit attendre chacun notre tour. Des fois, au comptoir, ils sont seulement deux.

Chantal Dion, résidente d’Iqaluit

La majorité des résidents d’Iqaluit disposent d’une boîte postale. Ils peuvent ainsi récupérer leur courrier, en semaine, durant les heures d’ouverture du bureau de poste. Ceux qui viennent d’élire domicile dans la capitale territoriale doivent en faire la demande.

Premier arrivé, premier servi : lorsqu’aucune boîte postale n’est vacante, leur courrier doit passer par la livraison générale. Dans ce cas, ils doivent faire la file pour le récupérer.

Un homme récupère son courrier dans sa boîte postale.

Les boîtes postales servent à recevoir du courrier et des avis de livraison de colis.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Amazon : le roi des colis

Postes Canada confirme que l’établissement a toujours été l’un des bureaux les plus occupés au Canada.

Postes Canada est au courant de la situation au bureau de poste et de la pression que peuvent ressentir nos employés et nos clients, a indiqué la société, dans un échange de courriels.

Cette situation s’explique, entre autres, par la popularité grandissante du commerce en ligne, une solution avantageuse pour s’approvisionner à moindres coûts.

Avec Amazon, c’est plus occupé que jamais, assure Malaya Noah, originaire d’Iqaluit.

L'entrepôt de colis de Postes Canada.

L'entrepôt de colis de Postes Canada déborde de boîtes d'Amazon.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Postes Canada admet que la hausse fulgurante du nombre de colis a mis en évidence [ses] problèmes de capacité. Mais elle pointe aussi du doigt la croissance de la population d’Iqaluit, le manque d’espace et la pandémie de COVID-19.

Cette année, entre les mois de mai et de juillet, le nombre de colis a presque doublé comparativement à la même période, en 2019.

À lui seul, le mois de juillet de 2020 a enregistré une hausse de 78 % par rapport à celui de l’année précédente, selon Postes Canada.

Les files d’attente étaient incroyablement longues pendant la [pandémie de] COVID-19, déplore le maire d’Iqaluit, Kenny Bell.

Manque d’espace

La société n’est par ailleurs pas épargnée par la pénurie d’infrastructures qui sévit dans la capitale territoriale depuis de nombreuses années.

En 2016, le bureau de poste principal d’Iqaluit a été rénové et on y a ajouté plus de 50 armoires à colis, ajoute toutefois Postes Canada.

Des boîtes postales du bureau de poste d'Iqaluit.

Même si la majorité des résidents d'Iqaluit disposent d'une boîte postale, certains attendent toujours d'en avoir une.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

La même année, Postes Canada a aussi ouvert un deuxième établissement destiné au ramassage de colis.

Des fois, il faut attendre aux deux emplacements… et les files d’attente sont longues, dit le maire en soupirant.

Pour faire face à la demande croissante, Postes Canada prolonge occasionnellement les heures d’ouverture de son bureau d’Iqaluit durant la semaine. Il lui arrive parfois d’ouvrir les samedis.

J’aimerais qu’ils s’activent à tous les niveaux… S’ils étaient ouverts durant les fins de semaine, ça serait déjà un bon point de départ, parce qu’il y a des gens qui n’ont pas le temps de venir [la semaine] , explique Malaya Noah.

Malaya Noah, devant le bureau de Postes Canada à Iqaluit.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« La dernière fois, j’ai dû attendre une demi-heure pour récupérer mon paquet », affirme Malaya Noah, une résidente d'Iqaluit.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Aucune autre capitale [provinciale ou territoriale] au Canada n’est traitée par Postes Canada comme nous le sommes, déplore Kenny Bell.

Occasion d’affaires

L’entreprise Nunavut Marketing, qui se spécialise en production vidéo, a récemment vu dans la saga du bureau de poste le potentiel de faire d'excellentes affaires.

Ainsi, mercredi, l’entreprise a annoncé qu’elle offrirait dès le mois d’octobre des services de livraison de colis à domicile à tous ceux qui désireraient s'y abonner.

Nous voulions trouver le moyen d’aider la communauté avec le système de colis et surtout, lui faire économiser du temps, explique le fondateur de Nunavut Marketing, Jacinto Marques.

C’est déjà très positif, se réjouit-il. Aujourd’hui, je pense avoir reçu entre 30 et 40 appels.

Il dit rester ouvert à l’idée d’étendre ses services dans d’autres communautés du territoire.

Pour l’instant, nous nous concentrons sur Iqaluit, mais si l’occasion se présente, c’est certain que nous étudierons cette option plus en détail à l'avenir.

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