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À Beyrouth, le ministre Champagne réclame un changement de classe politique

En visite au Liban, le ministre canadien a appelé à des réformes décisives pour relever un pays sinistré et frappé par la crise.

Michel Aoun et François-Philippe Champagne face à face.

Le président libanais Michel Aoun rencontre le ministre canadien des Affaires étrangères François-Philippe Champagne au palais présidentiel de Baabda, au Liban, le 27 août 2020.

Photo : via reuters / DALATI NOHRA

Radio-Canada

Le Canada est prêt à contribuer à l'enquête sur l'explosion meurtrière au port de Beyrouth à condition que des réformes significatives soient menées, a déclaré le ministre canadien des Affaires étrangères à l'issue de sa rencontre avec le président libanais Michel Aoun, jeudi.

Je viens de terminer ma rencontre avec le général Aoun. J'ai réaffirmé la solidarité du Canada envers le peuple du Liban. Nous avons discuté de la voie à suivre et des réformes nécessaires pour le redressement durable du Liban, a-t-il écrit sur Twitter jeudi.

Je lui disais : il n’y aura pas d’aide sans réforme, l’impunité doit cesser, et d’écouter la rue, a-t-il confié au sujet de cette rencontre avec le président Michel Aoun, au palais présidentiel.

En entrevue à l'émission Midi Info, jeudi, le ministre Champagne est allé encore plus loin en mentionnant faire pression pour un changement de classe politique, au Liban. Il faut des réformes profondes, pas des réformes en profondeur, a-t-il expliqué.

Il faut changer la classe politique, il faut aller au cœur des choses.

François-Philippe Champagne, ministre canadien des Affaires étrangères.

Lutter contre la corruption, imposer la transparence... En visite officielle, jeudi, sa feuille de route est restée au diapason de celles de ses homologues et hauts dirigeants d’organisations internationales rencontrés la veille en Suisse, comme Michelle Bachelet, haute-commissaire des Nations unies : On a tous une lecture similaire du besoin d’agir plus que de la cosmétique. Il faut aller au fond des choses, a-t-il insisté, il n'y aura pas d’aide sans réforme.

Quant à la contribution du Canada à l'enquête sur l'explosion meurtrière au port de Beyrouth, elle sera conditionnée à une révision du système de gouvernance libanais : Oui, le Canada est prêt à participer avec la GRC, mais pas à n’importe quelles conditions, a nuancé M. Champagne. À condition que ce soit transparent, que ça aille au fond des choses, qu’il y ait toutes les mesures de gouvernance autour de ça.

C’est la crise de toutes les crises

De la même manière, il a relaté sa rencontre avec des représentants de la Croix-Rouge sur le terrain et sa visite du port détruit par les explosions du 4 août dernier.

François-Philippe Champagne, la main sur le cœur, devant une victime de l'explosion.

Le ministre canadien des Affaires étrangères François-Philippe Champagne rencontre une victime de l'explosion survenue dans la zone portuaire de Beyrouth, sur le site de distribution du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) à Beyrouth, au Liban, le 27 août 2020.

Photo : Reuters / MOHAMED AZAKIR

Le président de la Croix-Rouge libanaise est une figure respectée des Libanais, il m'a assuré qu’il ne faisait affaire avec aucun intermédiaire, a précisé M. Champagne à Midi Info.

Le ministre a réitéré l'intention de son gouvernement d'offrir de l'aide à la population libanaise, résiliente, a-t-il dit. On sera là à leurs côtés, a-t-il promis dans une courte vidéo publiée sur son compte Twitter et tournée dans le sinistre décor du port détruit.

Le ministre Champagne a promis, dans une série d'entrevues avant de partir vers le Liban, de concentrer ses contacts à Beyrouth sur la société civile. Il a effectué une tournée dans les quartiers dévastés et s'est entretenu avec les proches de deux Canadiens tués dans l'explosion.

J’ai surtout parlé aux Libanais et Libanaises, a-t-il souligné, je porte beaucoup d’espoir à ceux à qui j’ai parlé indirectement à travers les médias.

Des soldats transportent des cartons sur le site de l'explosion meurtrière du 4 août dans le port de Beyrouth.

Des soldats transportent des cartons sur le site de l'explosion meurtrière du 4 août dans le port de Beyrouth qui a fait des dizaines de morts et des milliers de blessés.

Photo : Associated Press / Hassan Ammar

Les Libanais, par milliers, sont descendus dans les rues de la capitale depuis la destruction du port et d'une partie de la ville pour réclamer le départ de toute la classe dirigeante politique du pays, comme ils l'avaient déjà fait l'automne dernier.

Si ces manifestations ont conduit à la démission du gouvernement libanais, le président Aoun est toujours au poste.

L'aide canadienne

Ottawa a annoncé 30 millions de dollars d'aide au lendemain des explosions qui ont fait au moins 181 morts et 6500 blessés et ont laissé 300 000 Libanais sans logis. Cet argent devait aller à la Croix-Rouge et à d'autres groupes humanitaires.

La Coalition humanitaire a annoncé jeudi matin qu'elle avait récolté 8 millions de dollars en dons de citoyens canadiens, somme qu'Ottawa s'est engagé à doubler.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Agence France-Presse

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