•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Alberta prévoit deux années financières difficiles

Le déficit prévu pour 2020 atteint un record de 24 milliards de dollars, selon la mise à jour économique de la province.

Image de l'assemblée législative de l'Alberta.

Le gouvernement albertain a revu son budget pour 2020-2021 à la lumière des effets de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Genevieve Tardif-Edm

La pandémie et la chute des prix du pétrole ont forcé le gouvernement provincial à revoir ses prévisions budgétaires. La mise à jour économique rendue publique jeudi dévoile des résultats financiers désastreux et beaucoup d’incertitude pour l’avenir.

Le premier ministre, Jason Kenney, avait annoncé la possibilité d'un déficit historique et il n’a pas menti. Comparativement au budget déposé en février, le déficit anticipé pour 2020 a plus que triplé, pour se situer à plus de 24 milliards de dollars.

Selon le ministre des Finances, Travis Toews, ces prévisions confortent son gouvernement dans l’accomplissement de ses objectifs : réduire les dépenses et attirer l’investissement dans la province.

Victime principale : les hydrocarbures

La pandémie a largement touché les revenus du gouvernement provincial. Avec de nombreuses entreprises forcées de fermer même temporairement, le montant tiré de l’impôt des sociétés a chuté de 2,4 milliards de dollars, soit une baisse de 53 %.

Les pétrolières ont été les victimes principales de cet effondrement économique. S'ajoutant à la pandémie, la guerre des prix entre la Russie et l’Arabie saoudite a amené le baril de pétrole en territoire négatif. Les redevances tirées de la production de bitume rapporteront 2,5 milliards de dollars de moins que prévu au dépôt du budget.

Malgré cette chute anticipée des revenus tirés des ressources non renouvelables de 75 %, le gouvernement albertain garde le cap. Selon le ministre des Finances, il serait irresponsable de mettre en place une taxe de vente ou une prime d’assurance maladie pour augmenter les revenus.

Ce n’est pas le moment d’augmenter les taxes.

Travies Toews, ministre des Finances de l'Alberta

Ce dernier a repoussé ce type de discussion à plus tard.

Le gouvernement espère toutefois qu’Ottawa pourra contribuer un peu plus à améliorer la situation financière de la province. L’Alberta est une des provinces demandant l’annulation du plafond de 60 $ par personne du programme de stabilisation fiscale. Ce changement lui permettrait de réclamer environ 4 milliards de dollars plutôt que la somme proche de 300 millions de dollars anticipée. Les discussions sont cependant en veille, selon M. Toews, même s’il dit avoir soulevé la question auprès de la ministre Chrystia Freeland.

Les dépenses augmenteront de plus de 5 milliards de dollars, principalement pour lutter contre la pandémie.

Les contrats du transport du pétrole par train dont le gouvernement albertain tente de se débarrasser vont également coûter plus cher que prévu. Le transfert de ces contrats au secteur privé devrait atteindre plus de 2 milliards de dollars, et tous n’ont pas encore trouvé preneur.

Légère reprise en 2021

Si le gouvernement provincial prévoit une contraction de 8,8 % de l’économie en 2020, un retour à la croissance est envisagé en 2021. L’Alberta ne retournera cependant pas à un rythme de production de l’avant-pandémie. 

Preuve de cette incertitude : le prix du baril de pétrole qui était prévu à 58 $ en février n’est plus qu’à 36 $ dans les prévisions budgétaires du gouvernement. 

Le taux de chômage est anticipé à 11,6 % pour 2020 et à 9,5 % l’année prochaine. Même si cet indicateur n’atteint pas les prévisions catastrophiques du premier ministre, le gouvernement a noté que de nombreuses personnes en Alberta avaient en fait quitté le marché du travail.

Des compressions à venir

Le ministre des Finances maintient que la reprise économique passera par une diminution des dépenses pour les services publics. Il n’a toutefois pas voulu donner de détails sur les secteurs qui seraient les plus touchés par ces compressions. Le gouvernement est toutefois engagé dans un bras de fer avec les médecins. L’opposition et les enseignants lui reprochent aussi de ne pas investir plus d’argent dans l'éducation à l’approche de la rentrée.

L’Alberta ne peut plus se permettre d'être l’exception.

Travis Toews, ministre des Finances de l'Alberta

Les secteurs du tourisme, de l’aérospatiale et des nouvelles technologies seront également vus comme des industries prioritaires pour diversifier l’économie. 

Le retour à l’équilibre budgétaire prévu en 2022 sera retardé, a admis le ministre, mais il n’a pas voulu donner de nouvelles dates : Nous devons gérer l’incertitude de l’évolution de la pandémie et l’incertitude économique. Ce serait prématuré de le dire maintenant.

Une mise à jour économique sur trois ans sera présentée en novembre, et un nouveau budget sera dévoilé en février 2021.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !